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Les récents échecs de l’industrie automobile russe.

Le magazine russe Za Roulem a établi la liste des voitures russes qui, au cours des vingt-cinq dernières années, ont été des échecs sur le marché. Certaines souffraient de problèmes de conception, d’autres de prix non concurrentiels. D’autres encore des deux à la fois... Le plus triste est que certaines de ces voitures semblaient tout à fait réussies mais elles sont peut-être arrivées trop tôt. Certaines ont finalement marqué l’histoire de l’automobile.

1) ZIL-4102, 1989 :
Perestroïka. 19ème Congrès du PCUS. C’est précisément à ces délégués que la voiture a été montrée pour la première fois. Il s'agissait du nouveau fleuron de l’industrie automobile soviétique. Les ingénieurs et les concepteurs de ZIL avaient préparé deux prototypes - révolutionnaires pour l’usine - avec une carrosserie autoporteuse et suspension indépendante. La mécanique restait cependant inchangée. A l’usine, les deux voitures avaient reçu les noms du leader et de la première dame du pays – « Mikhaïl Sergueevitch » et « Raïssa Maksimovna ». Mais le projet était arrivé à la mauvaise époque – le pays avait d’autres problèmes.

2) GAZ-3105 «Volga» :
Pour remplacer la Tchaïka, victime innocente de la lutte contre les privilèges, GAZ propose une nouvelle voiture de représentation remplie d'innovations que cela soit pour GAZ ou pour l’ensemble des sociétés du secteur. Le moteur V8 de 3,4 litres à carburateur ou injection développait environ 170 chevaux. On avait prévu une boîte automatique ainsi que la transmission intégrale. Côté carrosserie, elle semblait assez moderne. La voiture a été produite pendant quelques années, mais en fait elle l'était à l’unité. Pour l’acheteur ordinaire son coût était prohibitif. Et ceux qui pouvaient se l’offrir lui préféraient des modèles d’importation dont le prix était comparable. Aujourd’hui cette voiture intéresse les collectionneurs.

3) "Avtokam Ranger", 1990 :
Le mot magique : « société mixte » ou « joint-venture ». L’espoir pour une restructuration rapide mais radicale de l’industrie soviétique. Peu connue, la société britannique FSV, en collaboration avec l’association Avtokam encore moins connue, s’était attelée à la mise en place à l’usine inachevée de tracteurs de Elabouga, de la production d’un véhicule utilitaire avec une carrosserie en plastique sur un châssis tubulaire et une mécanique de Ford. La production en petite série avec des pièces d’importation devait être rentable surtout en tenant compte de l’inflation galopante. Une cinquantaine de Ranger a été produite à Elabouga, puis on a essayé de réorganiser la fabrication à Mendeleevsk et Perm. Mais même les moteurs russes n’ont pas sauvé le projet. Le nombre d’exemplaires produits reste anecdotique.

04) "Chevrolet Blazer", 1994 :
La compagnie GM est venue au secours de l’usine d’Elabouga avec la version brésilienne de son tout-terrain américain. On avait proposé aux Russes les versions propulsion et 4x4 avec des moteurs quatre et six cylindres de 106 et 180 ch. Le Blazer « le moins cher » coûtait 22,000 dollars. Le plus cher 39,500. Pour ce prix on pouvait s’offrir un bon 4x4 d’occasion importé ou trois/quatre Niva. La part de marché de ce Blazer s’est détériorée après le scandale provoqué par l’essai d’une voiture pleine de défauts par la presse. En deux ans, seulement 3780 ont été fabriquées.

5) IZH-2126 4×4, 1994 :
L’Oda a transmission intégrale est apparue au début des années 1990 grâce aux efforts de spécialistes du tuning d’Ijevsk. Sur leurs prototypes, ils avaient essayé des moteurs VAZ, OuZAM puis Hyundai. Ils ont même réalisé une variante avec suspension arrière indépendante. Au fil du temps, l’usine s’est intéressée à leurs travaux et aux alentours des années 2000 la production en petite série de la version la plus simple de l’IZH-2126 4x4 - avec un moteur russe et un essieu arrière rigide - a pu débuter. Elle était le rêve de l’acheteur russe ! Enfin une voiture tout-terrain bon marché avec une carrosserie cinq portes ! Pourtant la demande pour cette IZH obsolète et peu fiable a rapidement chuté. La concurrence avançait sur un large front et on n’a pas pu sauver la marque, même avec cette voiture à transmission intégrale.

6) AZLK-2142 R5 "Ivan Kalita", 1998 :
Dans la seconde partie des années 1990, la direction de l’usine moscovite a déployé beaucoup d'efforts pour détruire la Moskvitch-2141, une voiture spacieuse, bien suspendue et peu coûteuse. Un rôle important a été joué par une version rallongée (mais aussi plus tard une version raccourcie !) dont ni les fonctionnaires à qui elle été destinée, ni les acheteurs habituels n’avaient besoin. Au sommet de cet escalier ne menant nulle part on trouvait la « Ivan Kalita » extra-longue avec un moteur Renault, une grille de calandre ressemblant à un samovar électrique datant de l’URSS et un intérieur lugubre. L’annonce de lancer la production en série d’une version à transmission intégrale a ressemblé à une triste plaisanterie marquant la fin de la marque.

7) GAZ-3111, 1998 :
Il s’agissait de l’un des projets les plus prometteurs de la fin des années 1990. Les ouvriers de l’usine et tous les amoureux de la marque avaient placé en elle leurs plus grands espoirs. La carrosserie était entièrement nouvelle, la suspension retravaillée, les moteurs ZMZ à injection et on annonçait aussi un moteur diesel. En parallèle, on avait même montré les versions à traction avant GAZ-3103 et à transmission intégrale GAZ-3104. On a même commencé à produire en petite série la Volga GAZ-3111. Mais cette voiture avait beaucoup de défauts. Les structures de l’Etat ont accueilli cette nouveauté avec incrédulité. De plus, pour le prix demandé, on pouvait s’acheter une voiture importée assez décente, quoique de taille inférieure. C’est ce choix qui a été fait par la majorité des acheteurs.

8) "Michka", 1999 :
Créée sur les ruines du Ministère de l’Industrie Automobile de l’URSS, l’ACM-Holding à la recherche d’une activité, a annoncé la création d’une voiture populaire qui selon ses créateurs aurait pu être fabriquée dans de toutes petites structures, voire même dans un garage. L’institut NAMI a réalisé un prototype avec une carrosserie en panneaux de fibre de verre collés sur un cadre en acier et une mécanique standard d’Oka. Pendant de nombreuses années on a pu voir des prototypes sur des salons, disposant de moteurs Tavria, en carrosserie landaulet, pick-up et même une version hybride avec des moteurs dans les roues. Mais au final on n’a plus jamais plus entendu parler de ce nouveau miracle de l’industrie automobile nationale.

9) "Kinechma", 1999 :
Encore une voiture populaire avortée. Cette création de l’usine Avtoagregat de Kinechma était équipée d’une carrosserie primitive, de moteurs de 11-13 chevaux (russes ou américains, principalement utilisés sur les tondeuses à gazon) et d’une transmission à commande séquentielle. Ce véhicule qui atteignait difficilement les 50 km/h s’adressait aux citoyens peu fortunés et aux handicapés. Mais même son prix annoncé d’environ mille dollars n’a pas excité les foules. On dit que plusieurs voitures ont été vendues en Espagne pour transporter les caisses de mandarines des plantations aux camions et que cet épisode est le plus important dans la vie de la Kinechma.

10) "Chevrolet Viva", 2003 :
Il s’agit d’une voiture étrangère bon marché produite en Russie sous un nom respecté, disposant d’un moteur 1,8 de 125 ch et d’un équipement intéressant. On pensait que c’était ce que le consommateur attendait. Lors de la préparation de la production à Togliatti de cette Opel Astra, qui n’était plus produite en Allemagne, la direction de GM-AvtoVAZ avait promis un prix canon. Mais au final, le prix était identique à des modèles plus modernes du même segment. La production a duré quelques année mais en très petites quantités. Même la « Viva Adrenaline » avec un kit carrosserie, des jantes à la mode et des spoilers ne la sauvera pas. Au total, la Viva a été fabriquée à environ 3,500 exemplaires. Pourtant c’était une bonne voiture...

11) "Fiat Albea", 2007 :
Ce modèle a également été fabriqué à Elabouga. Cette berline avec un moteur 1,4 litre de 77 ch n’avait pas de défauts notables - pas plus d’ailleurs que de qualités. C’était pareil pour ses concurrentes, mais en général, ces dernières étaient un peu meilleures. C’est la méfiance en cette marque, dont les relations peu sérieuses envers le marché russe par le passé, qui a empêché la création d’une réseau de distribution normal et donc entraîné sa disparition.

12) "Volga Siber", 2008 :
Comme la Chevrolet Viva, il s’agissait d’une voiture assez correcte quoique un peu petite pour sa catégorie. Il y avait même une version à moteur 2,4 litres et une version à boîte automatique. Mais attirer les fonctionnaires russes avec une voiture « russe » était désormais impossible. La plupart d’entre eux préféraient des voitures plus modernes que cette Chrysler Sebring recyclée, mêmes si elles étaient moins impressionnantes en apparence. La vie de cette voiture impopulaire a été prolongée par la prime à la casse... très brièvement.

13) "TagAZ Vega", 2009 :
Cette voiture présentée en grandes pompes qui avait un intérieur convenable et un moteur 124 ch avait bien réussi ses essais dans la presse. L’usine de Taganrog, qui assemblait déjà des Hyundai, était d’ailleurs très crédible aux yeux des acheteurs. Pourtant peu après le début de sa production, on a accusé l’usine TagAZ de plagier la Chevrolet Lacetti. Même lavée de ce scandale, la production n’a pas repris...

Lu sur : http://www.zr.ru/content/articles/648431-chertova-dyuzhina-provalov/
Adaptation VG

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