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En plein été marqué par des affrontements de type David contre Goliath à la Coupe du monde, nous avons organisé notre propre duel insolite. Nous avons opposé une Lamborghini, une Ferrari et une Porsche à un SUV Skoda dans une course d'accélération en ligne droite. L’outsider pouvait-il créer la surprise ?
L'une des remarques que les nouveaux conducteurs de véhicules électriques font plus que toute autre lorsqu'ils découvrent leur voiture est : « Elle est rapide, n'est-ce pas ? ». Les voitures électriques délivrent instantanément tout leur couple si bien que des modèles familiaux affichent aujourd'hui des accélérations de 0 à 100 km/h comparables à celles dont se vantaient autrefois les sportives compactes.
Passionné d'automobile depuis toujours, j'ai toujours considéré ces chiffres d'accélération comme un bon indicateur du caractère enthousiasmant - ou au contraire ennuyeux - d'une voiture. Lorsque j'ai débuté dans le journalisme, je m'occupais des pages techniques du magazine What Car?, ce qui m'avait permis d'acquérir une connaissance presque encyclopédique des performances des automobiles et, de façon un peu moins passionnante, du prix des peintures métallisées en option.
Mon propre parcours automobile pourrait d'ailleurs se raconter au travers des temps de 0 à 100 km/h. Ma première Datsun, un peu rouillée, accomplissait l'exercice en une quinzaine de secondes, mais avec une sonorité qui donnait l'impression qu'elle allait bien plus vite (je n'ai d'ailleurs jamais réparé son échappement). Puis vint une Mazda 323, capable de réaliser le même exercice en environ 13,5 secondes… et sans doute un peu plus lentement à cause de l'aileron arrière que j'avais inexplicablement décidé de fixer sur le coffre.
Je suis véritablement entré dans la cour des grands en 1988 lorsque j'ai acheté ma première voiture neuve : une Citroën AX GT. Oui, cette légendaire petite GTI légère qui passait de 0 à 100 km/h en seulement 8,8 secondes. À l'époque, cette voiture me semblait incroyablement rapide.
Mais je convoitais déjà quelque chose d'encore plus spécial. Il m'a fallu deux ans pour économiser… ou, plus exactement, convaincre ma banque de me prêter suffisamment d'argent. En décembre 1990, j'ai enfin pris livraison de celle qui faisait ma fierté : une Lotus Elan SE Turbo bleu acier, capable d'abattre le 0 à 100 km/h en 6,7 secondes. Quelle voiture ! Et aujourd'hui encore, j'essaie de retrouver sa trace pour la racheter, si jamais quelqu'un sait où elle se trouve.
Bien entendu, des posters de voitures recouvraient les murs de ma chambre aux côtés de ceux de Kylie Minogue. La Lamborghini Countach et la Ferrari Testarossa figuraient parmi mes préférées. Et j'étais ce gamin qui, dans les salons automobiles, bavait presque devant leurs capots dès qu'il pouvait s'en approcher.
Au fil de ma carrière, j'ai eu la chance de conduire de nombreuses supercars et de mesurer moi-même leurs performances d'accélération dans le cadre de mes essais pour différents magazines automobiles. Mais cela faisait longtemps que je n'avais plus participé à une véritable course d'accélération sur une piste… jusqu'à aujourd'hui.
Il y a quelque temps, j'avais écrit un article sur le nouveau SUV familial électrique de Skoda, l'Enyaq. Sa version sportive, l'Enyaq vRS, annonçait un 0 à 100 km/h en 5,4 secondes, un chiffre qui m'avait immédiatement rappelé celui de la Lamborghini Countach LP400 originelle !
Cette remarque a manifestement fait germer une idée chez quelqu'un de Skoda, car environ un an plus tard, j’ai reçu un appel : « Ça vous dirait de vérifier si une Skoda peut réellement être plus rapide qu'une supercar ? »
Le projet consistait à opposer la toute nouvelle Skoda Elroq vRS à une Lamborghini Countach, une Ferrari Testarossa et même une Porsche 944 Turbo. Pour être honnête, je n'avais même pas attendu qu'on évoque la Porsche pour répondre oui… même s'il y avait un détail : je piloterais la Skoda.
Me voilà donc en route vers l'aérodrome de Dunsfold, dans le Surrey - célèbre pour accueillir la piste d'essai de Top Gear - pour ce qui s'est révélé être la journée la plus chaude de l'année. Et là, m'attendaient trois des voitures les plus mythiques de mes rêves !
La Lamborghini Countach était une spectaculaire version 25e Anniversaire, peinte en orange vif. Son V12 de 5,2 litres développait 449 ch, 500 Nm de couple et lui permettait d'atteindre 299 km/h. À ses côtés se trouvait une Porsche 944 Turbo. Son quatre-cylindres 2,5 litres ne développait « que » 217 ch, mais elle compensait par un poids nettement plus contenu. Sa vitesse maximale atteignait 261 km/h. Enfin, la Ferrari. La magnifique teinte bronze métallisée de cette Testarossa n'était peut-être pas une couleur d'origine Ferrari, mais la voiture était absolument superbe. Sur le papier, c'était la plus rapide du groupe au départ arrêté : son moteur douze cylindres à plat de 5 litres développait 385 ch et 490 Nm de couple.
Chaque conducteur - qui était également propriétaire de sa voiture - rappela très clairement que je serais au volant de la Skoda. Je fus donc conduit vers l'Elroq vRS, la Skoda de série la plus rapide jamais produite, forte de 336 ch grâce à son moteur électrique alimenté par une batterie de 84 kWh. À elle seule, cette version vRS est une voiture remarquable, aussi séduisante que les Skoda modernes savent l'être. Mais ce SUV familial à cinq portes se retrouvait garé à côté de trois supercars de légende… un contexte difficile pour n'importe quelle voiture contemporaine.
Le défi était simple : une course d'accélération sur la piste de Dunsfold. Nous nous alignions sur la ligne de départ pendant que notre commissaire, Pietro - qui n'avait d'ailleurs même pas de drapeau - lançait le compte à rebours.
Installé dans la Skoda, j'étais légèrement nerveux quant au résultat. Ma température montait presque autant que celle du bitume. J'appuyai sur le bouton des modes de conduite, sélectionnai le mode Sport, gardai le pied gauche sur le frein, le pied droit prêt à écraser l'accélérateur… et j'attendis. Trois… Deux… Un… Partez !
Ce n'était certes pas l'extinction des feux à Monaco, mais je suis parti sans le moindre drame, simplement avec énormément de vitesse. Je restais concentré sur la piste devant moi lorsqu'un détail attira mon regard dans le rétroviseur extérieur : une Lamborghini orange était en train de disparaître derrière moi. Je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule : la Ferrari était elle aussi largement distancée. Quant à la Porsche… je ne sais toujours pas où elle était passée. La pauvre.
Mes héros venaient de se faire humilier par une Skoda. J'ai ressenti un peu la même déception que le jour où j'ai rencontré l'un de mes héros musicaux des années 1980 et découvert qu'il avait une poignée de main toute molle.
Puis je suis revenu à la réalité. J'étais au volant d'un SUV électrique Skoda moderne qui venait non seulement de ridiculiser plusieurs supercars, mais qui l'avait fait lors de la journée la plus chaude de l'année… avec la climatisation en marche ! J'ai décidé de célébrer cela en écoutant un peu de Shania Twain grâce à l'excellent système audio Canton via Apple CarPlay. Impossible de profiter de ces deux luxes dans aucune des autres voitures !
Pour en avoir le cœur net, nous avons répété l'expérience à deux reprises : une première fois avec un départ lancé afin de laisser une chance aux boîtes de vitesses manuelles des supercars, puis une seconde fois où la Lamborghini et la Ferrari sont même parties avant le signal, dès que Pietro avait prononcé « deux ». Et pourtant, la Skoda a remporté toutes les manches.
Sur le papier, l'Elroq réalise le 0 à 100 km/h en 5,4 secondes, soit 0,1 seconde de plus que la Ferrari, mais 0,2 et 0,3 seconde de moins que la Lamborghini et la Porsche. Sur la piste, son avantage était encore plus net.
C'est cela, le progrès, sans doute, et l'un des grands avantages de la propulsion électrique. D'ailleurs, si l'on regarde aujourd'hui la liste des voitures les plus rapides du monde, la McMurtry Speirling électrique abat le 0 à 100 km/h en seulement 1,4 seconde, tandis que la très séduisante Lucid Air Sapphire - une grande berline électrique - descend elle aussi sous la barre des deux secondes.
La Tesla Model S Plaid passe également sous les deux secondes. Un jour, j'avais plaisanté avec Elon Musk en lui disant qu'un jour ses voitures seraient si rapides qu'elles arriveraient avant même d'être parties. Il m'avait lancé ce regard qui laissait penser qu'il faisait déjà le calcul dans sa tête.
Pour l'instant, en tout cas, la Skoda a remporté ce duel entre les supercars et un SUV. Et ses qualités vont bien au-delà d'une simple accélération sur une piste : dans cette partie de Top Trumps grandeur nature, elle a remporté la victoire haut la main.
Légendes des photos
- Supercars contre Skoda : j'ai participé à la Coupe du monde des courses d'accélération.
- Contrairement aux conducteurs de la Lamborghini, de la Ferrari et de la Porsche, j'avais la climatisation et Shania Twain dans ma voiture.
- Le SUV électrique Skoda Elroq vRS s'aligne face à la légendaire Lamborghini Countach.
- Le Skoda Elroq vRS a même devancé une Ferrari Testarossa lors de notre course d'accélération.
- Voir une Lamborghini et une Ferrari dans les rétroviseurs d'un SUV Skoda Elroq était un spectacle pour le moins insolite.
- Le Skoda Elroq vRS face à ses rivales sur la piste d'essai de Top Gear, à l'aérodrome de Dunsfold, dans le Surrey.
Lu sur : https://www.independent.co.uk/cars/electric-vehicles/skoda-vs-supercars-drag-race-b3008588.html
Adaptation VG