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Le film Borat offre, entre autres grâce aux voitures qu’il montre, un véritable feu d’artifice de mauvais goût. À côté d’un misérable camion de glaces, une Dacia 1300 transformée en calèche arrache aussi des rires. C’est dans ce véhicule que Borat quitte, au sens propre comme au figuré, son pauvre village natal pour partir à la conquête du vaste monde. Là-bas, le pseudo-Kazakh est devenu une star et pourrait désormais revenir à ses racines avec une nouvelle voiture. S’il portait son choix sur la Dacia Logan 1.6 16V Prestige que nous avons testée, Borat ferait preuve à la fois de fidélité à la marque, de modestie et de réussite. Trois valeurs importantes pour celui qui achète une voiture.
La Logan, produite en Roumanie et dotée de technologie Renault, fait parler d’elle depuis plus de deux ans (*), et pas seulement en Europe de l’Est. La recette de son succès est aussi simple qu’efficace : offrir beaucoup de voiture pour très peu d’argent. Ceux qui veulent investir un peu plus pour obtenir un peu plus peuvent commander, depuis l’année-modèle 2007, la Logan légèrement revue pour la première fois en version haut de gamme Prestige. Pour 10,250 euros, on obtient une berline cinq places généreusement dimensionnée, dotée d’un moteur de 105 ch et même de quelques équipements de confort attrayants.
Pour l’année-modèle 2007, la Logan se reconnaît notamment à ses clignotants à glace claire et à l’encadrement de la calandre peint couleur carrosserie. Sur la version Prestige, les poignées de porte, baguettes latérales, pare-chocs et rétroviseurs extérieurs sont également peints couleur carrosserie. S’y ajoutent des baguettes décoratives sur les seuils de porte et la calandre. Malgré ces retouches : une Logan peut être beaucoup de choses, mais certainement pas sexy. La silhouette tricorps classique, le toit haut perché, le design pragmatique et ennuyeux ne sont pas les ingrédients pour séduire au premier coup d’œil.
La forme de la Logan offre toutefois de réels avantages : quatre grandes portes facilitent l’accès à un habitacle offrant suffisamment de place et une excellente garde au toit pour cinq passagers. À l’arrière, on trouve un véritable coffre de 510 litres. Grâce à son espace intérieur, la Logan distance largement ses concurrentes en termes de prix issues du segment des citadines. Pour le reste, les passagers sont accueillis par un univers de plastiques durs dégageant une légère odeur de… plastique. L’ambiance est adaptée à la catégorie de prix, mais reste globalement un peu morne. Dans notre véhicule d’essai, des cerclages argentés autour des aérateurs et un insert central à reflets argentés apportent un peu plus de standing. Un autoradio CD est également monté de série. Le pommeau de levier de vitesses et le volant sont gainés de cuir. Les deux compteurs ronds à fond blanc et l’affichage numérique central de l’ordinateur de bord sont même élégants. Malgré ces efforts, l’intérieur reste avant tout fonctionnel et seulement moyennement accueillant.
Un tour de clé classique et le quatre-cylindres de 1,6 litre se fait entendre d’une voix rauque. Bien que présent acoustiquement, ce moteur de 105 ch reste suffisamment raffiné et jamais envahissant. Embrayage enfoncé, première engagée sans effort, on accélère et on relâche l’embrayage - et la surprise arrive. La voiture semble avoir du piment dans l’essence : les pneus crissent bruyamment et le moteur grimpe rapidement jusqu’au rupteur. À 7,000 tr/min au plus tard, il faut passer la deuxième, avec l’aiguille du compteur déjà au-delà des 90 km/h. Cette berline tricorps à l’allure si terne se montre donc au moins aussi vive dans la circulation que les supporters de Schalke après une victoire de leurs bleus royaux. En chiffres : le sprint de 0 à 100 km/h est abattu en 10,2 secondes, la vitesse maximale atteint 183 km/h. En descente et avec le vent dans le dos, l’aiguille peut même s’approcher de la barre des 200 km/h. Malgré ces bonnes performances, la consommation peut rester raisonnable. En revanche, les 7,1 l/100 km annoncés par le constructeur se sont transformés, lors de nos essais très dynamiques, en un solide 11,2 litres.
Le potentiel élevé du moteur 16 soupapes mériterait un châssis capable de transmettre la puissance à la route de manière plus souveraine. En ville et sur route, cela fonctionne néanmoins assez bien, même sans ESP. Les grosses irrégularités sont bien filtrées. En revanche, dans les virages rapides, la voiture prend rapidement du roulis et sous-vire de manière précoce mais bien contrôlable. Les réactions brusques ou imprévisibles sont absentes. Seuls les roulages à haute vitesse, au-delà de 150 km/h, peuvent devenir un peu délicats, notamment en cas de vent latéral. À cause de la direction indirecte et légèrement imprécise autour du point milieu, la voiture a tendance à louvoyer dangereusement de gauche à droite par fortes rafales. Cela demande beaucoup de concentration et gâche le plaisir d’impressionner les autres usagers avec les bonnes performances de cette Dacia musclée.
Imbattable côté prix - voilà tout ce qu’il y a à dire sur la Dacia Logan 1.6 16V Prestige. La berline tricorps Skoda Octavia Tour 1.6, affichée à 13,790 euros, s’en approche le plus. Pourtant, malgré près de 4,000 euros de plus, la Tchèque propose un équipement encore plus pauvre. Dacia offre donc de loin le maximum pour un minimum d’argent.
Aucun doute : Borat prendrait un immense plaisir au volant de la Dacia Logan 1.6 16V Prestige. Dans son univers, cette version de 105 ch serait une spectaculaire voiture de luxe sportive. En Allemagne aussi, ce véhicule à seulement 10,250 euros devrait trouver ses adeptes. Ceux qui recherchent une voiture pratique, bien motorisée et bon marché trouveront dans la Logan une offre imbattable. Seul le châssis confortable pourrait être réglé de façon un peu plus sportive. Voilà au moins un terrain de jeu pour les préparateurs. Mais même en sortie d’usine, la Roumaine chic est déjà une belle réussite.
Lu sur : https://de.motor1.com/reviews/167733/borats-traum-dacia-logan-in-der-top-version-16-16v-prestige-im-test/
Adaptation VG
(*) Cet article date de mars 2007.