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 [Motor] Tavria : sans confort, mais...

Dans son numéro 2 du 13 janvier 1996, « Motor » publiait l’essai de la Tavria assemblée en Pologne.

Les lecteurs les plus âgés se souviendront sûrement de la Skoda 1000 MB. C’était une très belle petite voiture, mais elle avait été affublée rapidement du sobriquet de « 1000 Malych Bledow » (1000 petites erreurs). C’est peut-être le même surnom que l’on pourrait donner à la Tavria après une semaine passée à son volant.

La ZAZ 1102 Tavria est fabriquée par l’ancienne usine de tracteurs de Zaporojié en Ukraine. Elle a succédé à la Zaporojets, une voiture bien connue également en Pologne. Sa production a débuté en 1987 et huit ans plus tard, en janvier 1995, Damis Motor Europe a commencé son assemblage dans un atelier situé près des usines textiles de Lodz. Il faut admettre que l'annonce de cette fabrication a frappé les esprits. Notre journal a reçu de nombreux appels téléphoniques de personnes voulant savoir où acheter la voiture et très rapidement dans l’attente de l’augmentation de la production, les délais de livraison ont représenté plusieurs mois. A juin 1995, Damis a assemblé 1,000 voitures, à la fin de la même année ce chiffre était passé à 2,500 (y compris en version utilitaire « minifurgon ») et on projetait en dépit de restrictions de matière première (comprendre des livraisons en provenance d'Ukraine) d’augmenter encore ces chiffres.

Dès le début, les voitures fabriquées à Lodz ont été équipées de composants fabriqués en Pologne : pneus, batterie, bobine d’allumage, thermostat, et d’autres choses encore. Huile et liquide de refroidissement était également d’origine polonaise. Les modèles assemblés depuis juillet étaient quant à eux équipés de catalyseurs venant de République Tchèque (tout en conservant un classique carburateur).

L’intérieur spacieux permet de voyager à cinq personnes mais ceux installés à l’arrière ne sont pas très à l’aise, ce qui n’est guère surprenant étant donné la taille de la voiture. La banquette ne peut d’ailleurs pas être considérée comme très confortable mais elle présente au moins l’avantage de disposer de trois vraies places. Monter à l’arrière ne présente pas de difficulté. Les portières vraiment longues s’ouvrent largement et les sièges se replient fortement. Les sièges avant peuvent être reculés très loin, les personnes de grande taille n’auront aucune difficulté à trouver une bonne position de conduite. On peut également noter la bonne visibilité depuis le siège conducteur.

Le moteur démarre sans problème même à basse température. Il est très flexible et offre une bonne dynamique, malgré une consommation de carburant relativement faible (à haute vitesse sur la route on a mesuré 6,2 l/100km). On ne peut pas non plus se plaindre du niveau sonore à 90 km/h en cinquième.

Les accélérations ne sont pas extraordinaire, mais la voiture se déplace en douceur et sur route il est relativement facile de dépasser. Nous avons atteint une vitesse maxi de 140 km/h, mais il faut dire qu’après 110 km/h cela pousse assez péniblement. Les freins sont efficaces mais exigent une pression un peu plus forte sur la pédale que sur d’autres voitures. Il y a également de bons phares. A noter qu’ils peuvent être réglés depuis l’habitacle, ce qui dans une voiture de cette catégorie est plutôt rare. Beaucoup de gens considéreront comme un plus la garde au sol élevée, qui permet de rouler sur de très mauvais chemins sans crainte de rester coincer dans les ornières le plus profondes. A première vue, le compartiment moteur semble être étanche. On a réussi à y loger la roue de secours et les outils et l’accès au moteur reste bon.

Les lacunes importantes de la Tavria incluent les trépidations de suspension et les vibrations ressenties quand la voiture roule à vitesse élevée. Ce n’est pas un défaut propre à la voiture que nous avons conduite puisque (au moins à Varsovie) des officines se sont spécialisées dans l’élimination de ces défauts. Celui qui passe d’une bonne voiture à la Tavria aura l’impression de conduire sur le verglas même sur l’asphalte le plus parfait ! Il faut également s’habituer à la position inhabituelle et inconfortable de la marche arrière qui est située à l’endroit où l’on trouve généralement la cinquième ! Cette dernière est située à côté de la quatrième ce qui rend le rétrogradage particulièrement pénible. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas de la position du neiman sur le côté gauche de la colonne de direction...

Par contre, impossible de comprendre comment une voiture fabriquée à l’Est, là où les conditions climatiques sont les moins favorables, se distingue par un chauffage aussi peu performant. Après avoir parcouru 100 km à une température ambiante proche de zéro, les passagers des places arrière auront le sentiment d’être congelés jusqu’à l’os ! L’essuie-glace avant monobras n'est guère efficace. De même, démarrer l’essuie-glace arrière dont la surface de balayage est insuffisante enclenche le lave-glace dont il faudra remplir le réservoir beaucoup plus régulièrement. Cette liste de défauts peut être complétée par les rétroviseurs trop petits, les ceintures de sécurité sans réglage en hauteur, les témoins lumineux au tableau de bord qui éblouissent la nuit, etc... Mais le plus ennuyeux est la finition de la voiture, même si elle n’a pas d’impact direct sur la sécurité ou sur les performances.

Tous ces craquements, ces plastiques mal ajustés, ces interrupteurs ou ces caches qui tombent, les tuyaux du système de refroidissement qui fuient ou ce klaxon qui ressemble à celui d’une voiture à pédale sont vraiment énervants. Si ces défauts étaient éliminés, on serait plus à même de pardonner la mauvaise qualité des plastiques ou la fabrication maladroite.

Il est difficile à dire si les pièces les plus importantes seront fiables, mais avec l’expérience que nous avons sur les voitures de l’ancienne Union Soviétique, tout laisse à penser qu’elles le seront. Au total, la balance des avantages et des inconvénients va en faveur de la Tavria, principalement parce que pour la plupart des acheteurs la chose la plus importante sera le prix de la voiture. 12,900 zlotys pour une voiture cinq places économique à l’usage est un argument imbattable. Pour environ 600 zlotys de plus, vous aurez les freins assistés, un tableau de bord plus moderne et un volant sport. Seule la Maluch est moins chère que la Tavria, mais elle ne convient pas à de nombreuses familles en raison de sa taille.

Il semble donc que Damis Auto Europe ait parfaitement compris une lacune de notre marché. S’il augmentait de manière significative la production de cette voiture, il n’aurait aucun ennui pour les écouler.

Lu sur : http://www.magazynauto.pl/rozrywka/motor-z-przeszlosci/news-bez-komfortu-ale,nId,1547409
Adaptation VG

Tag(s) : #ZAZ, #Tavria, #Export, #Damis, #Essai, #Motor