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La Yugo était un outsider automobile qui n’a jamais cherché la vitesse, l’élégance ou l’innovation technologique. Son objectif était simple : être accessible à tous. Avec le recul, la Yugo était un produit à moitié abouti, mais qui dégageait, à son époque, un immense optimisme. C’est pourquoi chaque retour sur cette voiture est intéressant, y compris celui-ci réalisé par un journaliste italien.

Mais avant de passer au court essai réalisé par Motor1 Italia dont vous découvrirez la vidéo ci-dessous et la transcription ci-dessous, rappelons que la genèse de la Zastava Yugo remonte à 1971, lorsque la direction de Zastava lance un projet ambitieux : créer une voiture qui comblerait le vide entre la Fica et la Stojadin. Les sept années de développement aboutirent en 1978, lorsque Josip Broz Tito vit le prototype du futur modèle Zastava 102. Un an plus tard, parmi 3.000 propositions de citoyens, fut retenu un nom qui entrerait dans l’histoire : Jugo. Rapidement pour l’international, Jugo devint Yugo, même si cela était probablement prédestiné, la voiture ayant été développée sous le nom de code « Y ».

La base technique de la Yugo 45 était la Fiat 127, lauréate du prestigieux prix de « Voiture européenne de l’année 1972 ». Les ingénieurs de Kragujevac conservèrent la base mécanique mais raccourcirent l’empattement et redessinèrent complètement l’extérieur. Le résultat fut un véhicule que le magazine Auto Svet qualifia en 1980 de « coup dans le mille » : une voiture économique arrivée au moment parfait, en pleine crise énergétique.

Bien qu’arrivé à une époque où l’Europe était technologiquement bien plus avancée que la Yougoslavie, la Yugo entra en production en série en novembre 1980 et resta dans l’usine de Kragujevac jusqu’en novembre 2008. Le temps l’avait dépassée dès le départ, mais la Yugo motorisa l’ancienne Yougoslavie - et alla même bien au-delà, rapporte le site Klix.ba.

Ainsi, entre 1980 et 2008, près de 800.000 véhicules furent produits à Kragujevac, y compris la Yugo Cabrio (présentée en 1988), et la légende survécut à la Yougoslavie elle-même. La Yugo conquit également des marchés internationaux, et son plus grand succès fut obtenu aux États-Unis où, de 1985 à 1992, 141.651 unités furent vendues. Malgré les critiques sur le design, la sécurité et le manque de fiabilité, la Yugo acquit un statut culte aux États-Unis, devenant un élément de la culture moderne.

Ainsi, 17 ans après la fin de sa production, la Yugo se retrouve à nouveau sur un court essai en Italie, qui commence ainsi…

Zastava Yugo : test de la voiture à 3.990 dollars.

La voiture la plus laide du monde, la moins fiable, la moins sûre… et la moins chère d’Amérique ! Voilà ce qu’est la Yugo (et bien plus encore) !

Vous vous trouvez à la Loh Collection, autrement dit au Nationales AutoMuseum, devant tant de beauté et un palmarès sportif inestimable… et soudain, les organisateurs vous proposent de conduire pendant une petite demi-heure une Yugo. Et vous, qu’auriez-vous fait ? Ma réponse est dans la vidéo…

Comme ce n’est pas un petit véhicule très connu, mes brèves notes historiques sont cette fois nécessaires ! Ce petit bonbon rouge tout carré vient de Yougoslavie, quand on l’appelait encore Yougoslavie, car aujourd’hui ce serait la Serbie. Produite par Zastava, une usine d’armes et de machines pour ateliers mécaniques fondée en 1851, la Yugo a été fabriquée - selon Wikipédia - à 794,428 exemplaires entre 1981 et 2000, même dans une rare version cabriolet au parfum de Fiat Ritmo.

Clone de la Fiat 127, la Yugo fut la première voiture produite en Europe de l’Est à être exportée aux États-Unis pendant la guerre froide, une idée à la fois géniale et folle. Proposée à 3,990 dollars, elle coûte moins qu’une moto de grosse cylindrée et moins qu’un réfrigérateur de luxe. C’est « la voiture la plus économique d’Amérique » et entre 1985 et 1992 il s’en vend 140,000 exemplaires, mais sa fiabilité limitée et ses performances à la limite du comique en firent un objet de moquerie.

La critique finit par la démolir : Car and Driver la classe parmi les pires voitures jamais testées, tout comme Consumer Reports, mais malgré cette mauvaise réputation, Innocenti la fait tout de même arriver en Italie sous le nom de Koral entre 1991 et 1993.

La regarder aujourd’hui suscite presque de la tendresse. La Yugo est un parallélépipède sur quatre roues : longue d’un peu plus de trois mètres et demi, large comme une citadine actuelle, haute juste ce qu’il faut pour accueillir quatre adultes. Ses lignes sont celles de l’école Fiat des années 70 : anguleuses, honnêtes, sans fioritures. C’est le genre de voiture que personne ne remarque dans la rue… jusqu’au moment où elle s’arrête devant vous avec le capot fumant. 

À l’intérieur, ce n’est guère mieux : tôle fine, peinture bon marché et plastiques aussi durs qu’une brique Lego laissée trois hivers dans le jardin. Pourtant, elle a un charme naïf : modeste, oui, mais attachante.

Jeremy Clarkson, dans un très ancien épisode de Top Gear, a déclaré que la Yugo était « un endroit où personne ne voudrait passer plus d’une demi-heure de sa vie ». Sans climatisation, elle devient un four l’été. Et si la clim avait été installée, elle aurait probablement absorbé la moitié de sa puissance déjà très limitée.

Au fil des années, la version la plus performante fut un 1.3 essence de 65 ch, mais la protagoniste ici est équipée d’un quatre-cylindres de 903 cm³ et 45 ch issu de la Fiat 127. Légère comme une plume (seulement 800 kg), faible consommation, mais des performances « enthousiasmantes »... littéralement : 0-100 en plus de 15 secondes, vitesse maximale 130 km/h, mais avec plus d’adrénaline que de sécurité.

L’expérience de conduite est la suivante : direction lente, suspension souple, freins corrects mais vite fatigués. En ville, elle est supportable, mais sur autoroute - j’imagine - qu’elle « tient », mais reste bruyante, maladroite et instable. Sa force passée et présente est sa mécanique simple, réparable avec un tournevis et un marteau, accessible à tous.

La Yugo ne sera jamais considérée comme un chef-d’œuvre d’ingénierie, mais elle a eu un mérite immense : elle a motorisé des millions de personnes qui, pour la première fois, pouvaient s’offrir leur propre voiture, démocratisant une partie de ma mobilité aux États-Unis dans un contexte de marché (et politique) très difficile. C’était un moyen d’aller du point A au point B… tant que rien ne tombait en panne entre les deux.

Lu sur :
https://autoblog.rs/blog/auto/zanimljivosti/2025/09/21/motor1-italia-testirao-yugo
https://it.motor1.com/reviews/772749/zestava-yugo-fiat-127-usa/
Adaptation VG

Tag(s) : #Yugo, #Essai, #Italie, #Vidéo