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Depuis la magnifique Felicia, soit depuis plus d’un demi-siècle, Skoda n’a plus produit de cabriolet d’usine. Mais il existe tout de même une exception : les Britanniques ont transformé le dernier coupé à moteur arrière de la marque en décapotable. Nous avons essayé cet exemplaire unique (NDT : l’article qui remonte à 2016, nous présente un exemplaire exceptionnel qui se trouve en Hongrie et porte curieusement d’anciennes plaques françaises).
Au Royaume-Uni, on peut croiser des véhicules étonnants : des hot rods sans vitres avec des carrosseries en forme de baignoire, des sportives à trois roues avec moteur avant, ainsi que toutes sortes de machines transformées qui feraient probablement faire une danse de Saint-Guy aux agents de la sécurité routière.
Ce n’est probablement pas un hasard non plus qu’une société basée dans le Kent, Ludgate Design Developments, ait justement créé une Skoda décapotable à moteur arrière au milieu des années 1980, avec l’approbation de l’importateur britannique. Les exemplaires ainsi transformés étaient même proposés dans les concessions de la marque avec garantie constructeur.
Plus précisément, leur premier modèle Cabriolet est apparu en 1984, réalisé à partir du coupé trois portes Rapid 120. Les encadrements de portes furent conservés et, derrière le pilier B renforcé et transformé en arceau de sécurité, il ne restait plus de vitres latérales, seulement une capote en toile. Peu après arriva la Cabriolet Lux, comparable aux modèles Baur de BMW : les encadrements de vitres arrière furent également conservés (même si la forme des vitres diffère légèrement de celle d’origine), et seule la partie du toit ainsi que la lunette arrière furent remplacées par une capote en toile. Cette version est peut-être encore plus élégante que le « vrai » cabriolet ; la transformation semble presque d’origine tant elle a été réalisée avec soin et intelligence. L’exemplaire essayé est justement l’une de ces versions.
Les Lux 130, ainsi que les 135 et 136 équipées du moteur de la Favorit à moteur avant, étaient toutes construits sur la base du coupé Rapid. Notre modèle d’essai possède justement ce dernier moteur. Il date de 1989, l’avant-dernière année de production, et après un passage de quelques années en Belgique, il est arrivé en Hongrie. Son propriétaire, Andras Kovacs, patron de Garage70.com, l’a acquis récemment dans un état d’origine remarquable.
Il n’a trouvé de corrosion sérieuse qu’au niveau de la jonction entre les ailes avant et les montants A, et prévoyait justement cette réparation après la séance photo. Avec un cabriolet transformé après coup, la grande question est toujours de savoir si la carrosserie reste suffisamment rigide après la découpe du toit. D’après notre court essai routier, les Britanniques ont bien travaillé : on entend à peine des craquements ou des grincements dans l’habitacle.
On sent aussi que la voiture avait été correctement assemblée dès l’usine : la Rapid soutient aisément la comparaison avec les voitures de grande série d’Europe occidentale de la même époque. Les housses de sièges, les moquettes et les plastiques sont restés dans un état remarquable ; l’habitacle paraît presque neuf.
Ceux qui craignent la conduite à droite peuvent se rassurer : selon Andras Kovacs, déplacer le volant du côté gauche ne serait pas une opération compliquée, et la voiture deviendrait alors encore plus agréable sur les routes hongroises.
Pour l’instant, son utilisation demande un peu d’adaptation : la main gauche n’est pas habituée au levier de vitesses à cinq rapports, dont la précision reste moyenne, et il faut aussi s’habituer au fait que le pied gauche n’a pas d’endroit où se reposer. La position de conduite est toutefois bonne dans la Rapid, même si le volant en plastique souple et très facile à tourner même à l’arrêt, pourrait être plus petit, car les conducteurs aux longues jambes coincent leurs cuisses dessous en entrant et en sortant.
Je n’avais encore jamais conduit une Skoda à moteur arrière de série aussi puissante : les 63 chevaux déplacent avec dynamisme les 950 kilos de la voiture, et la réponse à l’accélérateur est directe. Le système de freinage, avec des étriers à quatre pistons à l’avant et des tambours à l’arrière, paraît particulièrement efficace. Comparée à la célèbre berline quatre portes 120, la conduite en promenade est incomparablement plus plaisante grâce à la suspension arrière à bras tirés inclinés ; la tenue de route est beaucoup plus stable et prévisible en virage que celle des versions plus courantes chez nous.
Par ailleurs, ouvrir la capote n’a rien de compliqué : il suffit de déverrouiller deux attaches au niveau de l’encadrement du pare-brise puis, une fois sorti de la voiture, une seule personne peut replier la légère toile vers l’arrière. Celle-ci est ensuite recouverte par une housse qui, même après près de trente ans, s’ajuste encore parfaitement. Rouler décapoté reste agréable même au début du printemps, car le vent ne frappe pas les passagers avant et, en plus, le moteur arrière au doux ronronnement ne fatigue pas les occupants. Parmi les voitures socialistes, c’est peut-être celle qu’il faudrait le plus posséder.
Légende des photos :
- La capote en toile lui va très bien ; le toit en acier a été découpé avec beaucoup d’habileté. Les jantes aluminium de 13 pouces sont d’origine. La transformation en cabriolet a ajouté 110 kg par rapport au modèle de base. Il existait aussi une version sans encadrements latéraux ; les deux variantes réunies ont été produites à moins de 350 exemplaires.
- Les encadrements des vitres latérales ainsi que le rangement de la capote ont été réalisés avec beaucoup de soin. Les bas de caisse et le pilier B ont également été renforcés lors de la transformation. Le capot moteur est en plastique.
- Sièges monoblocs avec tissu coloré et maintien latéral minimal. Il faut décrocher deux verrous au-dessus du pare-brise avant de pouvoir commencer à replier la capote, une opération qu’il vaut mieux effectuer à deux.
- Il s’agit déjà du moteur à culasse en aluminium de la Favorit, bien moins problématique que celui de la 130 à culasse en fonte. Les 63 chevaux rendent cette Skoda particulièrement dynamique.
- Comme dans les autres Skoda à moteur arrière, le coffre n’est pas très grand ; les passages de roues prennent beaucoup de place et le chargement est compliqué par les rebords élevés. Toutes les pièces d’origine sont présentes ; cette calandre n’est apparue à l’avant de la gamme qu’à la toute fin de la production.
- La planche de bord est particulièrement moderne, avec un compteur à la fois les miles et les km/h, ainsi qu’un compte-tours. Les conducteurs habitués aux voitures à conduite à gauche doivent s’adapter au levier de vitesses à cinq rapports.
- Le Cabriolet se caractérise par un espace aux jambes relativement limité et une garde au toit un peu juste lorsque la capote est fermée. Les balades décapotées sont très agréables, même si les passagers arrière ont les cheveux décoiffés par le vent.
- Bien proportionnée, même vue de l’arrière, la toile est bien tendue et la lunette arrière n’est pas chauffante. Le modèle n’était proposé qu’en conduite à droite pour le marché britannique. En 1988, la transformation coûtait 1,869 livres sterling supplémentaires, alors que la Rapid 130 de base coûtait 3,998 livres.
Lu sur : https://www.origo.hu/auto/2016/04/skoda-136-kabrio-veteran-teszt
Adaptation VG