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Dans son numéro 43/1987 la magazine polonais « Motor » partageait ses premières impressions de conduite de la nouveauté du conglomérat tchécoslovaque, une semaine après avoir évoqué la présentation. Le journaliste avait eu l’occasion de prendre le volant de la « Favoritka » lors de la foire internationale de Brno, où ce modèle a été officiellement présenté pour la première fois, et de la tester en détail… sur un circuit de course.
La présentation de la nouvelle Skoda était indéniablement la plus grande attraction de la Foire de Brno ’87. Personne ne manquait d’y consacrer quelques minutes pour découvrir les nouveaux véhicules tchécoslovaques tournant sur leurs podiums. Les journalistes pouvaient les examiner de plus près. Dans l’atrium du bureau de Motokov se trouvait une toute nouvelle Skoda rouge. On pouvait l’observer en détail, même s’asseoir au volant, mais chacun sait que c’est en la conduisant que l’on juge le mieux une voiture.
Jiri Petrak du bureau Motokov de Varsovie m’avait promis de m’aider. Le deuxième jour de la foire, j’ai reçu une autorisation spéciale me permettant de tester la Skoda Favorit. À 11h30, nous devions donc nous présenter sur le circuit du Grand Prix près de Brno.
À l’heure prévue, nous atteignons la zone de la tribune principale. Nous laissons notre Skoda 120 sur la voie de service et nous dirigeons vers l’emplacement où attendent quelques personnes et deux Skoda… mais des 105. Inquiet, je m’approche. On m’informe que la nouvelle Skoda est en train de rouler sur la piste. Alors que je vante les mérites du circuit, j’entends les bruits d’une voiture qui approche rapidement. Elle sort du virage gauche et passe à toute allure devant moi sur la ligne droite. J’attends donc patiemment le retour de la « nouveauté » de Mlada Boleslav, comme disent les Tchèques, conduite à ce moment-là par un homme d’affaires japonais.
Pendant ce temps, j’observe le circuit. Lui aussi est une nouveauté. Il a été mis en service en juin de cette année, et les premières courses ont eu lieu en août. Le tracé, long de plus de 5 km, est varié, entre 370 et 448 m d’altitude. Et ces virages ! Il y en a 14 au total : 6 à gauche, 8 à droite.
Enfin, c’est mon tour. Le modèle que je vais conduire possède un toit ouvrant basculant, très utile par cette chaleur. En observant la Skoda, je me convaincs que l’avant du véhicule ne s’intègre pas très bien à l’ensemble. La peinture argentée donne toutefois de l’allure à la carrosserie.
Je monte à bord avec Jiri Petrak. J’ajuste le siège et observe la route. La Skoda accélère bien, nettement mieux que la 105 que nous conduisions quelques instants auparavant. Le moteur fonctionne silencieusement, on n’entend que le souffle de l’air. C’est en partie dû au toit ouvrant.
Dans les virages serrés, notre « Favoritka », comme nous l’appelions affectueusement, se penche beaucoup. C’est le résultat de l’absence de barres stabilisatrices à l’avant. Dans les lignes droites, elle revient immédiatement à l’équilibre. J’essaie d’atteindre la vitesse la plus élevée possible, mais les virages serrés me freinent.
La route monte, redescend raide, puis bifurque brusquement à droite, puis à gauche. Il est vraiment difficile d’y lancer la voiture à pleine vitesse. J’arrive enfin sur la ligne droite devant la tribune principale : l’occasion idéale pour vérifier la dynamique de ce véhicule. Je n’ai qu’une montre, qui ne remplace pas un chronomètre, mais on peut faire une estimation.
Nous nous arrêtons au début de la plus longue ligne droite. Nous convenons de la procédure de mesure. Je compte : 3, 2, 1… départ. La Skoda part. Jiri Petrak passe les vitesses aussi vite que possible et signale le passage de l’aiguille du compteur par 40, 60, etc., tous les 20 km/h. Je relève le temps et note les résultats. La Skoda est vraiment dynamique : de 0 à 40 km/h en 4 s, 60 en 7 s, à 80 en 9 s, et à 100 km/h en 13 s. Elle est donc plus nerveuse que la Samara dotée du moteur de même cylindrée. Un atout, sans parler de la finition intérieure.
Après quelques tours, nous échangeons les places. J’ajuste le siège, aussi facilement que dans les autres modèles Skoda. Les dossiers profilés maintiennent bien le conducteur dans les virages, les ceintures sont à inertie. L’intérieur paraît très spacieux, le moteur étant positionné à l’avant.
J’ai l’impression que le volant est un peu petit, mais il est conçu de façon à ce que l’on voie parfaitement tous les instruments. Les interrupteurs situés dessous sont aussi pratiques que dans les anciens modèles, mais il faut s’y habituer. À droite : commande des essuie-glaces et du lave-glace ; à gauche : avertisseur sonore et commande des phares. J’évalue leur disposition. Le plus difficile est d’atteindre l’interrupteur d’éclairage intérieur, placé dans le coin supérieur gauche du tableau de bord. Les autres sont à droite, juste sous les aérateurs.
Au début, je pensais que les pédales d’embrayage et de frein étaient un peu trop proches l’une de l’autre, mais en roulant, je change d’avis. Je tente une entrée rapide dans un virage serré, à 80 km/h. La Skoda prend du roulis, mais je ne le ressens pas de la même manière que lorsque j’étais passager. Je jette un œil rapide sur mon voisin : il semble avoir la même impression que moi quand j’étais sur le siège passager. Les pneus crissent, mais les roues avant motrices extraient fermement le véhicule vers la ligne droite. J’essaie de faire des zigzags : la Skoda oscille doucement, change de direction, mais les pneus adhèrent très bien.
Il est temps de tester le freinage. J’enfonce la pédale à fond. La voiture s’arrête presque instantanément : de nouveaux freins et un faible poids, ça aide. L’avant plonge un peu, mais pas au point de me projeter violemment vers l’avant.
Dans les virages serrés, je rétrograde. Cela se fait très facilement. Je me souviens encore de la douceur de la 105, que j’ai conduite plusieurs années. Visiblement, les ingénieurs de Mlada Boleslav aiment les voitures « pour Dames », comme on appelait les Skoda en raison de leur facilité de conduite. Les virages exigent des changements de vitesse fréquents. La boîte a cinq rapports à une configuration classique, la cinquième en haut à droite. Les débattements du levier sont courts.
J’arrive à nouveau sur la plus longue ligne droite, j’essaie de nouveau d’atteindre la vitesse maximale. Cent, cent dix, cent vingt… et la route tourne brusquement à droite. Fin du test : la vitesse est trop élevée pour aborder ce virage presque plat en sécurité. Tout ce que je sais, c’est que la Skoda atteint 120 km/h assez facilement. Pour la vitesse maximale, difficile à dire. Il faut faire confiance aux informations officielles : 150 km/h.
Encore un tour de circuit, puis je tourne vers la voie des stands. Je fais un cercle, puis un huit. Le volant tourne très facilement, revient vite en position neutre, ce qui est aussi dû à la traction avant. Pour un braquage maximal, il faut environ 1,5 tour de volant. Quelques huit supplémentaires, à droite, à gauche, et j’arrive au point de départ.
J’examine la voiture plus attentivement. On remarque les rétroviseurs de chaque côté de la carrosserie, réglables depuis l’habitacle, comme sur les Polonez les plus récentes. Leur surface est similaire à celle des rétroviseurs de nos voitures. Grâce à eux et à la grande surface vitrée arrière, les manœuvres de recul sont faciles, bien que les montants arrière soient larges. Rien à reprocher à la visibilité avant et latérale : les montants avant sont fins, les montants centraux inclinés vers l’arrière.
La roue de secours placée au fond du coffre n’est pas une solution parfaite, mais elle protège le réservoir de carburant, énorme pour une voiture de cette catégorie : 47 litres. Dommage que l’intérieur du coffre ait un aspect si spartiate, sans aucun habillage latéral.
Un coup d’œil sous le capot. Il y a vraiment beaucoup de place : même la batterie pourrait être deux fois plus grande que celle utilisée actuellement, du moins c’est ce que laisse supposer son emplacement. Je vérifie encore si l’excellente tenue de route ne provient pas de pneus spéciaux. Mais non : ce sont des pneus Barum 13 pouces 165/70.
Il est temps de se dire au revoir. Je monte dans la 120 et effectue encore quelques tours avec cette voiture. Pas de comparaison ! Certes, le moteur de l’ancien modèle est plus souple, mais les accélérations sont moins bonnes. Trois secondes de plus pour atteindre 100 km/h, c’est beaucoup, et en côte aussi, on ressent clairement la supériorité de la nouvelle venue. La nouvelle Skoda est tout simplement une voiture complètement différente. Elle a vraiment une chance de devenir la favorite.
Lu sur : https://magazynauto.pl/wiadomosci/skoda-favorit-wrazenia-z-pierwszych-jazd-z-1987-roku-motor-43-1987,aid,2273
Adaptation VG