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La « Peste Blanche » : un UAZ unique pour l’Amérique.

L’histoire de ce tout-terrain, que l’on prévoyait de livrer aux Etats-Unis, est dramatique. Il a été créé par des passionnés qui étaient confiant dans la réussite de leur progéniture. Mais ses brillantes perspectives ont vite tourné au fiasco.

Il est question du bon vieux UAZ mais dans une interprétation inhabituelle. A savoir, que cette version a été conçue pour le marché américain. La rumeur veut qu’un baron de la drogue colombien, ayant besoin de 4x4 bon marché, endurants et capables de passer partout, a joué un rôle important dans l’organisation potentielle de la livraison des tout-terrains d’Oulianovsk en Amérique du Sud (mais aussi en Amérique du Nord)... Quoi qu’il en soit, la joint-venture UAZ of America a bien été créée en 1993. C’est un certain William Anderson, un Américain amateur notoire de Jeep qui, quelques années plus tôt lors d’un voyage en Russie avait été conquis par l’élégante austérité du UAZ et s’était enflammé pour en organiser l’exportation au-delà de l’océan.

Il est clair que dans sa forme habituelle, les UAZ n’auraient intéressé personne sur le continent américain. Dans le cadre de la joint-venture il fallait les adapter aux normes de sécurité en vigueur et leur donner un minimum de confort . Cela a pris plusieurs années. Dans les faits, la voiture a été revue de fond en comble. Mais le miracle n’a pas eu lieu. L’entreprise a été un véritable fiasco malgré un portefeuille de trois mille commandes. Par la suite, William Anderson n’a pas caché le fait qu’il lui fallait beaucoup trop de dollars pour lancer ce projet aux USA et trop surmonter une corruption trop importante en Russie. Pourtant, on était très proche d’un beau succès... On avait même donné un nom « international » à ce UAZ modernisé : World UAZ !

Alors pourquoi l’avoir surnommé la « Peste Blanche » ? Parce qu’en 1997, l’un des UAZ américanisés arrivé par hasard dans les stocks d’un concessionnaire de Saint-Pétersbourg, a fait une telle impression à l’un des employés qu’il a été qualifié à l’unanimité de peste. Et la peinture de la carrosserie était blanche...

Comment se présentait donc cette « Peste Blanche » ? Extérieurement c’était un UAZ-31512 habituel, seulement peint en blanc et équipé de roues exubérantes. Malgré des différences minimes avec le modèle de base, cette couleur hivernale et les pneus à larges crampons BF Goodrich sur des jantes chromées transformait le paysan en cowboy. On remarque aussi que ce UAZ « étranger » était fermé par une nouvelle bâche de toit réalisée non pas en toile mais en matière synthétique. La vitre arrière aggrandie en plastique transparent améliorait non seulement l’esthétique de la voiture mais aussi la visibilité. La partie arrière était fermée par des fermetures éclair. En outre, pour plus d’étanchéité, elles étaient doublées par du velcro qui servaient aussi pour fixer fermement la toile sur l’arceau de sécurité. La capote était idéalement complétée par des cadres de portes en aluminium avec des vitres coulissant dans leurs guides comme dans du beurre. Leur démontage (comme leur montage) avec un poignée de vis, ne nécessitait qu'un minimum d’effort. Certaines informations indiquent que des spécialistes en Land-Rover avaient travaillé sur le UAZ américain comme par exemple sur l’excellente étanchéité au niveau des seuils de porte.

A l’intérieur, il n’y avait pas de changements : c’était le royaume du métal peint avec le même volant archaïque et le même tableau de bord. Cependant, à gauche du volant on trouvait un compte-tour et les sièges tous nouveaux étaient bien plus confortables avec une « anatomie » améliorée, des réglages plus faciles et des revêtements plus résistants à l’usure. Les grands rétroviseurs extérieurs qui amélioraient non seulement la vision vers l’arrière mais aussi l’esthétique extérieure constituaient une des autres nouveautés de ce UAZ.

Mais le plus important dans ce tout-terrain d’Oulianovk est sans aucun doute le moteur. Sous le capot de ce cowboy on trouvait un V6 Vortec General Motors, équipant par exemple le Chevrolet Blazer, très populaire aux USA ! Ce moteur développait 184 ch et délivrait un couple de 340 Nm dès 2,400 tr/min offrant à cette voiture une dynamique enviable. Cette implantation nécessitait le montage d’un radiateur au volume accru et pour plus d’économie on avait installé un carburateur quadruple corps Holley. Pour digérer la puissance du moteur, la boîte de vitesse d’origine avait été remplacée par une boîte Borg Worner à cinq rapports.

Les parties roulantes avaient également été modifiée. A l’avant, à la place des sordides tambours, on trouvait des disques ventilés bien plus efficaces. Les deux ponts étaient équipés d’amortisseurs à gaz à longue course Monroe Sensatrac en version « off-road ». A l’avant on remarquait aussi les moyeux débrayables dorés de la société américaine MM. On notait aussi la disparition du pare-choc avant d’origine. Celui en tube qui le remplaçait semblait plus simple même s’il était alourdi par un original pare-buffle et un puissant treuil électrique Ramsey développant une puissance de 3,6 tonnes.

A conduire, la « Peste Blanche » était équilibrée. Le UAZ américain semblait un produit bien plus abouti que le modèle d’origine. Mais ces améliorations avaient un coût. Le prix indicatif de ce « russe de l’étranger » passait à 15,000 dollars (ce qui à la fin des années 90 était beaucoup d’argent). Malgré cela, il aurait pu intéresser un certain nombre d’acheteurs mais hélas, bien que proche du but, ce UAZ n’a jamais été commercialisé !

Lu sur : http://5koleso.ru/articles/obzory/belaya-chuma-unikalnyy-uaz-dlya-ameriki
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #UAZ, #469, #Export, #USA