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Il est difficile de trouver quelqu’un qui ne l’ait jamais rencontrée. La Skoda Octavia est la voiture la plus répandue en République tchèque et y reste encore aujourd’hui le modèle le plus vendu avec une large avance. Presque tout le monde est déjà monté dedans, l’a conduite, ou connaît quelqu’un qui en a une dans sa cour.

Cette année, la Skoda Octavia fête ses trente ans. Les exemplaires les plus anciens peuvent déjà être immatriculés en véhicules de collection, mais la première génération a été produite jusqu’en 2010 avec la version Tour. Ce sont aujourd’hui naturellement les mieux conservées, c’est pourquoi mon frère en a récemment acheté une comme première voiture. Je la lui ai empruntée avec curiosité. Alors, comment roule une Octavia de première génération trois décennies après son apparition ?

Banale, mais est-ce un problème ? Parler de l’apparence de cette Octavia n’a guère de sens. Tout le monde la connaît et vous en croisez probablement encore tous les jours. Ses lignes ne sont pas totalement simples et, dans le contexte de l’époque, son design était réussi, même s’il a vieilli aujourd’hui. Mais le design n’a jamais été la raison principale de son achat.

L’Octavia séduisait surtout par son espace. Elle en offrait vraiment beaucoup, notamment avec un coffre de 528 litres, très appréciable face à la Skoda Felicia Combi (447 litres). La version break n’ajoutait que 20 litres, mais était un peu plus pratique. À l’arrière en revanche, l’espace est limité : moi-même, je m’y assois avec les genoux collés au siège avant.

Cela dérange moins quand on sait que les sièges sont - surtout vus d’aujourd’hui - extrêmement durs. Après une heure de route, j’avais déjà mal au dos, et la version Tour n’y change rien. Le maintien latéral est faible, ce qui se ressent dans les virages. En revanche, la position de conduite est bonne et facile à trouver. On peut aussi apprécier la large gamme de tissus proposés à l’époque.

Le reste de l’intérieur est plutôt correct. Certes, pas de plastiques moussés ni de volant en cuir sur ce modèle, mais l’assemblage est impeccable et, même après 160,000 km, rien ne grince. On regrette l’absence de porte-gobelets et un système audio aujourd’hui dépassé, mais à l’époque, ce n’était pas une priorité dans cette catégorie.

La première Octavia partage sa plateforme avec la Volkswagen Golf de 4ème génération. Celle-ci étant plus courte, les porte-à-faux sont assez importants. Le châssis est bas, ce qui explique pourquoi beaucoup d’exemplaires ont aujourd’hui le pare-chocs avant abîmé par en-dessous. La Skoda Octavia est toutefois exactement telle que je m’en souviens lorsque j’ai fait mes débuts au volant.

Le réglage du châssis privilégie le confort, avec beaucoup de roulis. La rigidité de la carrosserie n’est pas exceptionnelle, certaines secousses sont transmises à l’habitacle. La direction n’est pas très précise, notamment à cause des pneus à flancs hauts - ce qui est logique pour une voiture conçue il y a trente ans. À la limite, atteinte assez rapidement, l’Octavia sous-vire de manière prévisible. En résumé, le châssis n’était pas exceptionnel, même à l’époque. Le comportement est plutôt moyen, demande des corrections sur route dégradée, mais reste sain et stable en conduite normale. Les progrès les plus importants concernent aujourd’hui les systèmes d’assistance et de sécurité.

L’Octavia proposait déjà l’ABS, ainsi qu’un système antipatinage simple (ASR). L’ABS est d’ailleurs bien utile, car la pédale de frein est à la fois assez molle et très sensible. Le dosage du freinage n’est donc pas idéal, mais on s’y habitue. L’embrayage de cet exemplaire accroche très haut, mais après 160,000 km, c’est compréhensible.

Sous le capot, la première Octavia a reçu une large gamme de moteurs. Les versions de base comprenaient des 1.4 essence, avec en option des 1.6, 2.0 ou encore le 1.8T atmosphérique ou turbo. Ce dernier équipait la version sportive RS, qui commence à devenir un youngtimer recherché.

Les plus populaires étaient toutefois les diesels 1.9. Le SDI, très économique, manquait cruellement de puissance. Le TDI, plus apprécié, existait en plusieurs versions de 90 à 130 vh et pouvait descendre sous les 4 l/100 km avec une conduite adaptée. En revanche, ces moteurs étaient mal insonorisés et peu raffinés, surtout au ralenti.

Notre modèle est équipé du 1.6 atmosphérique de 101 ch. Difficile de lui reprocher grand-chose : il est souple, agréable dès 2,000 tr/min et suffisant pour une conduite tranquille, même si la réponse à l’accélérateur pourrait être meilleure. La consommation tourne autour de 7 à 8 l/100 km, un compromis raisonnable pour un meilleur confort de conduite.

Le principal défaut des moteurs essence (et aujourd’hui aussi diesel) de l’Octavai reste la consommation d’huile. Sinon, ces mécaniques simples sont globalement fiables, même si l’âge peut apporter des surprises. Les diesels sont à éviter aujourd’hui : la plupart des voitures ont déjà parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres et ne brillent plus vraiment en matière d’émissions - d’autant plus en hiver, où suivre une Skoda Octavia dans les embouteillages devient souvent pénible.

Si l’on devait résumer : construction robuste (malgré la corrosion), moteurs fiables et châssis relativement confortable font de cette Octavia une voiture toujours appréciée au quotidien. On trouve facilement des pièces pour elle et cela devrait encore durer longtemps ; n’importe quel mécanicien « ordinaire » saura l’entretenir. Vous n’impressionnerez pas vos voisins avec, mais vous ne serez probablement pas non plus trop contrarié si elle prend une rayure sur le parking du supermarché.

Cependant, elle a été produite en très grand nombre : près de 1,5 million d’exemplaires, dont un tiers en break. Les versions TDI classiques, souvent gris métallisées ou beiges, ne seront donc pas rares avant longtemps. En revanche, une version RS pourrait bientôt entrer dans la catégorie des voitures collectionnables, au moins en République Tchèque où la marque est très appréciée.

Pour un usage quotidien, cette Skoda Octavia reste tout à fait valable, et même si les beaux exemplaires atteignent aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de couronnes, vous pourrez au moins justifier cette dépense par un entretien peu coûteux.

Légende des photos :

  • La Skoda Octavia de première génération a été produite en deux versions de carrosserie : liftback et break, ce dernier étant arrivé sur le marché deux ans plus tard.
  • Même la version liftback offrait un excellent coffre de 528 litres, facile d’accès. Le break ajoutait simplement un espace plus exploitable au-dessus du cache-bagages.
  • Des compteurs simples et lisibles, un volant bien en main et de longs débattements de la boîte manuelle : rien de plus n’est nécessaire pour le conducteur au volant d’une Octavia.

Lu sur : https://autosalon.tv/novinky/ojetiny/jednickova-octavia-i-po-triceti-letech-ma-stale-co-nabidnout-vyzkouseli-jsme-jednu-z-poslednich
Adaptation VG

Tag(s) : #Skoda, #Octavia, #Essai, #Analyse