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Cette Skoda Rapid d’apparence anodine est littéralement unique au monde et a connu une histoire véritablement exceptionnelle. Elle est en vente dans un état très correct. Et si vous vous attendiez à un prix à sept chiffres, vous vous trompez lourdement...
Les coupés Skoda des années 1970 et 1980 sont aujourd’hui recherchés par les collectionneurs et les passionnés de la marque de Mlada Boleslav, et ce pour de bonnes raisons. La 110 R était déjà plus performante que la berline dont elle dérivait, et sa remplaçante, la Skoda Garde puis la Rapid, avait un bagage technique solide – par exemple des étriers de freins avant à quatre pistons, chose alors inimaginable en Tchécoslovaquie dans les années 1980. Tout aussi exceptionnel était le train arrière multibras à bras tirés, qui apportait une stabilité inconnue sur la 120, même à vitesse élevée.
Toutes les Rapid étaient équipées de moteurs à carburateurs, sauf quelques centaines des toutes dernières Rapid 135 Ri produites, dotées de l’injection. Déjà, la Rapid 135 est une voiture très rare, produite à seulement environ 1,300 exemplaires. Son moteur était techniquement identique à celui qui équipa plus tard la Skoda Favorit 135 et, en plus d’un fonctionnement plus doux et plus silencieux, il présentait d’autres avantages : grâce à sa culasse à huit canaux, il supportait bien mieux les démarrages à froid et ne nécessitait plus d’essence plombée.
Mais la version Ri, avec injection électronique, est une véritable rareté. Elle était produite directement à Mlada Boleslav, à une époque où les nouvelles Favorit utilisaient encore un carburateur (certes plus sophistiqué que sur les anciennes Skoda). Plus rare encore est la 135 RiC, où le « C » signifie Catalyst - une Rapid équipée à la fois d’injection et d’un catalyseur !
Ces modèles étaient principalement destinés à l’exportation et furent produits jusqu’à l’été 1990, soit encore quelques mois après la Révolution de velours. Le catalyseur était nécessaire car ces voitures visaient le marché canadien, où il était déjà obligatoire. Mais certains exemplaires furent également fabriqués avec conduite à droite pour le marché britannique. C’est précisément de là que provient l’exemplaire argenté de cet article.
Nous en parlons pour plusieurs raisons, la principale étant qu’il est actuellement en vente au Royaume-Uni. Le volant est donc à droite, ce qui n’est plus aujourd’hui un gros problème. L’information la plus importante est que la voiture, affichant 68,000 km, est manifestement en très bon état, même si quelques traces de corrosion apparaissent sur certaines photos, que la peinture demanderait des retouches et l’habitacle quelques finitions. Malgré cela, elle passe sans souci le contrôle technique britannique, preuve qu’il ne s’agit pas d’une épave.
Ce qui fait surtout la valeur de ce véhicule, c’est son état d’origine et son histoire, notamment liée à son premier propriétaire, Lord Strathcarron (*). Mais le plus marquant est ailleurs : cette Rapid argentée n’est pas seulement l’une des dernières « Porsche tchèques » produites, elle est la toute dernière Skoda Rapid jamais construite, et donc la dernière Skoda de série à moteur arrière et propulsion. Skoda elle-même l’a confirmé en 1990 dans une lettre envoyée depuis l’usine de Kvasiny, où le véhicule avait été fabriqué.
Le courrier date du 19 juin 1990 : « We have the pleasure to confirm that the Silver Skoda RiC Rapid Chassis No. L 5145419, Engine No. 5033753, Colour No. 9101 was the very last rear engine Skoda Coupé produced ».
Comme mentionné, il s’agit d’une Rapid 135 RiC, une version extérieurement très proche des autres, si ce n’est quelques détails : logos et inscriptions spécifiques à l’arrière, ainsi que des bandes vertes latérales, présentes d’origine sur toutes les RiC (visibles aussi sur les photos). Sous le capot, on trouve le 1,3 litre avec deux soupapes par cylindre et une injection monopoint électronique Bendix. L’unité de contrôle électronique, baptisée Renix, équipait également certains modèles Renault et Volvo.
Résultat : 56 chevaux à 5,000 tr/min et 92 Nm à 3,000 tr/min. La transmission est confiée à une boîte 5 vitesses, rien de spécial (même si, à l’époque, les boîtes 5 n’étaient pas encore courantes chez Skoda). La vraie rareté est bien le moteur. Avec le regard d’aujourd’hui, ce n’est évidemment pas une fusée : 0-100 km/h en 16 secondes et vitesse de pointe de 145 km/h, des chiffres largement dépassés depuis.
Bien sûr, les cabriolets Skoda/MTX sont encore plus rares, mais pour les amateurs de Rapid, laisser passer une telle occasion serait dommage. Ne serait-ce que parce que sa valeur ne pourra que grimper si elle reste dans son état d’origine. Il n’en reste probablement qu’une poignée dans le monde, beaucoup ayant été tunées. Cet exemplaire est proposé pour seulement 6,500 livres sterling, un prix vraiment raisonnable pour une telle rareté. On a déjà vu des Rapid bien plus ordinaires se vendre bien plus cher.
Lu sur : https://www.autoforum.cz/fascinace/k-mani-je-uplne-posledni-vyrobena-skoda-s-motorem-vzadu-vzacna-skoda-rapid-135-ric-na-svou-vzacnost-stoji-pakatel/
Adaptation VG
(*) L’histoire de cet extraordinaire propriétaire avait déjà été évoquée ici : https://www.sovietauto.fr/2018/10/l-extraordinaire-proprietaire-de-la-derniere-vraie-skoda.html