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Metalex fête ses 50 ans (*) et, à cette occasion, a décidé de produire une série limitée de l’un de ses modèles, le MTX Roadster. Nous avons pu l’observer de près et prendre le volant d’un exemplaire original. Que pensons-nous du nouveau roadster et de son ancêtre ?
À l’origine de toute l’histoire, il y a une Skoda Favorit de série, une banale compacte à cinq portes. Au bout du processus, on obtient un roadster à deux portes doté d’une capote en toile repliable, qui est aujourd’hui un youngtimer particulièrement recherché.
Le toit de la voiture d’origine a été découpé. Comme elle possède une carrosserie autoporteuse, cela signifiait que sa rigidité en torsion était réduite au minimum. Il a donc fallu ajouter de très nombreux renforts à la carrosserie : des renforts longitudinaux dans les bas de caisse, d’autres transversaux entre ceux-ci, mais aussi sous le tableau de bord, entre les montants A et les passages de roue, ainsi que dans le compartiment moteur. Une barre de renfort entre les jambes de force avant est également présente. Le résultat se traduit certes par une augmentation de poids de 40 kg, mais la masse à vide du roadster n’est malgré tout que de 920 kg.
Le design a été profondément remanié par le designer Vaclav Kral. Le prototype original avait certes le même aspect que les voitures produites par la suite, mais il était entièrement réalisé en tôle, contrairement aux exemplaires ultérieurs qui comportent des éléments en fibre de verre.
Ce matériau est utilisé pour les deux pare-chocs au design spécifique, les extensions de bas de caisse, les ailes arrière, les parties inférieures des portes, ainsi que le panneau du couvercle de coffre, dont l’ossature provient en partie de l’ancien hayon et en partie d’une fabrication spécifique. Seules les ailes avant, le capot moteur et les optiques sont d’origine.
À l’intérieur, on retrouve le tableau de bord du modèle original, mais il n’y a désormais plus que deux sièges. À la place de la banquette arrière se trouvent un arceau de protection pour le conducteur et le passager, ainsi que le logement où vient se ranger la capote repliée. Vu de côté, la voiture donne même l’impression d’avoir un empattement raccourci, mais ce n’est qu’une illusion due au déplacement du couvercle de coffre vers l’avant. Les portières ont conservé leur longueur d’origine, mais elles ont reçu de petits renforts qui forment, au premier regard, de petits triangles entre le pare-brise et l’encadrement des portes, comme sur les Skoda plus anciennes. À la différence de celles-ci, toutefois, la vitre descend sur toute la longueur de la porte, y compris dans ce triangle.
Sur le plan mécanique, Metalex n’a pas effectué de modifications majeures. Sous le capot, le constructeur a conservé le moteur quatre cylindres de 1,3 litre développant 62 ch, associé à une boîte manuelle à cinq rapports et à une transmission aux roues avant. En option, il était toutefois possible d’installer un arbre à cames plus pointu, une culasse modifiée, voire des carburateurs double-corps. Le châssis HP Sporting, plus bas et plus ferme, était également spécifique.
Grâce à Metalex, nous avons pu prendre directement le volant du MTX Roadster original. Il s’agit de l’une des dernières voitures assemblées à partir des pièces du kit de transformation. Elle possède donc un tableau de bord noir, mais aussi, par exemple, des répétiteurs latéraux ou des rétroviseurs extérieurs provenant d’une Skoda Felicia.
La voiture n’a pas de verrouillage centralisé, il faut donc ouvrir les portes avec la clé. Il fait beau, alors nous replions immédiatement la capote derrière les sièges avant. Ce n’est pas une opération qui se fait en deux minutes : il faut un peu de temps, mais tout le monde peut y arriver. Chez Metalex, on a également veillé à ce que la voiture conserve une apparence propre lorsque la capote est repliée : une housse de protection à fixer avec des boutons-pression est prévue à cet effet.
Après avoir tourné la clé de contact, le démarreur entraîne le moteur pendant quelques tours avant qu’il ne démarre dans un agréable baryton. Les sorties d’échappement dépassent du pare-chocs arrière des deux côtés, mais seule celle de gauche est fonctionnelle. Elle produit malgré tout un son vraiment superbe. Et cela ne change ni une fois le moteur chaud, ni pendant la conduite, que nous avons vraiment appréciée.
Il s’agit d’une voiture vieille de plus de deux décennies, ce qui se ressent dans sa conduite. Nous le constatons dès la sortie de stationnement, puisqu’elle ne possède pas de direction assistée. Tout est ici entièrement mécanique, sans aucun temps de réponse, et les réactions à l’accélérateur sont particulièrement plaisantes. Un câble relie directement la pédale au papillon des gaz : dès que le pied touche l’accélérateur, « quelque chose » se produit immédiatement. Les doubles débrayages avec coup de gaz lors des changements de rapport sont particulièrement grisants - même s’ils ne sont évidemment pas nécessaires puisque la boîte est entièrement synchronisée - car les réactions du moteur sont instantanées. Et, sur « notre » voiture, le moteur montait réellement dans les tours avec beaucoup d’enthousiasme.
Sur la route, c’est un véritable plaisir de conduire cette voiture, car il n’est pas nécessaire d’aller vite pour s’amuser. Les performances ne sont de toute façon pas particulièrement impressionnantes ; ce qui compte, ce sont surtout les réactions immédiates de la voiture. Le châssis est plus ferme et, grâce notamment à un centre de gravité globalement plus bas, le MTX Roadster reste vraiment stable dans les virages abordés à rythme soutenu.
Bien que la voiture n’ait plus sa carrosserie autoporteuse d’origine et qu’elle ait donc perdu sa rigidité de torsion initiale, l’installation de nombreux renforts fait qu’elle ne se déforme pratiquement pas en conduite normale. De ce point de vue, cette voiture s’en sort même mieux qu’une BMW E36 Cabrio. Les freins sont en revanche moins convaincants, avec une attaque très progressive. Nous attribuons toutefois cela principalement au fait que la voiture roule très peu. À l’avant, on trouve les freins à disque d’origine, tandis que l’arrière est équipé de freins à tambour.
Pendant notre balade, nous avons donc surtout apprécié le son du moteur provenant de la sortie d’échappement située pratiquement derrière nos têtes, ainsi que les réactions immédiates du moteur. L’absence de toit procure également une sensation de communion très intense avec l’environnement. Et puis il y a le fait de conduire une voiture conçue il y a plus d’un quart de siècle qui, des années plus tard, fonctionne toujours à merveille et attire toute l’attention qu’elle mérite.
Dans le cadre des célébrations de son 50e anniversaire, Metalex a toutefois décidé de produire de nouveaux roadsters. Une série de seulement cinq voitures neuves est actuellement en cours de réalisation. Le procédé de fabrication est exactement le même que celui utilisé il y a plusieurs décennies. Au départ, il y a une Favorit ordinaire, qui est entièrement dépouillée. Vient ensuite une remise en état approfondie de la carrosserie, avec remplacement des parties corrodées et ajout des renforts nécessaires. Avant la peinture finale, la voiture est en outre plongée dans un bain destiné à la protéger contre la corrosion.
La grande majorité des éléments du châssis sont entièrement neufs, tout comme ceux du compartiment moteur, car après plusieurs dizaines d’années d’utilisation, les pièces d’origine ont déjà largement fait leur temps. Et ce, même si Metalex sélectionne pour ses transformations les voitures les mieux conservées qui apparaissent sur le marché.
Le moteur fait lui aussi l’objet d’une réfection complète. Sur les nouveaux modèles, la culasse est systématiquement modifiée et un arbre à cames plus pointu est installé. Metalex n’indique pas la puissance, mais le moteur devrait monter plus facilement dans les tours. Concernant le moteur lui-même, certains modèles seront équipés de carburateurs, tandis que d’autres recevront une injection de carburant Bosch.
Lors d’une exposition organisée cette année, « Skvosty s vuni benzinu » (« Joyaux au parfum d’essence »), les deux MTX Roadster - l’original et le nouveau - étaient exposés côte à côte. Le rouge est l’original, tandis que le modèle bordeaux est le nouveau.
À première vue, il ne se distingue pas des voitures originales. En y regardant de plus près, en revanche, les différences apparaissent. Sur les ailes avant, à côté des clignotants, des plaques portent la mention « Edition 50 ». Le pare-chocs arrière intègre des capteurs de stationnement et une caméra de recul est installée au-dessus de la plaque d’immatriculation.
On trouve également de nouvelles jantes de 15 pouces en alliage léger, réalisées selon une technologie dite « spatiale » et achetées à l’époque par Metalex en Union soviétique. Elles sont chaussées de pneumatiques taille basse en 195/45 R15. Le châssis est là encore fourni par HP Sporting.
À l’intérieur, les changements sont beaucoup plus nombreux. Le tableau de bord provient toujours de la Favorit, mais il a reçu un décor « carbone » et au centre trône désormais un grand système multimédia avec navigation intégrée. Les instruments sont entièrement nouveaux, tout comme le levier de vitesses provenant de la Skoda Octavia de première génération. Les sièges de la Favorit d’origine ont également été renforcés, modifiés et recouverts d’une sellerie grise. Ils sont désormais chauffants. Les équipements de confort sont plus nombreux. Le nouveau MTX Roadster dispose également du verrouillage centralisé et de rétroviseurs extérieurs à réglage électrique.
Dans ce cas, il s’agit uniquement d’une transformation et non de la construction d’une nouvelle automobile. Metalex ne peut donc pas se lancer dans de profondes modifications. La voiture est néanmoins pratiquement reconstruite à neuf, mais conformément à la documentation d’origine. Certains éléments ont été améliorés afin de rapprocher davantage la voiture des standards actuels, et des équipements comme la navigation ou les sièges chauffants seront certainement appréciés par les occupants lors de leurs escapades.
Au volant, vous aurez toujours l’impression de conduire un youngtimer dont le fonctionnement est à des années-lumière de celui des voitures modernes, qui surveillent absolument tout à l’aide de leurs capteurs et de leurs systèmes électroniques. Malgré cela, vous pourrez sans problème partir pour de longues balades, puisque vous saurez que tout est entièrement neuf à bord.
Lu sur : https://auto-mania.cz/svezli-jsme-se-s-puvodnim-mtx-roadster-a-prozkoumali-ten-novy/
Adaptation VG
(*) Cet article date de 2019.