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Payer 5,19 roubles pour chaque kilomètre parcouru, c'est une dépense importante. C'est pourquoi le système Platon, qui prélève une redevance sur les poids lourds d'une masse maximale autorisée supérieure à 12 tonnes circulant sur le réseau routier fédéral, incite naturellement certains transporteurs à ruser. Il existe deux méthodes principales, et toutes deux posent problème.

La première consiste à emprunter de petites routes locales plutôt que les grands axes fédéraux, afin d'éviter les postes fixes de contrôle. Résultat : les poids lourds détériorent des routes qui n'ont pas été conçues pour supporter un tel trafic.

La seconde consiste à transporter des charges excessives avec des véhicules dont la masse totale autorisée est inférieure à 3,5 tonnes… du moins sur les papiers. Pour cela, on peut par exemple acheter une Gazelle configurée en tracteur routier ou transformer un utilitaire existant dans ce sens. Autre possibilité : allonger le châssis et l'empattement lorsqu'une semi-remorque n'est pas nécessaire.

Une Gazelle n'attire pas l'attention du système Platon, et un permis poids lourd de catégorie C n'est pas requis. La solution paraît si évidente que de nombreuses Gazelles sont modifiées de manière artisanale, sans la moindre homologation officielle.

Pourquoi est-ce un problème ? Les freins d'origine ne sont pas capables d'arrêter efficacement une charge portée à 6 ou 7 tonnes, voire davantage. En outre, la répartition des masses sur les essieux est bouleversée et le châssis est parfois mal modifié, ce qui affecte inévitablement la stabilité et la tenue de route. L'ensemble compromet directement la sécurité.

L'intérêt économique l'emporte cependant sur toutes ces considérations. On croise ainsi des Gazelles transportant des conteneurs maritimes ou d'immenses tubes en acier. Le summum, ce sont les Gazelles équipées de moteurs et de transmissions non d'origine, attelées à des semi-remorques à trois essieux de 13,6 mètres de long. D'où sortent-elles ?

Au début des années 2000, bien avant l'apparition du système Platon, l'usine de bennes de Saransk produisait en série une Gazelle tracteur à deux essieux : le modèle GAZ-SAZ-2409. Elle était homologuée pour fonctionner avec deux types de semi-remorques, notamment la SAZ-9459, capable de transporter 2,3 tonnes et conçue pour des charges longues et légères jusqu'à 6,4 mètres. Le poids total de l'ensemble routier atteignait alors 5,3 tonnes.

Mais ces véhicules ont presque totalement disparu. Quant à l'origine de toutes les autres transformations, elle devrait logiquement susciter l'attention de la police de la circulation. Certaines ont été produites légalement sur la base d'une homologation par type (OTTS). Pour les autres, on ignore souvent sur quelle base elles ont été réalisées… et parfois même par qui.

Les petits ateliers spécialisés dans la transformation des Gazelles sont nombreux dans le pays. Par exemple, une entreprise de la région de Samara propose : « Nous transformons les GAZ-3302, Gazelle Next et Gazelle Fermer en tracteurs routiers. En revanche, nous ne prenons pas en charge leur homologation, car nous ne disposons pas d'une OTTS. » Le prix annoncé pour cette transformation est de 300,000 roubles.

En théorie, il est possible de légaliser ce type de transformation. La procédure est prévue par la législation sous le nom de « modification de la conception du véhicule ». Elle comprend une expertise technique, l'obtention d'un certificat de conformité aux normes et s'achève par l'inscription de la modification sur le certificat d'immatriculation par la police de la circulation (GAI).

De nombreuses entreprises proposent cette solution légale. Les transformations réalisées dans ce cadre sont parfaitement autorisées et restent dans les limites du raisonnable d'un point de vue technique. Mais les tarifs sont tout autres. Par exemple : « allongement du châssis d'une Gazelle pour un fourgon européen de 6,2 mètres : 490,000 roubles ».

Mais, une fois encore, l'intérêt économique prend le dessus : les propriétaires commandent l'allongement du véhicule, mais négligent les démarches d'homologation. Même les amendes potentielles pour surcharge ne les inquiètent guère. Peut-être parce que cette surcharge est en réalité très peu contrôlée : les stations de pesage ne « voient » pas les véhicules dont la carte grise indique une masse totale autorisée inférieure à 3,5 tonnes.

En définitive, un contrôle rigoureux semble être la seule solution à ce problème. Or, il paraît aujourd'hui insuffisant : la police de la circulation et les services d'inspection technique manquent manifestement de moyens. Pourtant, toutes ces Gazelles modifiées sont censées passer un contrôle technique annuel, où il devrait être possible de détecter toutes les transformations illégales. Ou peut-être pas ?

Légende des photos : 

  • Depuis la fin de l'année dernière, l'Usine automobile de Gorki (GAZ) produit également une Gazelle NN dotée d'un châssis allongé de 870 mm et d'un empattement porté à 4,245 mm. Pour l'instant, ces véhicules sont fabriqués en petites séries et destinés aux grands clients spécialisés dans la livraison. La principale configuration est un fourgon sans ossature d'un volume de 23 m³. Bien sûr, il ne permet pas de transporter un conteneur maritime, mais cet empattement allongé répond à de nombreux autres besoins.

Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/981657-mechta-dalnobojshchika/
Adaptation VG

Tag(s) : #GAZ, #GAZelle, #Ambiance, #Russie