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Novembre 2005, une simple question sur la Lada Samara Cabrio va peu à peu se transformer en une véritable enquête collective, mêlant archives incomplètes, témoignages de terrain et hypothèses parfois contradictoires. Retour chronologique sur ces échanges sur le forum Yahoo! de Sovietauto où chaque réponse soulève de nouvelles questions. Ce résumé a été généré en février 2026 par l'IA sur la base des posts 2085 à 2089, 2092, 2093 et 2097 et complété par votre serviteur..
20 novembre 2005 - Le point de départ : des chiffres qui interrogent :
Tout commence avec Bernard Vermeylen, qui remercie les intervenants pour leurs premières analyses mais annonce disposer d’un atout supplémentaire : « J’ai encore une arme secrète : un voisin de mon frère (…) a travaillé chez EBS comme délégué commercial ; c’est lui qui aurait négocié les contrats avec les importateurs étrangers».
Bernard Vermeylen espère que ce contact pourra confirmer ou infirmer les hypothèses déjà avancées sur la production réelle de la Lada Cabrio. Très vite, Edmond Lardinois exprime son scepticisme face aux chiffres disponibles :
« Le chiffre de production de la Lada Cabrio doit être plus important que celui avancé par les archives de EBS. La "perte" de nombreuses archives de Scaldia-Volga dans les nombreux déménagements de ces derrières années (dans des bâtiments sans cesse plus petits, ce qui explique le malheureux mais nécessaire "nettoyage") ne m'a hélas pas permis de le vérifier.
Par contre je suis en mesure d'affirmer qu'à l'époque du lancement de ce modèle (en 1991-1992) les concessionnaires Lada en Belgique avaient encore l'obligation contractuelle de tenir un show-room regroupant un certain nombre de modèles représentatifs de la gamme. Or à l'époque le réseau belge comptait environ 280 concessions et agences ! Cela signifierait donc qu'avec 144 voitures officiellement livrées en Belgique, seule la moitié des dealers belges auraient choisit d'avoir une Cabrio en modèle d'expo (pourtant nettement plus valorisant qu'une 2105 toujours vendue à la même époque) et n'en aurait par la suite vendu aucune autre ! Cela me semble bizarre ... ».
Il met en d'autres incohérences : « D'après EBS les livraisons en Belgique auraient cessé dès 1993. Pourtant cette année-là des immatriculations ont eu lieu et même jusqu'en 1995 puisque c'est de ce millésime que date mon actuelle Cabrio 1,5i avec sa plaque d'identification "Scaldia-Volga" qui n'a rien d'allemande.. .». Il s'interroge aussi sur les cabriolets vendus en Italie et en Grèce sans que leur origine ne soit clairement établie.
Edmond Lardinois mentionne également sur le rôle d’EuroLada, qu’il décrit comme une structure de coordination, non de réception de véhicules : « Il s'agit d'une société créée dès les années '80 par VAZ pour "simplement" coordonner la distribution de Lada dans 15 pays d'Europe occidentale. On peut d'ailleurs en trouver la mention sur tous les catalogues édités par Scaldia-Volga dans les années '80. Mais hormis le but d'assurer une uniformité dans les services de vente et d'après-vente, cet organisme, sorte "d'association d'importateurs" basée à Hambourg, n'avait pas pour rôle de receptionner des voitures ».
VG relance le débat en rappelant que la Samara Cabrio était bien présente dans les catalogues belges jusqu’en 1994, et probablement au-delà : « Je dispose ainsi d’un catalogue édité pour le Salon de Bruxelles 1994 où le “Cabrio” trône en couverture ».
Il pose alors plusieurs questions techniques cruciales :
– les cabrios EBS portent-ils une plaque constructeur spécifique ?
– peut-on retrouver un numéro de fabrication cohérent avec les chiffres avancés ?
Le soir même, Bernard Vermeylen apporte un élément fondamental : l’existence d’un registre de production consulté chez ACT, reprenant pour chaque véhicule : « Il ne s'agit pas à proprement parler de "chiffres communiqués par EBS". En effet, on m'a laissé consulter les deux boîtes archives que possède ACT et qui contiennent pêle-mêle photos de presse, brochures, coupures de journaux sur leurs différentes productions, des Mercedes et Ferrari cabrio aux Lada en passant par les R5 et Daihatsu break. Figurait aussi dans ces archives un simple registre reprenant les numéros des véhicules (R5, Daihatsu, Lada et Volvo 440 break) accompagnés pour chacun de la date de commande, du modèle, du numéro de châssis constructeur, de la date de facturation et enfin du client (un importateur ou un particulier suivant les cas). Une hypothèse serait naturellement que ce registre n'est pas complet, mais je n'en vois pas la raison.
Enfin, en ce qui concerne les livraisons en Belgique, rien n'indique qu'il n'y en a pas eu en Belgique en 95. En effet, un certain nombre de voitures ont été facturées (et sans doute livrées) bien plus tard que la date de commande, et en tout cas en Belgique jusqu'en 94. Pour 7 voitures (01, 02, 101, 107, 117, 121, 309), le registre indique même "retour Scaldia-Volga", avec une date comprise entre le 13 et le 15 février 95.
Pour ce qui est de la fréquence des voitures en Belgique, elle est rare, mais j'en ai vu plusieurs. Notamment une blanche que j'ai vu plusieurs fois à Belgrade, sur les hauteurs de Namur ; une autre circulait à Mons. Disons que j'ai bien dû en voir une dizaine en tout ». Il indique également qu'au Salon de Bruxelles 92, on pouvait admirer 3 cabriolets : une rouge et une blanche sur le plancher, et une Carlota grise sur le podium.
Le lendemain, Edmond Lardinois annonce une découverte inattendue… et une déception personnelle : « Sous le capot (…) il n’y a rien d’autre que la plaque d’identification de l'usine VAZ et celle de l’importateur Scaldia-Volga ». Mais un détail intrigue : un numéro inscrit au feutre, difficilement lisible, qui pourrait correspondre à 531, 534 ou 537 - soit exactement dans la tranche des derniers numéros communiqués par Bernard Vermeylen.
Edmond Lardinois reconnaît alors : « EBS aurait donc raison et moi tort ! Mea culpa ! ». Mais de nouvelles questions apparaissent aussitôt : pourquoi certains véhicules sont-ils livrés à Scaldia-Volga alors qu’ils sont notés comme destinés à EuroLada ou Deutsche Lada ?
Au fil des messages, la discussion prend des allures d’investigation historique. Edmond dresse un inventaire impressionnant : « Si je me trompe sur les quantités c'est peut-être parce que là où j'habite ces voitures étaient presque légions il y a une bonne dizaine d'année ! En effet au début des années '90 il y avait pas moins de 3 garages Lada sur le térritoire de ma ville. Chacun d'eux ayant eu à un moment ou l'autre au moins un cabrio (différent bien sûr) en exposition! L'un de ces 3 concessionnaires ayant également eu un second modèle à titre personnel (aujourd'hui il s'est reconverti dans la vente de ... Dodge Viper preuve que la Lada Cabrio mène à tout!). Cela en fait donc déjà au moins 4. Auxquels j'ajoute la mienne (la 1ère), une autre blanche appartenant à un ami ébéniste (et qui l'a toujours), une autre au look de Carlota que j'aperçois encore parfois sur le parking de la gare, encore une autre, rouge, ayant trôné pendant des années sur le seuil d'un voisin de mon ophtalmo (oui, je suis myope, mais ça ne m'a pas empèché de la voir). Si j'ajoute celle, noire, d'un ancien concessionaire situé à environ 20 km de chez moi et conservée avec amour (bien qu'il se soit reconverti dans les Citroën traction...) et celle que je possède actuellement j'arrive à un total de 10 cabrios différents croisés avec certitude dans un rayon de 20 km! Cela voudrait donc donc dire que 7% de la production destinée à la Belgique se serait retrouvée dans une région qui ne représente que 0,5% de la population belge! Etrange hasard ou signe qu'il y en aurait plus qu'on ne croit? Surtout que j'ai déjà croisé d'autres exemplaires de cette perle rare dans pas mal d'autres régions du pays (à Liège, à Bruxelles, dans le Hainaut où la côte par exemple). Mais il est vrai que ça devient de plus en plus rare aujourd'hui ... J’arrive à un total de 10 cabrios différents croisés avec certitude dans un rayon de 20 km ».
VG résume l’état d’esprit général : « Ce n’est plus un feuilleton !!! C’est de la LADArchéologie !!! ».
Des témoignages extérieurs confirment la diffusion. Frédéric Zulian rappelle qu’en France, en 1994, la voiture était visible en concession : « A l'époque (1994) il était courant de les voir chez les concessionnaires Lada ». Alaingf, depuis la Belgique, tempère l’idée d’une omniprésence mais révèle une donnée troublante : « Pas moins de 6 cabrios Samara sont en vente » sur un site de petites annonces belgo-néerlandais.
Le 22 novembre, Edmond Lardinois apporte sans doute l’éclairage le plus structurant de tous ces échanges.
Après avoir découvert une plaque EBS numérotée “217” sur le cabrio d’un ami, il consulte un ancien directeur de Scaldia-Volga. Conclusion majeure : « Je me suis lancé dans le braquage d'un pauvre propriétaire de Lada Cabrio. Sa surprise passée c'est moi qui en ai eu une ! Car sous le-dit capot de ce Cabrio (modèle 1992), en plus de la plaque Scaldia-Volga il y a une jolie petite plaque en acier marquée "E.B.S. Automotive Production" avec en dessous un joli numéro 217 gravé ! (...).
Il est allé cherché une explication auprès d'un ancien directeur de Scaldia-Volga en poste au moment des faits et indique : « D'abord concernant le nombre de modèles fabriqués. A ma grande déception/confusion/contrition les chiffres fournis par EBS semblent exacts. A ma décharge les chiffres de ventes que j'ai cités dans le message 1293 sont aussi exacts ... Je m'explique. Lorsque Lada a commercialisé la Cabrio/Natacha en Europe une chose a été sous-estimée : la capacité de production réelle de EBS ! ».
Mais la clé du mystère réside ailleurs :
– près de 400 commandes fermes en Belgique,
– environ 1000 en Europe,
– mais une capacité de production artisanale largement insuffisante.
--> « Moins de la moitié des commandes a pu être honorée ».
Les véhicules auraient donc été prioritairement livrés aux importateurs comme modèles d’exposition, tandis que de nombreux clients attendaient en vain. Cela expliquerait les réexportations entre pays, les incohérences dans les registres et l’absence de certaines destinations officielles (Pays-Bas, EuroLada). Edmond Lardinois évoque ausi une interview de Alain Boyer de Lada France dans 4x4 Magazine : « Si nous avions les voitures promises, nous en immatriculerions encore 4000 cette année. Or notre capacité de livraison est d'à peine la moitié ».
Edmond Lardinois ajoute : « D'après les chiffres (et qui se confirment), 93 et 94 semblent traduire la capacité maximale de production annuelle de EBS (163 et 164 voitures). Insuffisants pour combler les retards avant l'arrêt de la production fin '95 ».
Malgré ces avancées, plusieurs zones d’ombre persistent : l’absence de plaque EBS sur certains modèles tardifs, le rôle exact d’EuroLada, les mouvements non documentés entre importateurs.
Bernard Vermeylen conclut avec prudence : « Nous n’avons pas encore d’explications pour tout, mais nous y arriverons peut-être ». Et VG résume le sentiment général : « Je crois que je ne suis pas le seul à vouloir en savoir encore plus sur ces très beaux mystères ».