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La Yugo cabriolet n’était ni la voiture la plus rapide, ni la plus puissante, ni la plus chère de son époque. C’était en revanche la voiture la plus libérée jamais sortie de Kragujevac. Et tant qu’il y aura quelqu’un qui saura comment abaisser ce toit en toile, il y aura le souvenir d’un temps, d’un pays, du soleil, de la mer… d’un été qui ne voulait jamais finir.

La dernière fois que j’ai roulé dans une Yugo sans toit, c’était en 2004 à Athènes. C’était pendant les Jeux olympiques, lorsque plusieurs cabriolets avaient été amenés dans la capitale grecque pour les besoins des médias et de la RTS, qui avait une émission sur la troisième chaîne. La bonne voiture au bon endroit. Aujourd’hui, les cabriolets venus de Sumadija (le cœur historique et industriel de la Serbie) sont plus rares que les pandas.

Je ne me souviens plus de la dernière fois que j’en ai vu un sur la route, mais cela ne signifie pas qu’ils ont disparu. Ce cabriolet Yugo de rêve se trouve tout près, à trois heures de route de Belgrade, à Pozega. Il appartient à Sinisa Bosanac, économiste et membre du club de voitures anciennes « Trophy » de Pozega. Je l’ai découvert grâce à un article publié sur le portail Pozega.eu. Il a raconté aux lecteurs de « Sportal » comment il est entré en possession de ce rare cabriolet Yugo qui suscite l’admiration.
    
Il est important de préciser dès le départ qu’il ne s’agit pas d’un simple cabriolet Zastava. C’est une version conçue pour le marché américain, l’une des 72 unités ayant traversé l’Atlantique. Le sien est jaune et c’est le seul Yugo Cabrio America en Croatie. Dans les environs, il n’en existe qu’un en Slovénie et un à Kragujevac en Serbie.

« Cette voiture n’est pas seulement de la tôle et des roues, c’est une partie de notre histoire, une partie de l’enfance de nombreuses générations », souligne Sinisa Bosanac, également connu pour sa participation active aux communautés en ligne dédiées à la préservation des véhicules Zastava, comme le groupe Facebook « Musée des automobiles Zastava ».

L’histoire du cabriolet est fascinante. Le premier prototype de Yugo sans toit a été imaginé et assemblé à Détroit. Même selon les standards actuels, il utilisait un système électro-hydraulique avancé et moderne pour l’abaissement du toit en toile. La carrosserie avait également été renforcée, et beaucoup de travail avait été consacré à la protection des passagers en cas de retournement. Sur les 100 premiers exemplaires livrés de Kragujevac au marché américain, 25 ont été immédiatement détruits lors des tests de sécurité. Officiellement, Zastava a produit un total de 500 cabriolets Yugo.

« La Yugo Cabrio que je possède aujourd’hui, je l’ai vue pour la première fois à Zagreb en 2000, depuis un tramway. Je n’avais alors que 14 ans. J’ai été totalement fasciné par la vision de cette voiture jaune, dans une teinte qui rappelait irrésistiblement les modèles sportifs italiens. Les détails ont immédiatement attiré mon attention : les pare-chocs GVX gris avec des lignes rouges, les jantes en aluminium brillant, les feux de position latéraux destinés au marché américain, les vitres teintées bleutées, le toit à commande électrique et les rétroviseurs peints. C’est une image que je n’ai jamais oubliée » raconte Sinisa Bosanac.

On n’oublie jamais son premier amour… Il a acheté son cabriolet en 2009 à un propriétaire de Podravska Slatina, avec 150,000 kilomètres au compteur. La voiture est animée par un quatre cylindres essence de 1,3 litre développant 65 chevaux. Sa vitesse maximale est de 155 km/h et elle passe de 0 à 100 km/h en 12,1 secondes, ce qui est un excellent résultat comparé à ses contemporaines, la Peugeot 205 et l’Opel Corsa. En Allemagne, son prix était d’environ 19,000 deutsche marks.

« Plus tard, quand j’étais étudiant, grâce aux forums automobiles, j’ai retrouvé le propriétaire de l’époque à Podravska Slatina et, en 2009, j’ai réalisé mon grand rêve : posséder précisément cette Yugo Cabrio. La voiture a marqué ma vie étudiante et mon quotidien, m’apportant joie et plaisir de conduite. Aujourd’hui, une décennie plus tard, la Yugo Cabrio reste une véritable attraction dans la rue. Les gens s’en approchent chaque jour, se prennent en photo à ses côtés ou demandent à faire un tour. Cette voiture donne le sourire et crée de beaux souvenirs pour beaucoup de gens - exactement comme elle avait été pensée » raconte Sinisa Bosanac.

Pour lui, les Zastava sont bien plus qu’un hobby : elles représentent une passion et un moyen de préserver un patrimoine technique et culturel. Son travail et son enthousiasme sont une source d’inspiration pour les autres et la preuve que les classiques avec une âme ne se démodent jamais. Grand passionné de Yugo Cabrio, Sinisa Bosanac a longtemps étudié tous les détails liés à la version cabriolet. Nous restons en contact et, dans les mois à venir, nous publierons encore plusieurs articles consacrés à une voiture qui, en réalité, n’était pas mauvaise du tout…

Légende des photos :

  • Zastava Yugo Cabrio EFi.
  • Yugo Cabrio aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004.
  • Yugo Cabrio America
  • Prototype de la Yugo Cabrio à Détroit
  • Sinisa Bosanac et la Yugo Cabrio America.
  • Zastava Yugo Cabrio EFi.

Lu sur : https://sportal.blic.rs/prica/sinisa-ima-yugo-kabriolet-kakav-nema-niko-u-evropi-2025121021315639837
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #Yugo, #Cabrio, #USA, #Rencontre