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Il y a une vingtaine d’années, ce cabriolet exotique basé sur un utilitaire Citroën attirait beaucoup l’attention. L’avez-vous déjà croisé sur la route ?

L’entreprise tchèque Pony Auto Trend produit depuis de longues années des capucines de cabine et des spoilers pour véhicules utilitaires, et s’occupe également de fabrications sur mesure pour les services de secours ou pour des véhicules spéciaux du Dakar. Mais vers 2004, elle a attiré l’attention pour une autre raison : au salon des véhicules utilitaires Autotec de Brno, elle a présenté un intéressant véhicule particulier qui, à première vue (probablement de loin), pouvait rappeler le concept Citroën C3 Air, ce concept-car qui se concrétisera en série sous le nom de C3 Pluriel. L’histoire de sa création est assez intéressante : selon des informations de l’époque, une Citroën Berlingo accidentée se trouvait dans la cour de l’entreprise, et les employés décidèrent, durant leur temps libre, de la transformer en un cabriolet spectaculaire.

La carrosserie, le toit et une partie du porte-à-faux arrière furent retirés. Ces modifications nécessitèrent le renforcement de la structure avec des profils en acier ; la rigidité était également assurée par un cardre tubulaire en acier autour du pare-brise et par un arceau chromé à l’arrière. La motorisation restait d’origine : un honnête 1.9 diesel atmosphérique de 70 ch.

L’élément le plus marquant était sans aucun doute la carrosserie unique en matériau composite, réalisée par le designer industriel, aéronautique et automobile tchèque Ales Machu. Celui-ci reçut pour son travail le prix « Dobry design 2005 » du ministère de l’Industrie et du Commerce. Les portes s’ouvraient vers le haut - on les commandait par les interrupteurs de vitres électriques réaffectés. La sellerie était en cuir imperméable, car le véhicule ne possédait même pas de capote de secours.

Le véhicule a réellement existé, il roulait, et il a même été possible de l’immatriculer : selon une interview d’époque avec le directeur de Pony Auto Trend, Oldrich Sedlacek, le constructeur disposait d’une homologation du ministère des Transports pour une série de cinquante exemplaires. Neuf, il coûtait environ 400,000 couronnes ; et si vous fournissiez votre propre Citroën Berlingo ou Peugeot Partner, le tarif pouvait descendre à 280,000 couronnes. Une coque brute à monter soi-même était disponible pour environ 160,000 couronnes.

En 2007, le site Auto.cz ont essayé le Street Roadster Pony. Ils ont constaté que l’air entrait beaucoup dans l’habitacle, mais que le véhicule ne se tordait pas de manière notable et suscitait un intérêt sincère et de la sympathie partout où il passait. Dans le cadre de cet essai, ils ont appris que le constructeur avait enregistré plusieurs commandes. Dans la galerie qui illustre cet article, vous pouvez découvrir une intéressante brochure promotionnelle d’époque, qui a récemment refait surface des profondeurs d’internet.

Voici la traduction du texte figurant en seconde page de rare feuillet
Liberté sans frontières, simplicité, beau temps, amis, plaisir — ce sont là les synonymes du projet PONY STREET ROADSTER, un véhicule qui constitue une catégorie entièrement nouvelle de FUV (Fun Utility Vehicle). Dans l’ensemble, ce FUV se caractérise par un tempérament sportif et dynamique. Son avant, avec ses lignes fines et ses phares verticaux, paraît robuste tout en restant très compact. La vue latérale révèle des porte-à-faux courts et d’autres éléments inhabituels. Le pare-brise haut garantit des bruits générés par l’air extrêmement faible. La porte a été remplacée par une large poutre transversale s’ouvrant vers le haut. L’échancrure située en dessous accentue l’impression d’ouverture et son caractère de « véhicule de plage ». L’arrière haut, doté d’un arceau chromé intégrant le troisième feu stop, reprend à nouveau les éléments stylistiques de l’avant. Un autre trait distinctif est les feux arrière à verre transparent. L’allure valorisante du nouveau PONY STREET ROADSTER est soulignée par des jantes aluminium de 16 pouces et des sièges sport. C’est une superbe voiture de loisirs, dont le concept ouvert et l’habitacle spacieux reflètent la convivialité de son propriétaire, prêt à profiter de trajets faciles entre clubs, discothèques et soirées entre amis…

Et pour être complet, un extrait de l’essai de juin 2007 (l’article de 2025 d’Autorevue.cz en reprenant mot pour mot certains points) :

Le roadster tchèque a sa plaque d’immatriculation ! L’audacieuse idée de construire une voiture ouverte cinq-places sur la base d’un utilitaire est devenue réalité. Trouvera-t-elle des clients ? Nous avons brièvement essayé cette extravagante voiture estivale dotée de portes à ouverture verticale…

Situation hypothétique : devant votre maison traîne un Citroën Berlingo dont la dernière mensualité du leasing est oubliée depuis longtemps, mais que vous n’avez pas le cœur de vendre. Après avoir fait deux fois le tour du compteur, il ressemble certes avoir été violé plusieurs fois par un camion, mais comme vous y êtes attaché sentimentalement, vous vous dites peut-être qu’il mériterait une meilleure vie. Mais comment faire ?

Toute ressemblance avec la réalité serait purement fortuite, mais la réponse existe bel et bien (…). Rien de techniquement compliqué, encore moins destiné au travail, et de préférence en utilisant les matériaux composites qui s’entassaient en quantité dans l’entrepôt (de Pony Auto Trend).

(…) J’ai vu ce véhicule pour la première fois il y a environ un an, lors d’un rassemblement tuning à Hradec Kralove, où il attirait beaucoup l’attention, mais je le prenais avec distance - ce n’était pas la première tentative du genre. Aujourd’hui, nous sommes à Vinor, près de Prague, et à première vue, rien n’a changé… en apparence. Il a désormais des plaques d’immatriculation : il a donc rassemblé tous les tampons nécessaires et obtenu l’approbation du ministère des Transports pour circuler sur route. Selon les gens de chez Pony, ça n’a même pas pris beaucoup de temps.

Je lève l’appareil photo pour capturer ce petit morceau d’histoire automobile, quand soudain une clé apparaît dans ma main. Avec elle, une petite télécommande pour les serrures électromagnétiques des portes. Je ne résiste pas : les ailes en composite se soulèvent silencieusement façon Lamborghini. Avant cela, je dois toutefois tirer le frein à main, qui sert de sécurité. L’intérieur est le même que celui du Berlingo, sauf que certains boutons de la console centrale ont une nouvelle fonction (par exemple, les commandes des vitres électriques servent à ouvrir les portes) et que la sellerie d’origine a été remplacée par du cuir hydrofuge, car le Street Roadster n’a même pas de capote d’urgence. L’eau de pluie peut simplement s’écouler par les trous percés dans le plancher.

Je mets en route le vieux 1,9 diesel atmosphérique, sans turbo, qui développe de modestes 70 ch. Pas de quoi être déçu. Je n’oublie pas que rouler cheveux au vent n’est pas une affaire de vitesse, et puis, le Street Roadster peut être équipé de n’importe quel moteur monté par Citroën dans le Berlingo, y compris les modernes 1,6 HDi (75 ch ou 90 ch) ou le 2,0 HDi (90 ch). Nous quittons le parking en direction de Brandys nad Labem, où l’asphalte n’est pas de la meilleure qualité, mais je constate que la torsion de la carrosserie reste raisonnable. Sur les irrégularités, la voiture tremble, mais rien que ne connaissent déjà les propriétaires de cabriolets anciens.

À travers le pare-brise haut et vertical, ça souffle pas mal dans l’habitacle, surtout aux places arrière - où je recommande d’installer des auto-stoppeuses, car après avoir essayé, j’ai découvert que les turbulences tentaient constamment de me retirer mon t-shirt. Au passage, je conseille aux introvertis et aux timides d’éviter ce véhicule : impossible d’ignorer les regards étonnés qui nous suivent comme une ombre. Mais c’est agréable : le Street Roadster suscite un véritable intérêt, un type d’attention que les propriétaires de Ferrari ou Porsche découvrables ne verront jamais. Ah, et encore un détail : la sympathique dame dans l’Octavia argentée, qui nous a lancé un merveilleux sourire, devrait peut-être revoir sa relation avec le conducteur renfrogné à côté d’elle.

Ceux qui connaissent le Berlingo ou le Peugeot Partner savent combien l’espace arrière est généreux. On retrouve exactement le même dans le Street Roadster : on peut donc dire que c’est un vrai cabriolet cinq-places. Il n’a même pas perdu trop de praticité. Le hayon s’ouvre vers le bas ; rabattez les sièges arrière et vous obtenez un pick-up ouvert original, avec une piste d’atterrissage pour modèles réduits d’avions. Pour le reste de l’équipement obligatoire, cherchez la boîte verrouillable située à l’extérieur du couvercle de coffre - que mon collègue considérait d’ailleurs comme l’espace de transport idéal pour… des préservatifs. Que voulez-vous, l’été arrive.

Bien que nous partageons avec l’équipe de Pony leur goût du défi et leur courage, reste la grande question : qui achètera ce Street Roadster ? La Tchéquie n’excelle pas vraiment par la longueur de sa côte méditerranéenne, cadre naturel de cette voiture. Mais l’avantage est que ce modèle n’est qu’un produit secondaire de leur activité principale. Ils nous ont toutefois confié avoir déjà plusieurs commandes. La transformation d’un véhicule leur prend actuellement environ un mois, mais une demande accrue leur permettrait de produire des pièces en série et ainsi de raccourcir le processus. Ce pourrait être un bon point de départ pour voir naître chez nous un nouveau - certes petit - constructeur automobile.

Lu sur : 
https://www.autorevue.cz/vzpomenete-si-na-street-roadster-pony-pripomente-si-unikatni-ceskou-stavbu-dobovym-letakem
https://www.auto.cz/street-roadster-pony-otevrena-reinkarnace-11112 
Adaptation 

Street Roadster Pony : redécouvrez cette construction tchèque unique !
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Tag(s) : #Pony, #Street Roadster, #Petit constructeur, #Tchéquie, #Essai, #Brochure