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Elle coûtait autant que la moitié d’une Corsa ou d’une Clio. Et c’était son principal atout. La Tavria - puisqu’il s’agit d’elle – malgré certains « défauts », se vendait donc plutôt bien en Pologne. Et à partir du milieu des années 1990, elle a également été produite dans le pays, ou plus précisément assemblée, avec une part croissante de composants polonais. La naissance et les détails de ce projet, ainsi que la voiture elle-même, ont été décrits par le magazine Motor dans son numéro 30 de 1995.

Pour le prix d’une Opel Corsa 1,2 l ou d’une Renault Clio 1,2 l, on peut acheter deux Tavria. À l’heure actuelle, la voiture ukrainienne est à peine plus chère que le vénérable « Maluch », c’est-à-dire la Polski-Fiat 126p, et déjà nettement moins chère que la Cinquecento 704. Cela explique pleinement pourquoi on observe une forte demande, malgré le fait que tout le monde soit conscient que la fiabilité de cette voiture laisse parfois à désirer.

La Tavria, désignée en usine sous le nom de ZAZ-1102, est arrivée sur le marché polonais grâce à la société DAMIS Motor Poland, créée en 1993 comme continuatrice des activités (dans le domaine automobile) de la société à responsabilité limitée DAMIS. Rappelons que DAMIS vendait des Polonez depuis 1989 et, à partir de 1991, avec un grand succès, des Maruti 800 indiennes.

À la fin de 1993, un accord a été signé avec des partenaires ukrainiens pour la vente des Tavria, ainsi qu’un second concernant la fourniture de sous-ensembles destinés à l’assemblage de ces véhicules en Pologne. L’usine d’assemblage a démarré au début de cette année dans un bâtiment acheté à cet effet, à Lodz.

Dès le 9 juin, le 1 000ème véhicule en est sorti, ce qui a garanti à l’entreprise une exonération de droits de douane. Quelques jours plus tard, un contrat a été signé pour l’assemblage industriel de la Tavria en Pologne jusqu’en l’an 2000. Il est prévu que 3,500 véhicules sortent cette année de l’usine de Lodz. Elle emploie 70 personnes, capables d’assembler jusqu’à 350 voitures par mois.

L’assemblage s’effectue selon un système en îlots, sur quatre postes. La méthode d’assemblage a été élaborée sous la direction de représentants de l’usine de Zaporojié, qui supervisent également le travail.

La part de main-d’œuvre polonaise est faible, car des carrosseries complètes arrivent à Lodz - peintes et avec l’aménagement intérieur - et les boîtes de vitesses ainsi que les suspensions sont également livrées complètes. Cependant, la proportion d’éléments polonais ne cesse d’augmenter.

D’ores et déjà, proviennent d’usines polonaises par exemple la bobine et les bougies d’allumage, la batterie, les pneus, le thermostat ainsi que des éléments en caoutchouc. Les enjoliveurs de roues polonais se sont révélés plus esthétiques que les ukrainiens, et l’huile moteur polonaise est également de meilleure qualité.

Les difficultés de coopération avec la Russie incitent les Ukrainiens à chercher à élargir la liste des pièces polonaises montées sur la Tavria. Celle-ci sera présentée ultérieurement, mais on sait déjà qu’y figureront notamment l’alternateur, le démarreur, des relais électriques et le radiateur.

On constate que l’on parle avant tout d’éléments polonais de l’installation électrique, mais l’« électricité » est justement sans doute le point le plus faible du véhicule ukrainien.

À Lodz, deux versions de la Tavria sont produites, appelées Standard et Lux. La seconde est plus chère d’environ 1,000 zlotys ; elle dispose notamment d’une assistance de freinage, d’un tableau de bord et d’un volant plus esthétiques. En plus des voitures particulières, une version « fourgon » est également assemblée de manière occasionnelle.

Depuis le 1ᵉʳ juillet, la voiture est équipée d’un catalyseur tchèque à trois voies, qui, paraît-il, devra être remplacé plus fréquemment que dans d’autres voitures. En effet, l’injection de carburant n’a pas été adoptée : le système d’alimentation repose toujours sur un carburateur, le même que jusqu’à présent.

Les modifications introduites suffiraient néanmoins à maintenir les émissions à un niveau jugé satisfaisant, le distributeur polonais de la Tavria s’appuyant sur certaines études tchèques et françaises.

Légende des photos :

  • La ZAZ-1102 Tavria est une voiture que l’on peut qualifier de conception déjà classique : traction avant et carrosserie trois portes de type hatchback.
  • Ces deux voitures ont participé au 52ème Rallye de Pologne en juin ; l’une a connu une panne, tandis que l’autre a atteint l’arrivée à la 3ᵉ place dans la catégorie jusqu’à 1,300 cm3.
  • Dans la version « fourgon », la Tavria peut transporter deux personnes et 300 kg de charge.

Lu sur : https://magazynauto.pl/wiadomosci/tavria-z-lodzi-blaski-i-cienie-montowanego-w-polsce-modelu-zaz-1102-motor-nr-30-1995,aid,5504
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #ZAZ, #Tavria, #Damis, #Export, #Pologne