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Elle a joué au cinéma, à la télévision et dans un clip vidéo. Elle rouillait dans un jardin et aujourd’hui elle brille à nouveau : voici la Skoda 110 R du film tchécoslovaque Rabaka, dans lequel, il y a trente-six ans, le groupe Elan jouait, chantait et roulait.

L’histoire d’« une bande de fous qui vivent du rock » a attiré une attention exceptionnelle en 1989. Dans ce film culte du scénariste Boris Filan et du réalisateur Dusan Rapos, les rôles principaux ont été tenus par les membres du groupe Elan - et aussi par une Skoda…

Une voiture apparemment rapide était indispensable au scénario. « J’ai donc demandé à la légende tchécoslovaque du rallye Jozef Studenic, mon ami, de prêter sa voiture de course pour le film. Mais il nous a recommandé ce coupé rouge. L’avantage était qu’il s’agissait d’une voiture de série à l’intérieur, mais fortement modifiée à l’extérieur : carrosserie élargie, capot sur mesure, ailes larges dans le style de la Skoda 130 RS. À cela s’ajoutaient des phares avant de Skoda 120 LS et quatre feux arrière ronds séparés provenant d’une Fiat 850 Sport », explique le chanteur Jozo Raz, qui réalisait avec la voiture de véritables prouesses dans le film.

On disait donc que sous le capot battait un moteur de compétition. Cette supposition venait probablement des scènes où Jozo Raz fait patiner les pneus devant un hôtel, et surtout de celle où il fuit une patrouille de police : l’aiguille du compteur y atteint les 180 km/h ! « Mais ce n’était qu’un trucage : la voiture avait un moteur de série, un quatre-cylindres de 1,1 litre développant 62,5 chevaux », précise Jozo Raz.

Nous nous sommes demandé ce qu’était devenue la voiture après le film. Pendant plus d’un quart de siècle - toutes les années 1990 et encore quinze années de ce siècle - elle a disparu du radar des créateurs du film et du groupe Elan. La majeure partie de cette période elle a rouillé dans le jardin de la mère de son propriétaire. De temps à autre seulement, quelqu’un signalait au groupe avoir vu la « Rabaka » sillonner les routes de Slovaquie.

Un fan de longue date du groupe Elan, Lukas, a finalement découvert la Skoda emblématique dans un état très fatigué chez un revendeur de voitures d’occasion de Bratislava. « Les kilomètres parcourus, les années sur la route et les longues périodes hors circulation sans entretien étaient visibles au premier coup d’œil », se souvient-il. Jozo Raz a immédiatement racheté la voiture et l’a confiée aux techniciens du Slovakiaring pour une restauration complète. Aujourd’hui, elle se trouve justement dans les installations de ce célèbre circuit slovaque.

La voiture apparaît parfois ailleurs aussi : à l’été 2019, elle a été l’une des principales vedettes du festival de cinéma Art Film Fest Kosice, où elle accompagnait élégamment la projection de la version numérisée du film Rabaka. L’an dernier, Elan l’a également emmenée sur certains concerts. Est-ce que le groupe refera la même chose au stade Eden de Prague le 6 juin 2026 ?

De quoi parle le film ? Le scénario s’inspire de la vie du groupe. Les rôles principaux sont tenus par Jozo Raz, Jano Balaz et Martin Karvas. On y entend aussi les voix d’acteurs célèbres comme Maros Kramar ou Roman Luknar. L’intrigue raconte l’histoire d’un groupe nommé Rabaka qui décide, après sa dissolution, de revenir sur scène. Avec un jeune parolier, Peter, ils tentent non seulement de récupérer le matériel technique du groupe, mais surtout de créer un nouveau programme de concert intitulé Le « retour du petit prince ».

(…) En retraçant l’histoire de la Skoda de Rabaka, nous avons bien sûr rencontré les musiciens d’Elan. Nous avons interviewé Jozo Raz et Jano Balaz et nous n’avons pas parlé que de Rabaka.

Q : Vous arrive-t-il de conduire la Skoda emblématique maintenant qu’elle est si magnifiquement restaurée ?
Jozo Raz : Je pourrais, les gars du Slovakiaring me le proposent toujours, mais je ne veux pas la cabosser maintenant qu’elle est si belle. Dans le film, je m’en suis déjà suffisamment servi.

Q : La cabosser ? Pourtant vous avez fait de la course pendant des années !
Jozo Raz : Bien sûr, je m’y suis consacré pendant une bonne quinzaine d’années. En Fiesta Cup, j’ai remporté le titre de champion de Slovaquie dans la catégorie jusqu’à 1600 cm³.
Jano Balaz : J’ai couru aussi longtemps. C’était l’époque où je lisais régulièrement Svet Motoru, j’y étais même abonné. J’ai été champion de Tchécoslovaquie puis champion de Slovaquie dans la catégorie 2,000 cm3. Dans toute ma vie, j’ai parcouru plus de trois millions de kilomètres sans accident. J’ai tout simplement une relation forte et passionnelle avec les voitures.
Jozo Raz : Pour moi, la voiture est un salon, parce que j’y vis pratiquement depuis un demi-siècle. J’en ai eu beaucoup : grandes, petites, des sportives chères… J’y ai aussi payé de lourdes amendes. Mais aujourd’hui je suis plus calme. Conduire me plaît toujours autant.

Q : L’article parle de la Skoda de Rabaka, mais vous souvenez-vous de vos toutes premières voitures ?
Jozo Raz : J’avais une Skoda 1000 MB que nous avons réalésée à 1,1 litre et améliorée au point que le moteur a fini par serrer.
Jano Balaz : À dix-huit ans, j’ai acheté à la police pour six mille couronnes un vieille Moskvitch réformée, avec le levier de vitesses au volant. Elle avait des sièges rabattables, donc c’était un excellent lit. Le moteur aussi a serré. On avait oublié d’y remettre de l’eau après la révision générale que nous avions faite dans la rue.

Q : Et les voitures des tournées de concerts ?
Jozo Raz : Quand nous partions jouer en Scandinavie pendant l’été, nous utilisions différents minibus. Le premier était un Barkas ; avec lui, nous sommes allés jusqu’à Lulea et retour. Ensuite sont arrivées les « douze-cent-trois ». Sur l’une d’elles, nous avons même changé la boîte de vitesses au-delà du cercle polaire.

Q : Et tout s’est bien passé ?
Jano Balaz : Comme toujours. Par exemple, en revenant d’un concert, nous avons fini sur le toit avec la Lada de Vaso Patejdl. La voiture, comme une boîte de conserve froissée, s’est remise sur ses quatre roues et nous sommes rentrés chez nous. Mais ensuite, elle a pris feu devant l’hôtel. Nous voulions avoir une sono dans la voiture et utilisions divers dispositifs d’alimentation branchés sur l’allume-cigare. Un ami avait fabriqué une résistance pour faire passer le courant de douze à neuf volts, ce dont la radio avait besoin. Mais Vaso a oublié de la retirer, la résistance a chauffé au point d’enflammer les cartes en papier dans la boîte à gants. De là, la voiture a pris feu. Heureusement, tout s’est bien terminé : nous avons donné un coup de pied dans le pare-brise et éteint l’incendie. Cette Lada a vraiment supporté des choses incroyables. Mais la Skoda de Rabaka aussi. Heureusement qu’elle existe encore aujourd’hui !

Lu sur : https://www.auto.cz/auto-z-klipu-a-filmu-skupiny-elan-pohnuty-pribeh-skody-rabaka-159406
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #Skoda, #Rabaka, #Tuning, #Cinéma, #Musique, #Interview