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Je vous le disais la semaine dernière. J’ai passé quatre jours pour raisons professionnelles au pays des Dacia (et même chez Dacia d’ailleurs). C’est la première fois que je mettais les pieds dans ce pays. J’espère que cela se reproduira car les gens que j’ai rencontrés là-bas sont chaleureux et j’ai été véritablement émerveillé par son parc automobile.
Ma mission sur place n’a pas été de tout repos à tel point que je n’ai pas eu le temps de prendre une seule photo (départ et retour de l’usine quand il faisait encore nuit, pluie ne permettant pas de faire au moins des photos depuis la voiture). Heureusement j’ai en mémoire tout ce que j’ai pu y voir. Et je vais tenter de vous le raconter.
Tout commence par l’arrivée sur l’aéroport international de Bucarest en milieu d’après-midi. Il ne fait pas encore nuit et l’avion à peine posé je peux voir par le hublot de nombreux véhicules d’entretien singuliers : Dacia pick-ups et Aro. Nous descendons de l’avion par une passerelle. Je touche le sol roumain : autour de l’avion, je remarque en particulier une berline 1310 avec un gros gyrophare orange. C’est elle qui a guidé l’avion jusque là.
Toutes les formalités accomplies, nous sortons de l’aéroport où un minibus nous attend. Je remarque que le grand parking de l’aéroport regorge à la fois de voitures de luxe et de Dacia. Et c’est bien une impression que je vais retrouver pendant ces quatre jours : la composition du parc est bien plus contrastée que dans les autres pays que j’ai eu l’occasion de visiter. Mais la chose la plus étonnante est la densité du parc de Dacia. Il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’on est en Roumanie !
La nuit tombe vite et nous devons parcourir les 120km qui nous séparent de Pitesti. Pour quitter Bucarest, les embouteillages sont monstrueux (mais on nous explique aussi que les transports en commun sont en grève). La conduite est assez « sportive » (même le minibus s’y met) et ressemble à ce que je connais en Pologne dans les méthodes de dépassement. Les premières Dacia Tuning nous doublent. A un moment, mon regard s’arrête sur une voiture de la file qui remonte dans l’autre sens : je ne rêve pas ! Il s’agit bien d’une Dacia Sport (ce coupé 2 portes !). Elle est dans un bon état et son propriétaire ne l’a pas trop défigurée. Génial ! Nous restons encore bloqués un bon moment puis le minibus arrive enfin sur l’autoroute.
Cette autoroute, c’est la seule en Roumanie. La légende dit qu’elle a été construite pour permettre à Elena Ceaucescu d’aller visiter rapidement sa famille dans les environs de Pitesti. Une deuxième légende dit que l’usine Dacia aurait précisément été construite pour donner du travail à la famille ...
Sur cette autoroute je remarque plusieurs choses :
- les véhicules les plus lents roulent sur la bande d’arrêt d’urgence,
- en règle générale on roule à gauche, c’est le côté le moins défoncé par les ornières,
- quand on double on donne un bref coup de klaxon (la nuit un appel de phare).
Vous avez sans doute déjà vu sur le net ces véhicules chargés : des Dacia avec d’énormes colis sur le toit ou l’habitable rempli de pommes de terre (je n’ai pas parlé de sacs) ... Et bien ce ne sont pas des images d’Epinal. Je l'ai vu de mes yeux :)
Nous arrivons à l’hôtel. Il est situé au centre ville de Pitesti. L’ambiance est très chaude ! C’est une place centrale et il y a des dizaines de taxis. La vision est unique : en grosse majorité ce sont des Dacia Nova. Toutes sont tunées ! Je dis bien toutes ! Suspension rabaissée. Jantes alliages (13 ou 14 pouces mais pas plus) et pneus larges. Diodes ou même néons bleus. Un vrai bonheur pour Norauto ici. Elles sont jaunes avec souvent la partie supérieure de la carrosserie peinte en noir ou en bordeaux. Ca vaut le coup d’œil, mais aussi cela vaut la peine d’être entendu : les chauffeurs s’amusent à faire sonner leurs différents klaxon et sirènes (dignes de Star Wars). Cela durera une bonne partie de la nuit.
Le lendemain nous reprenons le minibus pour aller à l’usine : elle est située à une quinzaine de kilomètres de Pitesti (qui pour vous faire une idée est une belle ville de 300,000 habitants). Les carrefours sont nombreux pour quitter la ville et la règle est simple : c’est le plus fort qui passe ! Sportif je vous avais dit :) Je remarque aussi que le revêtement de la route ressemble à ce que j’ai déjà vu cela et là en Europe de l’Est. De grandes plaques de béton avec d’impressionnants joints insupportables pour les vertèbres !
Tout au long de la route, je ne savais pas où donner de la tête : toute la gamme Dacia est présente (des années 70 à la gamme actuelle), des gros ARO récents, quelques Oltcit. Et puis des curiosités comme une vénérable Volga M-21, une Moskvitch 408 (avec sa calandre quatre phares), et puis un très bel exemplaire de ARO M461 que je vais voir tous les jours. Je remarque aussi les très nombreux minibus. Ici ils sont très répandus et transporte les gens sur leur lieu de travail par exemple. On les appelle les "Maxi-Taxis". On croise encore quelques carrioles à cheval et ... de nombreux chiens errants (un véritable fléau ici).
Cette route qui mène à Mioveni est très chargée. Nous croisons de nombreux semi-remorques transportant des Logan, mais aussi diverses versions de pick-ups. Enfin, l’usine Dacia se dessine au sommet d’une colline. Ce n’est pas tout à fait là que nous nous rendons (mais je garderai le secret).
A la fin de la première journée, deux Logan ont été mise à notre disposition. Je monte comme passager à l’avant de l’une d’elle. Je connais déjà la voiture pour avoir pu en essayer une en France. Mais je vais la découvrir sous un autre jour. Sur la route du retour il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pas immédiatement. Ca y est, j’ai trouvé. Elle est super confortable ! Elle absorbe magnifiquement les joints entre les plaques de béton. Sa suspension fait merveille. Elle est parfaitement adaptée au réseau local. Et l’on comprend mieux le tableau de bord en une seule pièce : pas un bruit de craquement !
Pour en revenir sur les Logan en circulation, on voit beaucoup de modèles bas de gamme (calandre et pare-chocs noirs), mais beaucoup de modèles roulent aussi avec les jantes alu d’origine. Je dirai que la proportion est équilibrée entre les différentes finitions mais il serait intéressant de voir la répartition des ventes. Pour notre part nous avions un « haut de gamme » 1,6 avec la clim et ces mêmes jantes alu. J’ai aussi constaté que quelques modèles avaient déjà subi des transformations profondes du style rabaissement, jantes larges et ailerons surdimensionnés.
Détail insolite, on peut remarquer que de nombreuses Dacia arborent avec plus ou moins de bonheur un logo Renault. Même les Logan s'y sont mises et c'est souvent un simple autocollant qui recouvre le logo d'origine. Je ne sais pas si un "accessoiriste" propose déjà une calandre complète « Avtoframos » permettant de transformer la Dacia Logan en Renault Logan, mais c’est le genre de truc qui ferait fureur ici !
Nous retrouvons nos taxis devant l’hôtel. Mes yeux se pose sur une Dacia 1320, cette version à cinq portes avec hayon. De profil elle ressemble énormément aux premières VW Passat ! Le lendemain nous repartirons chez Dacia en Logan pour une deuxième journée marathon. Le troisième jour, idem puis un minibus nous attends à 15h30 pour retourner prendre l’avion à Bucarest.
Je profite de ces derniers instants pour m’en mettre plein la vue. Dommage pour les photos. J’espère qu’il y aura une prochaine fois pour vraiment en profiter. Car croyez-moi, cela vaut vraiment la peine de voir cela :) Cette multitude de Dacia est vraiment unique à voir.
VG