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En 1987, la Favorit a complètement changé le visage de la marque Skoda. Le constructeur est passé d’une architecture « tout à l’arrière » à une solution « tout à l’avant », tandis que la carrosserie adoptait une silhouette moderne à cinq portes. Après novembre 1989, la voiture a également convaincu Volkswagen de racheter la marque au logo à la flèche ailée. Et la Favorit possède encore un autre titre de pionnière : elle a permis à Skoda de remettre dans sa gamme un modèle à carrosserie break. Celui-ci a reçu le nom de Forman.
Le 12 septembre 1990, la 32ème édition du Salon international de la construction mécanique de Brno a ouvert ses portes. Skoda y a présenté officiellement, pour la première fois, la Favorit à carrosserie break. Celle-ci a reçu le nom de Forman, même si, avant sa présentation, il était prévu de l’appeler Tourist. Après tout, c’est bien ainsi que se nommaient les premiers prototypes, présentés aux médias dès 1989.
Mais les essais du break dérivé de la Favorit avaient commencé encore plus tôt et, finalement, elle fut la seule des variantes de carrosseries envisagées à accéder à la production en série (hormis le pick-up). La berline et le coupé n’eurent pas cette chance. Le numéro de code attribué au break était 785.
La base technique de la voiture était identique à celle de la Favorit, comme le confirmait notamment l’empattement de 2,450 mm. Le break était plus long de 345 mm, une différence entièrement absorbée par le porte-à-faux arrière et, par conséquent, par le volume du coffre. Avec une longueur totale de 4,160 mm, celui-ci pouvait accueillir 400 litres de bagages, tandis qu’en rabattant les dossiers des sièges arrière, il était possible de faire entrer jusqu’à 1,300 litres dans la voiture. Malgré cela, le poids du véhicule n’augmentait que très peu par rapport à celui de la Favorit.
Associée à l’espace généreux disponible aux places arrière, cette voiture était pour Skoda « le rêve de tous les propriétaires de chalets et de maisons de campagne ». Bien que les Tchèques aient pris goût à ce loisir pendant la période de la « normalisation », Skoda n’avait pas été en mesure de leur proposer longtemps un modèle adapté. La gamme 1202 avait disparu au début des années 1970 et, depuis lors, aucun break frappé de la flèche ailée n’était apparu dans la gamme, jusqu’à l’arrivée de la Forman, qui allait inaugurer l’ère des petits breaks de Mlada Boleslav. Autre première pour la voiture : elle fut la première Skoda entièrement nouvelle présentée après le changement de régime politique intervenu en Tchécoslovaquie en novembre 1989.
La présentation de septembre 1990 fut suivie du début de la production à l’usine de Vrchlabi à l’automne de la même année. Jusqu’en décembre, cependant, seules quelques centaines de voitures furent produites, et elles furent en outre principalement livrées aux services de sécurité. La production à pleine cadence ne démarra que l’année suivante. Un détail de fabrication aujourd’hui encore unique, mais aussi bien connu, est le hayon, identique sur la berline à hayon et sur le break.
La base technique du break était donc celle de la Favorit, tout comme le moteur utilisé. Ce quatre-cylindres en aluminium à distribution OHV et carburateur affichait une cylindrée de 1,3 litre et était proposé en deux versions. La version 135, moins puissante, développait 58 ch, tandis que la version 136, dotée d’un taux de compression plus élevé, disposait de 62 ch. Les deux motorisations étaient associées à une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports et à une transmission aux roues avant. Il ne s’agissait toutefois pas de véritables bolides : la vitesse maximale se situait autour de 140 km/h.
Deux niveaux de finition étaient proposés : L et LS. Le second était logiquement le plus intéressant en termes d’équipement, puisqu’il offrait notamment des antibrouillards, un essuie-glace et un lave-glace arrière, des sièges plus confortables avec une sellerie de meilleure qualité ainsi que des dossiers de sièges arrière rabattables en deux parties.
Ainsi, en septembre 1992, par exemple, la Forman 135 L de base était vendue, selon le catalogue de l’époque, 173,550 couronnes, tandis que la version 135 LS coûtait 198,350 couronnes. À titre de comparaison, le salaire brut moyen s’élevait en 1992 à 4,644 couronnes.
En 1992, la Forman avait déjà bénéficié d’une première modernisation, à l’instar de la Favorit au cours de l’année 1991, après le rachat de Škoda par Volkswagen. Le changement visuellement le plus évident était la nouvelle calandre, dont le logo était désormais placé au centre. La qualité de fabrication, jusque-là assez fluctuante, s’améliora également progressivement.
L’année 1991 avait également apporté, parallèlement à cette modernisation, la version 135 Ecotronic, identifiable à la petite lettre « e » ajoutée après le niveau de finition. Sa principale modification résidait dans l’installation d’un carburateur à commande électronique associé à une sonde lambda et à un catalyseur, ce qui permettait à la voiture de satisfaire à la norme Euro 1. La puissance était toutefois ramenée à 54 ch et ce modèle plus écologique était principalement destiné à l’exportation.
La version Ecotronic disparut finalement de la gamme après 1992. En effet, en 1993, la Forman subit, avec la Favorit, une importante modernisation. Selon une publicité devenue presque culte aujourd’hui, pas moins de 548 modifications auraient été apportées. La calandre fut une nouvelle fois redessinée, les pare-chocs furent modifiés, des renforts de portes furent ajoutés, les voies furent élargies et l’habitacle adopta une nouvelle couleur noire.
Surtout, les moteurs abandonnèrent leur carburateur - ces versions ne furent désormais proposées que sur certains marchés étrangers - au profit d’une injection de carburant monopoint Bosch. Cette évolution réduisit la consommation et modifia également les valeurs de puissance maximale : la version 135 développait désormais 54 ch, tandis que la 136 atteignait 68 ch. Les appellations des niveaux de finition furent également modifiées. La version L devint LX et la LS devint GLX. Une lettre supplémentaire dans la désignation indiquait alors également la présence du moteur le plus puissant.
En 1993, Skoda construisit également un prototype de Forman équipé d’un moteur essence 1,6 litre bien plus puissant, développant 99 ch. Avec ce moteur, la voiture atteignait jusqu’à 200 km/h, tandis que ce groupe devait à l’origine être installé dans la future Felicia. Le 1,6 litre fit effectivement son apparition sur celle-ci, mais avec une puissance de 75 ch et en provenance des stocks de Volkswagen. Quant à cette Forman spéciale, elle reçut, outre son moteur différent, une sellerie en cuir, des jantes en alliage et un ensemble de quatre projecteurs circulaires à l’avant.
Au cours du second semestre 1994, la Forman 135 LX était, toujours selon le catalogue de l’époque, vendue 239,400 couronnes. La production de la voiture prit finalement fin durant ce même second semestre 1994. Selon les données publiées dans le livre « Skoda – auta znama i neznama » (« Skoda – les voitures connues et inconnues »), écrit par Mario René Cedrych et Lukas Nachtmann, un total de 223,059 Skoda Forman furent produites, toutes versions confondues.
Parallèlement au modèle particulier classique, deux versions utilitaires dérivées furent également produites. La Praktik était un break, mais uniquement doté de sièges avant. Derrière ceux-ci se trouvait une cloison séparant l’habitacle de l’espace de chargement. Cette voiture ne possédait même pas de vitres latérales arrière, mais il était néanmoins possible d’accéder au compartiment de chargement par les portes latérales arrière. Une autre variante de la Forman, baptisée Forman Plus, dérivait du break Praktik et recevait une cellule en polyester stratifié qui augmentait la hauteur totale de la voiture.
La Forman se déclina également en toute une série de versions spéciales. Parmi elles figuraient par exemple les Marathon ou Excellent, réservées au break et apparues avant la grande modernisation de 1993. Après celle-ci, la Forman eut notamment droit aux séries spéciales Silver Line, Black Line, Green Line et Solitaire. En 1994, la version Milion Edition fut produite à 490 exemplaires pour célébrer le millionième exemplaire fabriqué de la famille Favorit. C’est justement avec les séries spéciales que le prix de la Forman frôla la barre des 300,000 couronnes.
Pour terminer, voici encore quelques anecdotes liées à la Forman. En Grande-Bretagne, le break était commercialisé sous le nom de Favorit Estate, tandis que la version Praktik y reçut l’appellation Freeway Plus. Skoda elle-même construisit en 1990 un prototype de Forman baptisé Varia, qui se caractérisait par une extension de la partie arrière de la carrosserie et par un hayon différent. Cela permettait d’obtenir un volume de coffre légèrement supérieur.
Enfin, au cours du premier semestre 1994, la société Metalex transforma près de 1,400 Forman en véhicules utilitaires de type Pick-up D.C., c’est-à-dire dotés d’une double cabine et d’une petite benne ouverte derrière celle-ci. Comme l’explique le livre « Metalex : cesky vyrobce sportovnich automobilu a motocyklu » (« Metalex : le constructeur tchèque de voitures et de motos de sport »), écrit par Marcel Gause, ces véhicules étaient équipés sous le capot de la version à carburateur du moteur 1,3 litre développant 58 ch et étaient destinés au marché syrien.
C’est en effet un client de ce pays qui avait commandé ces véhicules. En exploitant différentes dispositions du droit, Metalex réussit à faire bénéficier la voiture, pendant ce semestre, d’un taux de droits de douane inférieur, ce qui permit également d’en réduire le prix. Aujourd’hui, on peut encore tomber de temps à autre sur ce pick-up équipé d’une bâche couvrant la benne, ce qui lui donne l’apparence d’une berline.
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Adaptation VG