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La Trabant a cessé d’être produite en série en 1991, mais pendant cinq ans encore, des exemplaires de la dite « Last Edition » ont continué à être vendus. Revenons sur son histoire.
La Trabant illustre parfaitement les défauts de l’économie planifiée et l’incapacité d’innover des anciennes républiques socialistes. Arrivée sur le marché comme une voiture révolutionnaire, elle est restée en vente bien plus longtemps qu’il n’est raisonnable, pour finalement quitter la production comme une relique dépassée. Les derniers exemplaires n’intéressaient déjà plus personne.
La Trabant a pourtant fait ses adieux avec une série « Last Edition », une série finale aujourd’hui très prisée (notamment pour les voitures en état exceptionnel). Mais alors que les éditions limitées modernes, notamment de voitures de sport, se vendent très rapidement, la situation était bien différente pour la Trabant. La « Last Edition » s’est écoulée longtemps après la fin de la production. D’ailleurs, la création même de la Trabant 1.1 « Last Edition » est assez particulière.
L’histoire de la « Last Edition » commence en 1991, année de la fin de production du modèle. Des revendeurs polonais vendirent alors environ 500 break Trabant 1.1 Universal à un commerçant turc. Mais celui-ci fit faillite, les douanes bloquèrent les voitures, et les Trabant restèrent immobilisées dans le port turc de Mersin.
Elles y restèrent trois ans, jusqu’à ce que la société ayant succédé à l’ancien constructeur, Sachsenring Automobiltechnik GmbH, les rachète et les rapatrie en Allemagne. L’importation fut facilitée par la Tchèque Hana Jurenova, qui devint ensuite directrice de la branche Europe de l’Est de l’entreprise. En récompense, elle reçut un exemplaire de la « Last Edition ».
Après trois ans d’immobilisation, les voitures nécessitèrent une rénovation complète : nouveaux vitrages, nouvelle peinture, ajout d’un autoradio et d’un catalyseur. Elles furent décorées d’emblèmes dorés et de l’inscription « Einer von 444 » (« une des 444 »). Au total, 444 exemplaires (tous blancs) furent rénovés et vendus comme série d’adieu. Les acheteurs recevaient aussi une clé spéciale ou un portefeuille en cuir.
Cette idée intéressante fut pourtant un échec total. La Trabant 1.1 Universal « Last Edition » était vendue au prix « nostalgique » de 19,444 marks, une somme élevée pour l’époque. À titre de comparaison, une Volkswagen Golf (III) ou une Ford Escort coûtait environ 20,000 marks.
On était encore loin de la vague de nostalgie et la Trabant n’était pas à la mode. Il n’est donc pas surprenant que seuls quelques dizaines de passionnés en Allemagne aient acheté la voiture. En 1995, des annonces apparurent même dans la presse automobile tchèque. En 1996, les derniers exemplaires furent écoulés à prix réduit, 9,999 marks, notamment via la chaîne de supermarchés Allkauf. Le dernier exemplaire aurait été acquis par le chanteur allemand Udo Lindenberg.
L’échec de la « Last Edition » montre qu’au début des années 1990, la Trabant n’avait déjà plus sa place sur le marché. La Trabant 601 était produite depuis 1964 et reposait techniquement sur des modèles encore plus anciens (500/600) datant de 1962. À la fin des années 1980, au lieu d’une nouvelle génération, une simple modernisation fut proposée, illustrant l’incapacité de l’industrie automobile Est-allemande. La Trabant reçut enfin un moteur quatre temps - mais bien trop tard - qui plus est sous licence Volkswagen. La Trabant 1.1 était équipée d’un moteur essence quatre cylindres de 1,043 cm³ issu de la Polo de deuxième génération, développant 40 ch, associé à une boîte manuelle à quatre rapports.
Ce nouveau moteur nécessita des renforts structurels, ainsi qu’un nouveau train avant avec jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux et freins à disque. L’intérieur fut aussi modernisé, avec une nouvelle planche de bord et un levier de vitesses déplacé au plancher.
Mais même en Allemagne de l’Est, cela n’était plus suffisant, surtout avec un prix plus élevé. Après la chute du mur de Berlin et la réunification, les voitures occidentales devinrent accessibles, et la Trabant, dépassée, n’avait plus rien à offrir face à la concurrence.
La production de la Trabant 1.1 prit fin en avril 1991. Le dernier exemplaire était un break Universal rose. La berline avait déjà disparu un an plus tôt, marquant aussi la fin des moteurs deux temps. Au total, 39,474 unités de la 1.1 furent produites, sur plus de 3 millions de Trabant toutes générations confondues. Le pic de production fut atteint en 1988 avec 146,550 exemplaires.
Légende des photos :
- La Trabant aurait pu évoluer ainsi, mais il n’y avait plus de moyens financiers pour des changements plus importants.
- La Trabant 1.1 est reconnaissable au premier coup d’œil grâce à sa face avant redessinée.
- Au début du millénaire, on parlait d’une réincarnation moderne de la Trabant, mais elle n’a finalement jamais vu le jour.
Lu sur : https://www.garaz.cz/clanek/auta-historie-trabant-se-jako-novy-prodaval-jeste-v-roce-1996-last-edition-za-cenu-golfu-mel-ceskou-stopu-byl-to-vsak-propadak-21016621
Adaptation VG