/image%2F0782406%2F20251125%2Fob_cb7070_3469.png)
Tout le monde sait ce qu’est une Polonez. Ce à quoi on ne l’associe certainement pas, c’est au sport automobile. Et quand beaucoup rêvent encore d’une vraie voiture de sport polonaise, d’autres réalisent leurs rêves et c’est ainsi que naissent des voitures comme cette FSO Polonez Caro destinée au drift, avec un V8 sous le capot.
La « Trapez » est une voiture surtout connue pour sa tenue de route affreuse et ses performances pitoyables. Difficile de s’en étonner : mécaniquement, il s’agit d’une conception des années 60, mal fabriquée de surcroît. Pour faire d’une telle base quelque chose de réellement apte au sport automobile, il faut une somme de travail gigantesque. Cela n’a pourtant pas effrayé l’auteur du projet PolonezV8.
A peine achevée, elle a été mise en vente. Les simples photos et les données de base impressionnent déjà : silhouette agressive et élargie, moteur 4 litres de 315 ch. La description est laconique et renvoie vers les pages du projet. Je me suis d’abord demandé pourquoi, pour une voiture affichée à 70,000 zlotys, le propriétaire n’avait même pas recopié la fiche technique depuis sa fanpage.
Il a suffi de parcourir rapidement la section « informations » pour comprendre. La liste des modifications ne tiendrait probablement même pas dans la limite de caractères du site d’annonces Otomoto.pl. Le projet a pris 7 ans, et son ampleur force le respect. L’apparence n’est qu’un détail : l’auteur a en réalité créé une toute nouvelle voiture de sport qui ressemble à une Polonez. C’est un loup déguisé en agneau - mais tellement étirée qu’on comprend immédiatement qu’il s’agit d’un prédateur à peine déguisé.
Plus je lis l’étendue des travaux, plus ma mâchoire en tombe. Transformer un matériau aussi ingrat en une véritable voiture de drift sans abandonner en route relève de l’exploit. Même l’OBRSO FSO n’aurait jamais imaginé un tel engin !
Sous le capot, on trouve le moteur Toyota 1UZ-FE, monté par exemple dans les Lexus GS400. Un V8 de 4 litres légèrement modifié, aux paramètres déjà très sérieux : 315 ch et 409 Nm. Fait intéressant, pour installer un moteur aussi volumineux, tout le compartiment moteur ainsi que la cloison pare-feu ont dû être profondément remaniés. La transmission passe par un ensemble spécialement conçu, dont le cœur est une boîte Getrag 260 et un différentiel soudé issu d’une BMW E30.
Côté suspension, aucun compromis. Au lieu du musée roulant typique de la Polonez, on trouve à l’arrière des pièces modifiées de BMW E30 et, à l’avant, une construction totalement originale avec combinés filetés de Honda et triangles sur mesure. Le tout, évidemment, entièrement réglable.
Ce que j’ai listé, ce sont seulement quelques éléments essentiels résumés. Rien n’a été laissé tel quel. Direction, freins : tout a été reconstruit. L’intérieur respire le professionnalisme.
C’est vraiment un projet intéressant, réalisé sans économie ni demi-mesure. Comme pour toute réalisation tuning, certains éléments ne plairont pas à tout le monde. Par exemple, je ne suis pas fan des motifs patriotiques sur la carrosserie, surtout sachant qu’à ce stade la voiture n’est composée que d’une infime partie de pièces polonaises. Cela me rappelle un peu trop les vêtements patriotiques et le patriotisme commercial. Mais ce ne sont que des détails au regard de l’immense liste de bonnes modifications dont bénéficiera celui qui l’achètera.
Je suis heureux de voir apparaître en Pologne d’autres projets aussi originaux et atypiques. Je tire mon chapeau au créateur de cette Polonez pour l’ampleur du travail et pour avoir mené le projet à terme avant de décider de le vendre. Je suis extrêmement curieux de voir comment cette voiture se comporte, et j’espère qu’elle tombera entre de bonnes mains. Son apparence extérieure fait d’ailleurs référence à la légendaire voiture de rallye « Oberek » (*) - sauf que dans celle-ci, le moteur était en position centrale.
Lu sur : https://autoblog.spidersweb.pl/fso-polonez-v8-drift
Adaptation VG
(*) Vous retrouverez « l’Oberek » ici : https://www.sovietauto.fr/oberek-encore-une-petite-danse