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Cri du cœur de ma femme : « Tu as encore acheté une Volga  ?! ». Cette phrase devient déjà habituelle. Cela veut dire qu’il y aura de nouveaux projets, de nouvelles idées et leur réalisation. Cela veut dire qu’il faudra encore chercher cette fine frontière entre famille et hobby (pas toujours avec succès). Cela veut dire qu’une nouvelle, fichue « Volga », est arrivée chez nous ! Oui, chérie, encore une fois. Et voilà qu’une nouvelle base de projet se tient devant l’atelier ; nous avons déjà plein de plans pour l’extérieur et l’habitacle, pour la musique et la suspension.

Je veux raconter l’histoire du projet GAZ-2401 el Cisne. Tout a duré très longtemps (nous avons acheté la base en 2009), car le matériau d’origine était, pour le dire gentiment, dans un état lamentable ; il a fallu recréer énormément de choses. Après avoir évalué les dégâts causés par le temps, j’ai été gagné par le pessimisme, et le projet a été abandonné pendant six mois. Ensuite, il y a encore eu plusieurs hésitations : peut-être l’envoyer à la casse ou en acheter une autre ? Mais une autre serait dans le même état. Et cela a continué pendant une demi-année. Puis, ayant repris des forces, nous avons finalement décidé de la restaurer - ou plutôt, non, pas de la restaurer, mais de la recréer entièrement, car après « l’amputation » des parties inutilisables, il ne restait pratiquement plus rien de la voiture. Un spectacle triste, mais il n’y avait plus de retour en arrière possible ! Les connaissances plaisantaient : « De votre Volga, il ne reste que le toit ». Et alors ?

C’est là qu’a commencé la véritable metal war ! Les grincements de la meuleuse et le crépitement du poste à souder ne s’arrêtaient que pour les repas puis notre orchestre reprenait de plus belle. Nous voulions tellement préparer la voiture pour la nouvelle saison. Après l’artillerie lourde des meuleuses et de la soudure est venue la partie créative. Les travaux de peinture et la conception de l’intérieur ont commencé. Ce que j’aime dans ce genre de projets, c’est qu’on peut sans cesse refaire, améliorer, moderniser pratiquement tout - que les amateurs de remise en état d’origine me pardonnent. Moi aussi, j’étais adepte du « tout d’origine », puis j’ai compris que c’était ennuyeux, et que je voulais quelque chose de différent, pas comme tout le monde. Des dizaines de fois, nous avons improvisé, débattu, calculé, dessiné, perdu patience, mais nous finissions toujours par trouver une décision commune et juste. C’est ainsi, étape par étape, que nous avons créé notre projet.

Je me souviens encore : à la fin de l’assemblage de la carrosserie, je voulais vraiment voir l’allure générale de la voiture (elle était encore sans ailes). J’avais le cœur léger, c’était le printemps, je courais tout heureux avec les ailes fraîchement peintes. J’en installe une, puis la seconde avec un grand sourire — attendez… c’est quoi ce délire ? Rien ne correspond ! Ni les jeux, ni les lignes ! J’ai de nouveau pensé à la casse. Le lendemain matin, je me suis dit : ce n’est pas si grave, après tout, la voiture roule même sans ailes ! Il s’est avéré qu’en plus des ailes d’origine, il existait aussi des ailes dites « de taxi », connues pour leur mauvaise qualité de fabrication - et c’est précisément celles-là que j’avais eu la chance d’acheter ! Finalement, nous avons remplacé les ailes, et le projet a continué d’avancer.

Ensuite vint l’intérieur, conçu entièrement à partir d’une feuille blanche. Tout - le câblage, les sièges, le tableau de bord - était d’abord dessiné sur papier, puis nous réfléchissions à la manière de le rendre réel. Comme la voiture était pensée pour les sorties et les occasions spéciales, nous avons décidé de faire un intérieur clair. Nous avons eu tort de faire confiance à un atelier de « super sellerie pour super intérieurs » : ils ne nous ont pas compris et ont tout fait n’importe comment, du genre : « Ahhh, vous avez une Volga ? Alors ça ira bien comme ça ». Après cela, il fut décidé de tout refaire nous-mêmes et, désormais, de tout faire seuls ! Et c’est reparti : on imagine, on développe, on réalise, on recommence. On regarde - bon, ça va, on garde. Sur le papier, bien sûr, tout paraît simple, mais dans la réalité, il y a des tonnes de mesures, des pièces qui ne s’ajustent pas, des choses qui ne correspondent pas à ce qu’on voulait. Il arrivait qu’en plein hiver, par grand froid, on file au garage juste pour mesurer une petite pièce, puis retour à la maison, fabrication - et de nouveau au garage pour « l’essayage ». Ah, ça y est, ça s’adapte, maintenant on attend le printemps.

Et voilà qu’après des centaines de disques de découpe usés, des kilomètres de fil de soudure et des seaux de mastic, on peut enfin voir ce qui était enfoui quelque part au fond de notre cerveau. N’est-ce pas ça, le vrai bonheur ?

Selon les standards modernes, la conception du moteur et de la suspension est archaïque et demande une certaine attention, mais c’est solide comme le pont de Brooklyn. Bien sûr, il y a eu des mauvaises surprises, mais d’une manière ou d’une autre, la voiture soit tombe en panne dans le garage sans sortir, soit parvient à rentrer au garage (même à moitié morte), puis direction réparation. Et je n’ai jamais crevé un pneu… jusqu’au jour où j’ai mis une roue de secours dans le coffre - et évidemment, cela est arrivé le jour même.

Quand on roule en ville, peu de gens restent indifférents : certains lèvent le pouce, d’autres crient : « Pourquoi t’as pas fixé un spoiler ? » ou « Pourquoi elle est si basse ? » Sans parler des classiques remarques comme quoi la Volga « bouffe » énormément. Il y a eu un épisode drôle : un homme chauve apparu de nulle part s’est approché et a demandé la permission d’embrasser la voiture. Sans trop réfléchir, nous avons accepté. Il l’a embrassée au niveau du coffre, puis nous lui avons demandé d’où venait un tel amour. Il a répondu qu’il était ancien employé d’une compagnie de taxis, et qu’il n’y avait rien de mieux que ces voitures (pas les Moskvitch, pas les Jigouli, mais précisément celles-là)… Bref, le camarade a laissé parler ses émotions.

Ceux qui s’y connaissent auront probablement remarqué que la voiture est proche du style classic low-rider. J’aime énormément cette direction, et j’espère que bientôt encore quelques-unes de nos idées prendront forme.

Le projet a été conçu comme une « voiture du week-end », et je pense que le résultat n’est pas mauvais. D’ailleurs, la première vraie sortie a été organisée le jour de mon mariage, ce qui m’a rendu trois fois plus heureux.

Pour conclure, j’aimerais souhaiter une chose : les gens, créez. Beaucoup, en buvant leur « petite bière », disaient : « Mais à quoi ça sert ? Tant d’efforts, de santé et d’argent dépensés… » Mais ils ne se sont jamais demandé combien de santé et d’argent partent dans ce même alcool.

Personnellement, je ne regrette absolument rien de ce qui a été dépensé.

Lu sur : https://auto.onliner.by/2014/08/30/gaz-28
Adaptation VG

Tag(s) : #GAZ, #GAZ-24, #Lowrider, #Témoignage