Overblog Tous les blogs Top blogs Automobiles & Véhicules
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Depuis la fin des années 1960, l’usine AZLK (Usine automobile du Komsomol Lénine) travaillait sur une voiture destinée à s’intercaler entre les modèles VAZ et la Volga. Comme point de départ du projet, les ingénieurs avaient choisi la Simca 1308 du département européen de Chrysler, élue « Voiture européenne de l’année 1976 ». Il ne s’agissait toutefois pas de copier ce modèle. Au final, la Moskvitch et la Simca ne se ressemblent guère que par leur silhouette générale et leur traction avant.

Le prototype du nouveau modèle, équipé d’un moteur de Moskvitch-412 monté longitudinalement, était déjà prêt en 1977. L’année suivante fut présenté un prototype amélioré, le modèle 2141-S7. La version définitive, la Moskvitch-2141, fut dévoilée en 1985 et sa production débuta au début de l’année 1986. Au cours de cette première année, 313 exemplaires furent assemblés. La production de masse du modèle ne commença réellement qu’en 1989.

À l’origine, la nouvelle famille Moskvitch devait comprendre la berline bicorps Moskvitch-2141, la berline tricorps Moskvitch-2142 et le pick-up Moskvitch-2335. Pour ces modèles, toute une gamme de moteurs essence et diesel avait été conçue, comprenant notamment les moteurs AZLK-21415, AZLK-21416 ainsi que le turbodiesel AZLK-21413. Afin de les produire, AZLK construisait sa propre usine de moteurs. Mais la crise économique qui éclata à cette époque empêcha l’achèvement du projet et les équipements déjà installés furent progressivement démantelés.

Les Moskvitch furent donc équipées de moteurs à carburateur de 1,500 cm³, puis à partir de l’été 1994 de moteurs de 1,700 cm³, avant l’apparition d’une version de 1,800 cm³. Plus rarement, on rencontrait également des 2 litres produits par l’usine de moteurs d’Oufa ainsi que des moteurs VAZ. La transmission était assurée par une boîte manuelle à cinq rapports.

En 1997, la Moskvitch-2141 reçut une face avant modernisée avec des phares plus étroits, un moteur Renault de 2 litres développant 113 ch, l’indice Moskvitch-214145 et une nouvelle appellation : « Sviatogor ». Le modèle bénéficiait également d’un embrayage Valeo plus robuste et d’un servofrein Lucas.

Cependant, la crise financière russe de 1998 rendit impossible l’utilisation de composants importés, le rouble s’étant brutalement déprécié. Il fallut revenir aux moteurs d’Oufa et de VAZ, mais leurs livraisons étaient elles aussi irrégulières. L’usine fut contrainte de réduire la production de tous ses modèles. On en arriva même à voir dans les concessions des voitures incomplètes. Même les commandes spéciales passées par la ville de Moscou ne suffirent pas à sauver la situation. En mars 2002, l’usine Moskvitch cessa définitivement ses activités.

Et pourtant, en 2007, alors qu’il ne restait pratiquement plus de Moskvitch en état de circuler, de véritables trésors furent mis en vente. Il s’avéra qu’un parc de taxis moscovite avait reçu en son temps de la municipalité un lot de Sviatogor jaunes fabriquées en 1999 et spécialement destinées au service de taxi. Sur un lot d’un peu plus d’une centaine d’exemplaires, la majorité des voitures n’avait jamais été exploitée.

Certaines étaient dotées d’un intérieur standard, tandis que d’autres recevaient un aménagement particulier dans lequel tous les sièges, à l’exception de celui du conducteur, étaient revêtus de similicuir. Toutes étaient équipées de feux verts ainsi que du câblage prévu pour le lumineux « Taxi » installé sur le toit. Elles partageaient également le même moteur VAZ de 1,6 litre.

La voiture visible sur les photographies de notre article provient précisément de ce lot. En 2007, son compteur n’affichait que 17 kilomètres ! Il faut toutefois préciser que les véhicules de cette série de taxis présentaient des niveaux d’équipement variables. Ils étaient chaussés de pneumatiques différents et il leur manquait souvent les bras d’essuie-glaces, les rétroviseurs ou encore la batterie. Tous étaient recouverts d’une épaisse couche de poussière, y compris sous le capot. Les sièges n’avaient été préservés que parce qu’ils étaient emballés dans des housses plastiques transparentes. En somme, le temps semblait s’être arrêté pour ces voitures. Les nouveaux propriétaires avaient cependant de quoi s’occuper.

Malgré son faible kilométrage - seulement 11,000 kilomètres aujourd’hui, la Sviatogor présentée ici a fait l’objet d’une restauration complète, comprenant les travaux de carrosserie, la remise en état mécanique ainsi que la réfection de l’installation électrique.

La remise en configuration d’origine n’a pas été simple. Il a notamment fallu retrouver les garnitures de coffre, le revêtement de moquette du compartiment à bagages, les bras d’essuie-glaces d’origine, l’isolation phonique d’époque ainsi qu’une multitude de petites pièces en plastique.

Les portières avant ont retrouvé leurs authentiques autocollants « Taxi », le célèbre lumineux a repris place sur le toit et l’habitacle est naturellement équipé d’un taximètre.

Aujourd’hui, cette voiture est complète à 99 %, parfaitement fonctionnelle s’est récemment rendue par ses propres moyens à un festival de véhicules anciens à Saint-Pétersbourg. Cette Sviatogor est désormais une véritable pièce de collection qui ne sort plus que pour participer à des expositions et des festivals.

Lu sur : https://auto.mail.ru/article/124511-moskvich-svyatogor-dlya-rabotyi-v-taksi-utselevshij-eksklyuziv/
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #Moskvitch, #Sviatogor, #Taxi