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Nous sommes en 2015. Valentin décide de s’initier aux courses de drift fsur glace. Pour cela, on achète généralement une vieille « Jigouli » bon marché. Son état peut alors se résumer à « pourvu qu’elle roule », puisque la carrosserie souffrira de toute façon pendant les séances d’apprentissage et les compétitions. C’est ainsi qu’une « Jigouli », une « Troïka » plus précisément (VAZ-2103), fraîchement repeinte à la bombe, est achetée pour seulement 30,000 roubles. 

Il s’avérera par la suite que ce prix particulièrement bas n’était pas dû au hasard. Tout d’abord, la voiture avait été déclarée destinée à la destruction. Pour pouvoir à nouveau l’immatriculer, son propriétaire a dû multiplier les démarches auprès de diverses administrations.

Ensuite, le coût des travaux nécessaires pour remettre la carrosserie en état s’est tout simplement envolé. Il fallait donc trouver une solution pour cette « Troïka », car cette voiture était désormais passée du statut de « petit amusement pour l’hiver » à celui d’automobile chère et précieuse aux yeux de son propriétaire.

Tout à fait par hasard, Valentin apprend qu’un de ses amis de Stavropol vend sa VAZ-2106, presque achevée dans un style stance. Une carrosserie fraîche et en bon état, de belles jantes, une suspension pneumatique. Sans trop réfléchir, la voiture est achetée et rejoint Moscou par la route. Mais une « Chesterka » reste une « Chesterka ». Sur le plan esthétique, Valentin préfère largement la « Troïka » soviétique. Il décide donc de réunir les deux voitures en prenant le meilleur de chacune.

Les travaux commencent par l’habitacle. Les sièges, la banquette arrière et le ciel de toit de la vieille « Troïka », remarquablement bien conservés, sont transférés dans la nouvelle voiture. Il y avait quelques doutes quant à la possibilité d’installer correctement le ciel de toit, car sur les « Jigouli » classiques, l’opération est loin d’être simple. Pour le remplacer, il faut déposer toutes les vitres et, de plus, sa mise en tension peut parfois s’avérer particulièrement délicate.

Les panneaux de porte dits « durs » de la VAZ-2106 sont partis à la poubelle et ont été remplacés par ceux, « souples », de la VAZ-2103, soigneusement restaurés. Une planche de bord absolument neuve provenant d’une « Troïka » a également été installée : celles-ci sont eux aussi considérées comme « souples ».

Impossible de ne pas remarquer les tiges de verrouillage des portes. Il s’agit d’un élément entièrement personnalisé : dans les années 1970-1980, ces pièces étaient fabriquées à la main et sont donc aujourd’hui considérées comme très rares. La « rose » attire également le regard : il s’agit d’un véritable pommeau de levier de vitesses soviétique fabriqué artisanalement, et non d’une reproduction chinoise moderne.

Le volant d’origine, en raison de ses dimensions énormes, semblait peu pratique au propriétaire. Il a donc cédé sa place à un volant japonais Raid à jante en bois. Pour s’accorder à la couleur de l’habitacle, un soufflet de levier de vitesses et un soufflet de frein à main ont été fabriqués sur mesure en similicuir.

La voiture a été conservée au plus près de l’apparence des “Troïka” soviétiques. Les ailes, les pare-chocs avant et arrière, ainsi que les phares et les feux proviennent tous d’une VAZ-2103. Certaines pièces ont été récupérées sur l’ancienne voiture, d’autres recherchées et achetées, tandis que certaines ont été offertes par des amis.

Une caractéristique distinctive des premières « Jigouli » est leur finition chromée, notamment les baguettes. Contrairement aux exemplaires plus récents, les baguettes sont serties sur les bords. Sur les « Jigouli » plus tardives, le sertissage a été remplacé par de vulgaires obturateurs en plastique. Les joncs chromés reliant les feux arrière constituent le rêve de nombreux amateurs. Les feux équipés de ces joncs sont extrêmement rares et ceux qui apparaissent à la vente atteignent des prix démesurés pour des pièces aussi petites : jusqu’à 10,000 roubles l’unité.

Les essuie-glaces remontent eux aussi à l’époque soviétique. Et pas seulement les bras, mais également les balais eux-mêmes. Étonnamment, malgré leur âge respectable, ils remplissent parfaitement leur fonction et nettoient idéalement le pare-brise lorsqu’il pleut.

Le thème du chrome se poursuit avec les enjoliveurs de phares avant, appelés « halfy ». Ils s’intègrent tellement bien à l’ensemble qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un élément d’origine de la « Troïka ». Mais pas du tout. Ils n’ont absolument aucun rapport avec l’industrie automobile soviétique. Ce sont en réalité des enjoliveurs de phares destinés aux voitures américaines classiques, généralement utilisés lors de la construction de lowriders. Eh oui ! Étonnamment, le diamètre des phares des énormes paquebots américains - par exemple la Chevrolet Impala - est identique à celui des phares des « Jigouli » soviétiques. Qui l’aurait imaginé ?

Les jantes sont des Heroes Racing japonaises personnalisées de 14 pouces. Elles ont été trouvées au Japon et importées en Russie. Elles sont considérées comme particulièrement rares, car ce modèle n’a été produit que de 1981 à 1986. Leur authenticité peut être vérifiée grâce au numéro de série, qui peut être retrouvé dans le catalogue du fabricant.

Le seul problème avec les jantes a été de trouver des pneus adaptés. Pour obtenir une allure élégante, il fallait une dimension 155/55 R14. Or, ce type de pneu ne peut généralement être fabriqué que sur commande et pour une somme très importante. Le propriétaire de la « Troïka » a finalement été aidé, aussi surprenant que cela puisse paraître, par ses collègues motocyclistes. Ceux-ci lui ont rapporté des pneus de la bonne dimension : en Asie, ils sont montés sur certains deux-roues.

Un véritable connaisseur des « Jigouli » remarquera le rétroviseur droit supplémentaire. À l’époque où la « Troïka » était produite, le code de la route n’imposait en effet qu’un seul rétroviseur extérieur, du côté conducteur. Il n’y avait pas de rétroviseur côté passager. Dans les conditions actuelles, circuler en ville sans second rétroviseur est dangereux, raison pour laquelle celui-ci a été installé.

Il s’agit exactement du même rétroviseur que celui placé du côté conducteur, simplement retourné. D’ailleurs, les rétroviseurs eux-mêmes sont inhabituels. Ce sont bien ceux de la « Troïka », dits « bombés » - sur les autres modèles classiques, les rétroviseurs sont plats - et il s’agit de pièces soviétiques d’origine, lourdes, métalliques et offrant une bonne fixation, et non de reproductions modernes.

Dans cette configuration, la voiture n’était plus destinée au drift, que ce soit sur la glace ou sur l’asphalte. Il s’agit désormais d’un élégant projet classique de style stance. Pour faciliter son utilisation au quotidien, une suspension pneumatique Air Max a été installée. Elle est relativement simple, à deux circuits, mais fonctionne parfaitement. Plutôt que d’acheter une coûteuse commande, le propriétaire a décidé de la fabriquer lui-même à l’aide de robinets, de relais et d’autres pièces nécessaires.

À l’avenir, il est prévu de passer à un réservoir d’air comprimé de plus grande capacité - celui actuellement installé contient 20 litres - ainsi qu’à des conduites de plus gros diamètre, afin d’accélérer les mouvements de montée et de descente de la voiture.

Des bras de suspension avant spéciaux, conçus spécifiquement pour les « Jigouli » rabaissées, ont été installés pour la suspension pneumatique. La direction a également été modifiée : une crémaillère provenant d’une IZH Oda a été montée.

Sous le capot se trouve un moteur VAZ-21124 à 16 soupapes, considéré comme l’un des moteurs les plus réussis produits par VAZ. Dans cette voiture, il développe environ 110 ch. Pour atteindre cette puissance, les systèmes d’admission et d’échappement ont été modifiés, avec notamment un collecteur d’admission équipé d’un filtre à air à prise directe et un collecteur d’échappement spécifique. Outre une importante révision comprenant le remplacement de tous les éléments en caoutchouc et des joints d’étanchéité, la boîte de vitesses a été entièrement révisée et le pont arrière remplacé par un modèle au rapport plus court. L’embrayage a également été remplacé par un modèle renforcé.

Des travaux supplémentaires ont été réalisés sur le système de refroidissement : un radiateur de « Deviatka » a été installé, ainsi que des durites fabriquées sur mesure et soudées. Résultat : aucun problème de refroidissement.

Au cours des travaux sur le moteur, le faisceau électrique a lui aussi été remis en ordre. Mais le travail n’est pas encore terminé : il est prévu de faire passer les câbles sous les ailes afin de réaliser ce que l’on appelle un shaving du compartiment moteur, c’est-à-dire d’en épurer au maximum l’apparence.

Lu sur : https://auto.mail.ru/article/80529-kak-vosstanavlivayut-staryie-zhiguli-svoimi-silami/
Adaptation VG

Tag(s) : #VAZ, #Lada, #2103, #Tuning, #RestoC