/image%2F0782406%2F20260514%2Fob_41d0d9_3671.png)
Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises, dans notre rubrique rétro et à diverses occasions, cet incomparable paquebot des routes tchécoslovaques des années 1950 à 1970. Aujourd’hui, l’épilogue - presque oublié - de sa gloire est (pour l’instant) une création présentée par l’entreprise française Faurecia au salon automobile de Los Angeles en 2007. Le design intemporel de la Tatra 603 d’origine y servait d’écrin pour présenter les innovations intérieures des automobiles du futur. Beaucoup d’entre elles finirent effectivement par être utilisées dans la production de série, plusieurs années plus tard.
La société française Faurecia acheta à Berlin deux Tatra 603/2 de 1972 pour dix mille euros. L’une était en état de marche, tandis que l’autre - ou plus précisément sa carrosserie - fut entièrement reconstruite et modifiée. Le montant C fut déplacé de 10 cm vers l’arrière, les montants B furent supprimés, ce qui permit l’adoption de portes antagonistes. La face avant fut elle aussi profondément remaniée avec une calandre blanche futuriste et des projecteurs au xénon ultramodernes pour l’époque.
L’objectif principal du concept Faurecia Premium Attitude, nom officiel de cette Tatra modifiée, était avant tout de représenter l’intérieur des futures automobiles premium. Sans doute par sympathie personnelle, les créateurs du concept choisirent précisément la voiture de Koprivnice pour cette mission. Son habitacle est en effet à peu près aussi spacieux que celui des modèles premium de catégorie moyenne de l’époque, tels que la BMW Série 5 ou la Mercedes-Benz Classe E.
Outre les portes antagonistes déjà mentionnées, le concept disposait d’un coffre placé à l’arrière — contrairement au modèle d’origine - avec un plancher coulissant intégrant également la partie arrière de la carrosserie. En dessous se trouvait un silencieux d’échappement ultrafin, comme aucun véhicule de série n’en possédait alors.
Le concept introduisait également des sièges ultrafins et légers, conservant pourtant toutes leurs fonctionnalités. Leur partie arrière recevait un habillage en chêne blanc - également présent ailleurs dans l’habitacle - renforçant l’impression de luxe.
Le siège conducteur constituait une autre particularité : il intégrait un accoudoir qui se déplaçait en même temps que le siège, augmentant ainsi le confort. Autre innovation intéressante : une planche de bord autoportante ne nécessitant aucun renfort transversal, ce qui permettait de gagner à la fois de l’espace et du poids. Le contrôleur multifonction n’était pas relié à l’écran par des câbles, mais par la technologie sans fil Bluetooth, révolutionnaire à l’époque.
Les appuie-têtes ne se déployaient qu’en cas de collision. Les sièges avant recevaient des ceintures de sécurité intégrées, ancrées au centre du véhicule. En conduite rapide, les sièges avançaient automatiquement afin d’offrir une position de conduite plus sportive ; lors de la sortie du véhicule, ils reculaient et pivotaient électriquement. Chacun des quatre passagers disposait de sa propre climatisation.
L’interface multimédia entre le conducteur et la voiture était particulièrement remarquable pour l’époque. Associée à une fonction au nom évocateur de « vague magique », elle s’adaptait aux exigences de conduite et affichait ou masquait différentes informations sur les écrans du tableau de bord.
Par exemple, en conduite sportive, l’écran central se masquait et seules les informations de vitesse et de navigation restaient visibles, directement devant le conducteur derrière le volant. À l’inverse, lors d’une conduite urbaine confortable à faible allure, il était possible de dévoiler la partie centrale avec un grand écran indiquant les fonctions de confort et diverses données de fonctionnement du véhicule. Et n’oublions pas un autre détail : l’habitacle était éclairé par des diodes lumineuses diffusant une lumière agréable et discrète. Bref, on se croirait aujourd’hui.
Lors de sa présentation américaine il y a presque 20 ans - cette « nouvelle » 603 ne fut plus jamais montrée en public par la suite - une question s’imposa assez logiquement : la marque Tatra préparait-elle un retour parmi les constructeurs automobiles, et avait-elle financé ce projet ? Malheureusement, rien de tout cela n’était vrai. Tatra, du moins comme constructeur de voitures particulières, avait cessé cette activité dix ans plus tôt avec la Tatra 700. Pourtant, la silhouette classique de cette Tatra à moteur arrière reste fascinante encore aujourd’hui. Un constructeur osera-t-il un jour revenir à un design aussi audacieux ?
Légendes des photos :
- Le réussi concept de Tatra 603 moderne de 2007 fut réalisé par Faurecia sur la base d’une T-603 de troisième série de 1972.
- Les portes antagonistes arrivèrent plus tard en série sur la Rolls-Royce Phantom ou encore l’Opel Meriva.
- Là où se trouvait autrefois le V8 refroidi par air, Faurecia aménagea un coffre particulièrement accessible.
- Aujourd’hui, on retrouve surtout ce type de sièges ultrafins dans les voitures de sport.
Lu sur : https://autosalon.tv/novinky/retro/retro-hvezdou-autosalonu-v-l-a-byla-pred-15-lety-tatra-603-jeji-nova-reinkarnace-predbehla-dobu
Adaptation VG