Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Trabant : un placement sûr.

La Trabant est de retour. Les amateurs sont prêts à mettre sur la table 5,000 euros et plus pour une exemplaire bien conservé de la voiture culte. La Trabant est aujourd’hui ce qu’elle était déjà en RDA : un placement sûr.

En 1991, la Trabant était une espèce en voie de disparition. Le dernier modèle - IFA Trabant 1,1 - lancé en 1990 était un échec. Plus personne ne voulait de la voiture qui a fait rouler l’ex-RDA pendant près de 34 ans. Le 30 avril 1991, la VEB Sachsenring cesse définitivement la production automobile, la dernière Trabant tombe de chaîne.

Ces dernières années l’Ostalgie fait rage et les amateurs de voitures de collection s’intéressent à une nouvelle icône. Ils sont prêts à sortir plus de 5,000 euros pour s’offrir l’archétype de l’Ost-Auto !

Pourtant le chemin a été long pour transformer la Trabant en objet culte. Après la chute du Mur, dans les garages de l’ex-Allemagne de l’Est, elle avait été rapidement remplacée par des voitures neuves provenant de l’Ouest. Des milliers de Trabant encore en état de marche avaient été mises à la casse ou ont pourri au fond d’une cour. Les quelques exemplaires qui ont été vendus ont été bradés à des prix ridiculement bas par leurs propriétaires. Quelques centaines de Deutsche Marks...

Le nombre de Trabant en circulation a donc diminué de manière constante : en 1993 on en comptait encore 300,000 immatriculées selon les statistiques officielles. Elles ne seraient plus aujourd’hui que 30,000. Cette « pénurie » est un avantage pour leurs propriétaires actuels. Parce qu’elle conduit à des prix plus élevés : l’offre et la demande (sacrilège !) fixe désormais le prix de ce joyau du socialisme réel.

Cet effet est encore renforcé par le fait que beaucoup moins que les 30,000 Trabant existantes sont réellement disponibles. « Parce que très peu de collectionneurs sont prêts à se séparer de leur voiture » explique Hermann Mertin, un collection de Trabant de Leipzig. C’est pourquoi, la possession d’une Trabi est aujourd’hui un investissement lucratif.

Le culte pour la voiture Est-allemande grandit à mesure qu’elle disparaît des routes. Celle que l’on appelle affectueusement en Allemagne « Rennpappe » - le nom qu’elle a reçu en raison de sa carrosserie en plastique – vaut aujourd’hui plusieurs milliers d’euros. Une Trabant 500 de 1961 a été vendue en 2011 autour de 4,000 euros. Une Trabant 601 de 1982 était proposée par un collectionneur au prix de 4,300 euros. Un autre modèle 601, de 1977, vendue 5,000 euros. Lors d’une vente aux enchères caritative, une Trabi a été vendue quatre fois plus chère ! 20,050 euros. Mais il s’agissait d’une pièce unique, peinte aux couleurs du Bayern de Munich.

Il faut toutefois s’y connaître un peu pour détecter d’éventuels vices cachés et ne pas débourser d’argent pour un tas de ferraille. C’est aussi pourquoi il faut se méfier des annonces parues dans les journaux spécialisés en voiture anciennes ou sur les sites d’enchères comme eBay. Des conseils qui s’adressent bien sûr aux acheteurs, mais aussi aux vendeurs !

Si vous avez une Trabant, ou en héritez d’une, et que vous voulez vous faire de l’argent, vous pouvez tenter votre chance. Mais vous devez prendre votre temps et ne pas accepter la première offre. Sinon vous courrez le risque de ne pas la vendre à sa valeur réelle. Il y a en Allemagne de nombreux clubs de Trabi qui offrent l’occasion de rencontrer des collectionneurs. Ils organisent chaque année des manifestations qui permettent, si votre Trabant est en panne, de se fournir assez facilement en pièces détachées.

Mais de nombreux propriétaires de Trabant sont toutefois confrontés à ce problème : « Les pièces ne sont plus fabriquées » indique un collectionneur de Francfort. « De nombreuses pièces peuvent être encore trouvées en Europe de l’Est mais pour une question de qualité mieux vaut utiliser des pièces originaires de la RDA ». Heureusement, la simplicité technique de la Trabant en fait un véhicule robuste. C’est aussi une voiture qui ne coûte rien en assurance. Elle est en bas de la grille tarifaire des contrats d’assurance tous risques.

Pure produit de la qualité du travail allemand (sic !), la Trabant est donc redevenue un placement sûr et intéressant.

Lu sur :
http://www.welt.de/finanzen/geldanlage/article106298158/Trabi-ist-Liebhabern-mehr-als-5000-Euro-wert.html
Adaptation VG

Tag(s) : #Trabant, #Marché, #Analyse