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À la fin des années 1990, AZLK traversait une période très difficile. Le marché russe se remplissait rapidement de voitures étrangères, tandis qu’AvtoVAZ produisait à plein régime la « Deciatka » (VAZ-2110), s’arrogeant une importante part du segment des voitures abordables. Dans ce contexte, l’usine moscovite continuait de produire la « 2141 », que l’on tentait d’adapter aux nouvelles réalités. Cela aboutit à l’apparition d’une gamme de modèles baptisés du nom de personnalités de l’histoire russe : « Sviatogor », « Ivan Kalita », « Iouri Dolgoroukiï » et « Prince Vladimir ». Ils ne sauvèrent pas l’usine, mais bénéficiaient de nombreuses solutions techniques intéressantes, ainsi que de phares qui prenaient une couleur pour le moins inhabituelle.

AZLK avait développé de nombreuses solutions en interne, mais l’influence étrangère était clairement perceptible dans les dernières productions de l’entreprise. Ainsi, le dessin de la Moskvitch-2141 avait été largement inspiré de celui de la Simca 1307. Plusieurs voitures donneuses avaient été amenées à l’usine afin d’être étudiées attentivement par les employés. Une Simca 1307 avait même été découpée en deux afin d’y installer les organes mécaniques soviétiques et d’en étudier la structure de la carrosserie. C’est sur la base de cette voiture qu’avait ensuite été créé un prototype de la « 2141 », qui reçut le nom ironique de « Maksimka ».

À la charnière des années 2000, c’est également en France que l’on chercha une solution pour sauver AZLK. L’usine rencontrait de sérieux problèmes avec ses organes mécaniques, tandis que ses propres développements n’étaient toujours pas parvenus au stade de la production en série. Il fut donc décidé d’installer des moteurs essence Renault F3R de 2,0 litres. Ce moteur se révéla réussi et offrait aux voitures moscovites des performances tout à fait honorables, mais son intégration entraîna une hausse importante du prix des modèles.

Beaucoup ont supposé que le choix concernant les phares avait lui aussi été repris à la France. Jusqu’en 1993, une loi y imposait en effet que toutes les voitures destinées au marché intérieur soient équipées de phares émettant une lumière jaune. Les constructeurs obtenaient ce résultat en utilisant des ampoules ou des diffuseurs appropriés. En pratique, cependant, les phares jaunes des dernières « Moskvitch » avaient d’autres causes.

Parmi les dernières Moskvitch, c’est la « Sviatogor » qui fut la mieux lotie. Produite en assez grande série, elle reçut de nombreux composants importés, notamment des blocs optiques fournis par l’entreprise allemande Hella. Ils procuraient à la voiture un très bon éclairage et conservaient longtemps leur aspect d’origine. Aujourd’hui encore, on peut trouver de nombreux phares Hella d’origine pour Moskvitch qui se sont remarquablement bien conservés, alors que les voitures elles-mêmes ont déjà été envoyées à la casse.

La situation fut différente avec la « Ivan Kalita ». Malgré son positionnement haut de gamme, de nombreuses économies furent réalisées sur les composants. La berline reçut des phares spécifiques, nécessitant une production en petite série. Et compte tenu des difficultés financières auxquelles AZLK était alors confrontée, il fallait faire des économies sur chaque écrou.

La fabrication de moules spécifiques pour le verre étant coûteuse, il fut décidé de fabriquer les optiques de la « Ivan Kalita » en polycarbonate, un matériau facilement disponible. Des économies furent réalisées sur la matière première, si bien que la qualité du matériau utilisé laissait à désirer. En outre, lors de la fabrication, on décida de supprimer une étape pourtant importante : la protection du polymère par un vernis spécial. Le polycarbonate était donc totalement exposé aux projections de sable et aux rayons ultraviolets.

Au cours de l’utilisation, les phares des dernières Moskvitch étaient soumis simultanément à deux facteurs particulièrement néfastes. Les ampoules halogènes chauffaient le polymère de mauvaise qualité de l’intérieur, tandis qu’à l’extérieur, celui-ci se rayait et se dégradait rapidement sous l’effet des rayons ultraviolets. Résultat : dès les premières années d’utilisation, le plastique prenait une profonde teinte jaune. Dans ces conditions, le polissage ne permettait pas de résoudre le problème, puisqu’il n’y avait pas de vernis protecteur en surface dont le retrait aurait permis de retrouver la transparence…

Lu sur : https://dzen.ru/a/am-7dco3kw7ie3mi
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #AZLK, #Moskvitch, #Ivan Kalita, #Anecdote