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« Comment appelle-t-on une Lada au sommet d’une colline ? Un miracle », dit la blague. Pourtant, comme je l’ai constaté en conduisant à travers l’ex-Union Soviétique où la voiture est née en 1970, une colline peut s’avérer utile lorsque le moteur tombe en panne.
Un demi-siècle après l’arrivée des voitures russes au Royaume-Uni, en mai 1974, les Lada connaissent un regain de popularité, accompagné de prix en forte hausse. Toute une communauté de superfans s’est formée autour des Lada. Des groupes Facebook dédiés rassemblent à eux seuls des dizaines de milliers de membres.
Beaucoup considèrent Ed Hughes, 53 ans, comme une sorte d’expert, et il rejette fermement leur réputation de voitures souvent en panne. Vivant dans le Devon, il possède une collection de 20 voitures classiques issues de l’ancien bloc de l’Est, dont sept Lada. Parmi elles se trouve une Lada Oka, une petite citadine que son ami a ramenée de Moscou en trois jours en 2016.
Il a confié à Metro.co.uk : « La plupart sont un peu fatiguées quand on les achète, alors je prends le temps de les remettre en état, et ensuite elles le restent généralement ».
Les Lada, produites par l’entreprise russe AvtoVAZ, détenue par l’État, sont entrées dans la vie d’Ed Hughes dès son enfance dans les années 1970, peu après l’arrivée des premiers modèles au port de Hull. L’économie était en mutation, les industries lourdes disparaissaient, et les gens avaient besoin d’un « moyen de transport bon marché et fiable ».
Elles sont rapidement devenues courantes dans le nord de l’Angleterre, dans des « villes industrielles délabrées où les gens étaient inévitablement licenciés », explique Ed Hughes. « Les voitures tombaient en panne avec une régularité effrayante et les gens redoutaient des factures énormes parce que la boîte de vitesses avait explosé ou autre. Beaucoup achetaient donc une Lada, non pas parce qu’elle était à la mode, mais parce que c’était une voiture basique, de taille raisonnable, avec une garantie ».
Cela attira l’attention de son père - récemment licencié de l’industrie textile - lorsqu’il vit un voisin en conduire une à Bolton. Il se joint lui aussi à la tendance en achetant un modèle neuf.
Ainsi, lorsque Ed acheta sa première voiture en 1991, il se tourna naturellement vers une Lada. Une Riva d’occasion avec 20,000 miles. À £1,400, c’était la voiture la moins chère disponible. « De façon plutôt excentrique, je la conduis toujours, dit-il. Et elle roule ‘magnifiquement’ ».
Ed Hughes ajoute : « Elle tourne encore comme une machine à coudre. La boîte de vitesses est agréable et précise. Le moteur est silencieux, doux, et il n’y a jamais de problème ». Il raconte aussi avoirl parcouru 400 km sans encombre dans une Lada 1200 de 1979.
Les Lada restent des voitures économiques et pratiques dans les anciennes républiques soviétiques - de l’Ukraine à l’Ouzbékistan. On peut acheter une Lada de première génération d’occasion, avec une porte qui coince et des pneus à changer, pour moins de £100. Mais elles ont quasiment disparu des routes britanniques.
Leur popularité est néanmoins en hausse. Comme le raconte Ed Hughes, il existe trois types d’acheteurs de Lada : ceux qui en ont toujours conduit, ceux qui veulent une voiture de collection à la quarantaine ou à la cinquantaine, et les jeunes attirés par une esthétique vintage.
Quelque chose a fait tilt chez Mike Tanas lorsqu’il a eu 30 ans en 2019. Il voulait une voiture de collection. Le trentenaire explique à Metro.co.uk : « Je regardais tous les modèles classiques habituels - Ford Escort, Volkswagen Golf, Fiat. Puis je me suis dit : pourquoi pas une Lada ? J’en ai beaucoup de photos de mon enfance ».
Né d’une mère russe et d’un père moldave, Mike Tanas connaissait bien les Lada. « Ce n’est pas un caprice, dit-il. J’ai un lien avec cette voiture. J’en garde de très bons souvenirs ». Mais cela faisait vingt ans qu’il n’en avait pas vu une, depuis que son oncle était venu chercher sa famille à l’aéroport en Moldavie lorsqu’il avait 14 ans.
« Pour être honnête, je ne pensais pas qu’il y en avait encore au Royaume-Uni », confie Mike. Il envisageait d’en acheter une en Ukraine et de rentrer avec, jusqu’à ce qu’il en trouve une à vendre sur eBay pour £2,050. Tout était usé par des années d’utilisation - pneus, freins, volant. Mais c’était toujours « une voiture solide », même si le trajet à 70 km/h de Manchester à Londres était un peu « limite ».
« J’ai vraiment développé une relation avec cette voiture, depuis l’achat jusqu’aux longs trajets et à tout le travail que j’ai fait dessus, surtout pendant le confinement. Elle m’a tenu occupé », dit Mike Tanas. Heureusement pour lui, il est mécanicien moto de métier, donc manier les outils nécessaires ne lui posait aucun problème, même s’il n’avait « jamais travaillé sur une voiture de collection » auparavant.
Mais il n’est pas nécessaire d’avoir de grandes compétences pour entretenir une Lada, et cela a toujours fait partie de leur attrait. « Il n’y a rien de compliqué », explique Mike Tanas. « Il faut juste faire preuve de bon sens ».
Les Lada classiques sont des voitures simples, avec des vitres manuelles, pas d’appuie-tête ni de radio, des commandes lourdes et des freins qu’il faut écraser. Leur aspect vintage et leurs bizarreries sont charmants, mais elles ne sont pas aussi spectaculaires qu’une Ford Mustang ou une Chevrolet Corvette, même si elles attirent les regards sur la route. À part le plaisir de glisser grâce à la propulsion arrière, il n’y a rien de particulièrement excitant dans une Lada.
Si quelque chose a perduré, c’est bien leur attrait d’origine. Elles se distinguent dans un monde de voitures modernes bardées de multimédia. Elles sont basiques, fiables et faciles à entretenir, grâce notamment au manuel d’instructions d’usine qui accompagnait encore la première Lada d’Ed Hughes lorsqu’il l’a achetée d’occasion.
Mike Tanas résume : « C’est d’une simplicité pure. Rien n’est compliqué. On monte dans la voiture, il n’y a pas d’électronique, pas de boutons. Il n’y a que vous et la voiture. Il y a quelque chose de très agréable là-dedans ».
Cette nouvelle popularité a fait grimper les prix au cours de la dernière décennie, selon Ed Hughes. « La plupart de celles que j’ai achetées m’ont coûté environ 100 livres. Littéralement, il y a vingt ans, personne n’en voulait », dit-il. Aujourd’hui, une épave rare en conduite à droite peut coûter £1,500, mais il « ne conseillerait pas d’en acheter une ». Un modèle « correct » se négocie plutôt autour de £5,000. « On ne tombe plus jamais sur une Lada bon marché. Avant, il y en avait partout », conclut-il.
Bien qu’Ed Hughes et ses amis aient déjà ramené des voitures classiques depuis Moscou par la route, et que Mike Tanas ait rêvé de le faire depuis l’Ukraine, la guerre y a mis un terme…
Encadré : Les six meilleures blagues sur les Lada que nous ayons entendues.
- Comment doubler la valeur d’une Lada ? Remplir le réservoir.
- Un homme va chez le garagiste et demande : « Puis-je avoir un essuie-glace pour ma Lada ? » Le mécanicien répond : « Ça me paraît être un échange équitable. »
- Comment éviter les excès de vitesse ? Acheter une Lada.
- Ma Lada avait un problème de rouille, alors je l’ai aspergée de produit antirouille. La voiture a disparu.
- Comment deux propriétaires de Lada se reconnaissent-ils ? Ils se sont déjà croisés au garage ce matin.
- Quelle est la différence entre une Lada et une balle de golf ? On peut frapper la balle de golf à plus de 200 mètres.
Légende des photos :
- Cette Lada 1200 berline de 1979 fait partie de la collection de 20 voitures classiques provenant de l’ex-Union Soviétique d’Ed Hughes.
- Ed Hughes n’a jamais possédé de voiture moderne.
- La Lada 1200 break de 1985 n’a rien de flamboyant, mais elle a du charme.
- Une Lada sur la route en Ouzbékistan, où ces voitures sont encore courantes (NDT : raté !).
- Mike Tanas emmène sa fille se promener dans les collines du Surrey à bord d’une Lada 2101 bleue de 1973.
- Les Lada sont produites par AvtoVAZ, une entreprise russe partiellement détenue par l’Etat.
- N’y a-t-il pas quelque chose de romantique dans une Lada sous la neige ?
- La première voiture d’Ed Hughes était une Lada Riva 1300SL de 1988.
- Les Lada sont parmi les voitures les plus courantes en Ukraine, où de nombreux Britanniques achetaient la leur avant l’invasion russe à en 2022.
Lu sur : https://metro.co.uk/2024/05/01/return-lada-cold-war-era-car-surging-popularity-uk-20725343/
Adaptation VG