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À Frenstat pod Radhostem, un modèle unique de la marque automobile Tatra attend sa restauration. Au fil des décennies, ce prototype de petit utilitaire a changé d’apparence et de technique.
La Tatra 201 à caisse tôlée, qui est très probablement le seul exemplaire de ce type encore conservé, démontre, même dans son état actuel avant restauration, que les ingénieurs ont expérimenté de nombreuses solutions sur ce véhicule. Certaines se sont révélées être des impasses.
C’est ce qu’a pu constater le journaliste de Denik.cz, qui a eu la possibilité d’examiner ce véhicule dans le garage de la maison familiale de Jakub Janda, à Frenstat pod Radhostem. Cet ancien célèbre sauteur à ski, aujourd’hui député au Parlement, a hérité de la voiture après le décès de son père. « J’aimerais aujourd’hui lui poser de nombreuses questions concernant cette voiture, mais malheureusement ce n’est plus possible », a-t-il confié tristement lors de la visite à son domicile.
Par exemple, pour savoir quelle boîte de vitesses équipait réellement le véhicule, car même les spécialistes des Tatra historiques ne reconnaissent pas celle que son père avait démontée et qui se trouve aujourd’hui simplement posée à l’intérieur de l’utilitaire.
Il semble d’ailleurs que de nombreux spécialistes se soient succédé chez lui après la publication d’un premier article en 2023. « Bien sûr, j’ai également reçu des offres d’achat, mais je ne veux pas la vendre », affirme résolument Jakub Janda. Il ne serait toutefois pas opposé à un prêt, si, par exemple, un musée proposait de participer au moins partiellement au financement de la restauration.
Parmi les différences avec les photographies des véhicules réalisées au début des années 1950, lorsque la voiture était développée à Koprivnice ainsi que chez le carrossier Sodomka de Vysoke Myto, c’est surtout le capot allongé doté d’ouïes de ventilation qui attire l’attention. « Celui-ci est toutefois nettement plus récent que le reste de la voiture. Son installation est devenue nécessaire après qu’à Koprivnice, le moteur d’origine de Tatraplan, qui était un quatre-cylindres, a été remplacé par un moteur V8 initialement destiné à la Tatra 603 ».
Pour la même raison, le réservoir de carburant a ensuite été déplacé du compartiment moteur vers l’arrière, sous le plancher. Un orifice de remplissage, protégé par un couvercle circulaire, a également été ajouté à la carrosserie à cet endroit. À l’avant, des clignotants provenant eux aussi de la Tatra 603 ont pris place sur les ailes. Le tableau de bord a également été modifié à cette occasion.
La technique de base est toutefois restée inchangée. La carrosserie est ainsi fixée sur un châssis à poutre centrale dans lequel passe un arbre de transmission qui transmet le couple du moteur situé à l’avant au pont arrière.
La voiture possédait toujours deux portes de chaque côté de la carrosserie. C’est quelque peu surprenant, car la version ambulance développée pratiquement au même moment ne disposait que d’une seule porte latérale du côté conducteur. Dans le cas présent, il s’agissait en réalité davantage d’une voiture à carrosserie break que d’un utilitaire. Des sièges classiques étaient en effet également installés sur la deuxième rangée.
Sous la peinture qui s’écaille à l’arrière de la voiture, au niveau des passages de roues, les soudures partiellement mastiquées et partiellement visibles permettent de voir comment les ingénieurs ont optimisé la forme des passages de roue. « J’ai l’impression qu’au départ, une grande partie des roues était recouverte pour des raisons aérodynamiques, puis ils ont réalisé une découpe trop importante avant de la recouvrir à nouveau partiellement », estime le propriétaire.
Ce n’est que récemment qu’il a également découvert qu’une structure en bois venait prolonger, dans la partie supérieure, la partie métallique inférieure de la carrosserie du compartiment de chargement. Cette structure est recouverte de tôle à l’extérieur et de garniture à l’intérieur.
Aujourd’hui, sa Tatra 201 qui n’a pas roulé depuis plusieurs décennies et ne reprendra probablement pas la route avant encore plusieurs années au minimum. Deux raisons expliquent cette situation. « D’une part, elle n’a pas de moteur et, d’autre part, je n’ai pour l’instant pas suffisamment d’argent disponible pour financer moi-même la restauration. Selon les premières estimations, il faudra en effet au moins trois millions de couronnes », explique-t-il.
À l’exception du moteur et de certains éléments du plancher, la Tatra 201 utilitaire est complète. Elle possède même ses sièges ainsi que les autres éléments de garniture intérieure. En revanche, dans l’état où elle se trouve aujourd’hui, il est fort probable que plus personne ne souhaiterait réellement s’asseoir sur la banquette. La garniture des portes arrière, en revanche, devrait probablement simplement nécessiter un nettoyage soigneux.
Lu sur : https://www.denik.cz/automagazin/prototyp-tatra-201-jakub-janda/
Adaptation VG