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Le 28 juin 1946, la première série de GAZ-M-20 Pobeda (« Victoire ») a été assemblée à l'usine Molotov de Gorki.
Le design de la GAZ-M-20 est le fruit du travail de toute une équipe de spécialistes. Les premiers croquis, réalisés par Valentin Brodski, remontent à 1938. Ils présentent déjà un prototype doté d'une carrosserie profilée en forme de goutte d'eau, sans ailes ni marchepieds saillants, ainsi que d'un pare-brise panoramique.
Le rôle déterminant dans la création de l'apparence définitive de la Pobeda revient au styliste Veniamine Samoïlov. Ses dessins définitifs introduisent une face avant originale, caractérisée par des phares largement espacés et une calandre à trois niveaux. Son coefficient de traînée aérodynamique (Cx) atteignait un remarquable 0,34, une valeur exceptionnelle pour l'époque. Cette conception avait toutefois un revers : la poupe très inclinée réduisait le volume du coffre et limitait la visibilité à travers la lunette arrière.
La direction générale du projet était assurée par le chef du bureau d’étude, Andreï Lipgart. Anatoli Krieger était responsable du développement du châssis, tandis qu'Alexandre Kirillov se chargeait de la conception de la carrosserie.
La lettre « M » dans la désignation GAZ-M-20 faisait référence au nom de l'usine (qu'elle porta de 1935 à 1957). Le chiffre 20 indiquait que le modèle appartenait à une nouvelle génération de véhicules équipés de moteurs de cylindrée réduite.
La Pobeda fut la première voiture produite en grande série en URSS à recevoir une carrosserie autoporteuse de type ponton. L'absence de châssis séparé permit de réduire le poids du véhicule d'environ 200 kg par rapport aux voitures à châssis séparé traditionnelles de l'époque, tout en abaissant le centre de gravité et en améliorant la tenue de route.
La voiture était équipée d'un moteur essence quatre cylindres de 2,1 litres développant 50 ch. Son taux de compression lui permettait de fonctionner avec de l'essence à faible indice d'octane (A-66). Une boîte de vitesses manuelle à trois rapports transmettait la puissance aux roues arrière. Le levier de vitesses était monté sur la colonne de direction.
À l'avant, la suspension adoptait une architecture indépendante à ressorts hélicoïdaux avec triangles transversaux. À l'arrière, on trouvait un essieu moteur rigide suspendu par des ressorts à lames longitudinaux. Le freinage était assuré par quatre freins à tambour à commande hydraulique. La garde au sol atteignait 200 mm, tandis que les éléments élastiques du châssis étaient réglés pour offrir un bon compromis entre confort et aptitudes sur routes difficiles.
La vitesse maximale de la Pobeda était de 105 km/h, tandis que sa vitesse de croisière se situait autour de 90 km/h, une excellente performance pour la fin des années 1940. Le 0 à 100 km/h demandait 46 secondes et la consommation de carburant variait entre 11 et 13 l/100 km.
L'habitacle se distinguait par une finition et un équipement remarquables pour son époque. La planche de bord était réalisée en plastique gris, ivoire ou brun. Les panneaux métalliques étaient emboutis dans de la tôle d'acier puis peints dans la couleur de la carrosserie. Les panneaux de portes étaient recouverts d'un similicuir brun-beige ou gris.
Le tableau de bord comprenait un compteur de vitesse, une jauge à carburant, un ampèremètre, un indicateur de température du liquide de refroidissement, un témoin de feux de route, des voyants de clignotants droit et gauche ainsi qu'une horloge électrique. L'équipement comprenait également deux pare-soleil, deux cendriers, un allume-cigare et un plafonnier. Après une modernisation, la voiture reçut un système de chauffage avec dispositif de dégivrage du pare-brise, puis, un peu plus tard, une radio équipée d'une antenne installée au-dessus du pare-brise.
La Pobeda utilisait un démarreur commandé par une pédale située à côté de l'accélérateur. Le passage entre les feux de croisement et les feux de route s'effectuait également au pied grâce à un bouton placé près de la pédale d'embrayage, à proximité duquel se trouvait aussi le levier du frein à main. Les deux essuie-glaces étaient entraînés par un moteur électrique fonctionnant même lorsque le moteur était arrêté, tandis que le système de refroidissement était équipé d'un thermostat.
Le 19 juin 1945, la nouvelle voiture fut présentée aux dirigeants soviétiques au Kremlin. La production en série débuta officiellement le 28 juin 1946. À cette époque, l'entreprise portait déjà le nom d'Usine automobile de Gorki (GAZ).
La Pobeda fut l'une des premières voitures particulières vendues librement au public en URSS. Son prix s'élevait alors à 16,000 roubles, alors que le salaire mensuel moyen dans le pays était compris entre 600 et 700 roubles.
La GAZ-M-20 Pobeda fut produite à l'Usine automobile de Gorki jusqu'au 31 mai 1958. Au total, 241,497 exemplaires furent fabriqués, y compris des versions cabriolet et des modèles destinés aux compagnies de taxi.
Lu sur : https://auto.mail.ru/article/125849-pobeda-prazdnuet-80-letnij-yubilej-kak-sozdavali-legendarnyij-avtomobil/
Adaptation VG