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« Donnez-nous plus de puissance ! ». Ces mots, on peut les entendre chez presque tous les propriétaires de Niva. Malgré un amour sincère pour leur voiture, tous ressentent le manque de puissance.

La situation est particulièrement critique pour la Niva Travel, plus lourde : avec le moteur « Jigouli », elle n’avance qu’avec le vent dans le dos. C’est donc logiquement la Niva Travel qui est la première à recevoir le nouveau moteur 1,8 l. Mais le gain de puissance n’est que de… sept chevaux ! Tout ça pour ça ?

Le moteur de la Niva est-il vraiment nouveau ? Oui… et non. Lada ne proposait pas auparavant de moteur 1,8 l huit soupapes développant 90 ch. Mais il n’a pas été créé pour autant en partant de zéro. Le bloc-cylindres « 193 » provient du moteur 16 soupapes de la Vesta. La culasse 11182 vient du moteur 1,6 l huit soupapes. Le tout est le fruit d’une longue évolution du moteur VAZ-2108 datant du milieu des années 1980.

À la place de la chaîne de distribution, on trouve désormais une courroie, avec son carter bien visible à l’avant du moteur. Intervalle de remplacement : tous les 60,000 km ! La chaîne n’était pas éternelle non plus, et il fallait surveiller sa tension. De toute façon, même en cas de rupture, il n’y aura pas de catastrophe : le moteur est dit « non-interférentiel », les pistons comportant des évidements pour les soupapes.

Ce qui m’inquiète davantage, c’est le passage de gués : le carter plastique laissera-t-il passer l’eau ? Quant à la climatisation, aucun doute : lors d’un bain, mieux vaut la couper, le compresseur étant situé très bas.

D’ailleurs, la disposition des accessoires est curieuse. En raison de l’orientation initialement transversale du moteur (alors qu’il est monté longitudinalement dans la Niva), il a fallu créer un support séparé pour l’alternateur, la pompe de direction assistée et le compresseur de climatisation.

Le changement de moteur a entraîné d’autres modifications. La barre stabilisatrice avant a gagné en diamètre et a été déplacée vers l’avant. Elle ne sert plus de support au différentiel avant, lequel est désormais soulagé de cette contrainte. Pour encaisser le couple supérieur, le différentiel arrière a été renforcé, avec de nouveaux arbres de roues. Les pignons de la cinquième vitesse ont été remplacés.

À l’avant : nouveaux porte-fusées avec rayon de pivot négatif et roulements non réglables (enfin !), nouveaux ressorts et amortisseurs. À l’arrière : nouveaux réglages d’amortisseurs. Les disques de frein avant ont grandi en diamètre, sont désormais ventilés et associés à des étriers à support flottant.

Tout cela valait-il la peine pour seulement sept chevaux de plus ? Oui, sans hésiter. Car l’essentiel, c’est le couple ! Le nouveau moteur délivre plus de 150 Nm, avec une poussée uniforme sur toute la plage de régime. Dès un régime proche du ralenti, le couple atteint 127 Nm — autant que l’ancien moteur à son maximum !

Si les accélérations restent comparables (le 0-100 km/h est plus rapide de deux secondes), l’élasticité y gagne beaucoup. Il n’est plus nécessaire de rétrograder d’un ou deux rapports pour accélérer. On peut passer la cinquième à 60 km/h et continuer à accélérer, même dans les côtes. Les pignons de cinquième ont été renforcés pour supporter les régimes élevés liés au couple accru.

La Niva a toujours excellé en tout-terrain. Mais auparavant, elle manquait parfois non pas de motricité, mais de puissance : même avec la gamme courte, le moteur n’était pas assez coupleux pour évoluer en douceur. Désormais, la voiture peut non seulement passer en force (elle en est encore capable), mais aussi ramper. Étonnamment, en gamme courte, la Niva continue de grimper une forte pente même en quatrième, tant que les pneus accrochent. On a l’impression de disposer d’un véritable régulateur de vitesse tout-terrain !

La principale nouveauté extérieure est l’arrivée de phares à LED, disponibles dès la finition intermédiaire Life. Ce sont eux qui expliquent en grande partie la hausse de prix. En feux de croisement, les LED éclairent une fois et demie plus loin et beaucoup plus large que les halogènes. En feux de route, la portée atteint 230 m. La différence est flagrante : l’éclairage est bien plus agréable et efficace. Les phares sont produits par l’entreprise de Togliatti Lighting Solutions, implantée dans une zone économique spéciale. Tout est fabriqué sur place : composants internes, moulage du boîtier, assemblage.

Toutes ces évolutions méritent la note maximale. Même l’habitacle, déjà dépassé à son lancement, n’a pas réussi à gâcher l’impression générale. Mais la Niva Travel est restée elle-même tout en gagnant de nouvelles qualités : elle est plus rapide, plus puissante, plus silencieuse, et consomme moins. Seul le prix a augmenté - modérément.

La Lada Niva Travel actualisée coûte entre 1,4 million de roubles en version de base et 1,7 million pour la Techno. La hausse se situe entre 50,000 et 150,000 roubles selon la finition. On attend maintenant ce moteur sur la version trois portes, c’est-à-dire la Niva Legend !

Légende des photos : 

  • Lada Niva Travel : prix en Russie à partir de 1,384,000 roubles.
  • En héritant de la culasse « 182 », la Niva récupère aussi un réglage des soupapes complexe : par sélection de la hauteur des poussoirs avec dépose de l’arbre à cames. Peu de conducteurs apprécieront.
  • Sur le côté gauche du moteur est apparue une « tour » regroupant trois accessoires.
  • La barre stabilisatrice à l’avant a été déplacée sous le pare-chocs. Elle est devenue plus épaisse et ne travaille désormais qu’en torsion, alors qu’auparavant elle était aussi sollicitée en flexion.
  • Disques de frein avant ventilés de 282 mm, étriers flottants comme sur la Vesta. Dans la version haut de gamme Techno, des roues de 17 pouces sont disponibles.
  • L’intérieur, fidèle au biodesign des années 1990, ressemble à un vestige du passé.
  • Le système multimédia EnjoyPro est simple mais agréable et facile à utiliser. Il intègre les services connectés Yandex.
  • La sellerie en tissu reste néanmoins plus agréable que le similicuir, caractéristique du passé récent.
  • Tout en conservant son incroyable robustesse sur routes dégradées, la Niva Travel est devenue plus plaisante à conduire sur l’asphalte.

Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/975285-nuzhnyj-moment/
Adaptation VG

Tag(s) : #Lada, #Niva, #Travel, #Nouveauté, #Essai