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Selon toute probabilité, pour ne pas dire avec une quasi-certitude, le vaisseau amiral de Skoda deviendra à terme victime des plans de restructuration du groupe Volkswagen. Mais il ne disparaîtra pas complètement. Il en résultera probablement une voiture qui aura le cul entre deux chaises.
La Skoda Superb est pour les Tchèques bien plus qu’une simple voiture. C’est une icône nationale, la preuve tangible qu’à Mlada Boleslav, on sait construire une voiture dans laquelle les passagers arrière disposent de plus d’espace que dans des limousines de luxe, tandis que le coffre offre un océan d’espace pour transporter tout ce qu’il faut à la maison de campagne.
Aujourd’hui, cependant, des nuages s’amoncellent au-dessus de cette icône. Non pas parce qu’elle serait mauvaise. Mais parce que, dans le monde automobile actuel, elle commence à devenir superflue. La Superb est sans aucun doute une voiture fantastique, qui utilise le meilleur de la technologie du groupe, le complète par une ergonomie tchèque particulièrement bien pensée et offre un espace incroyable ainsi que des moteurs économiques. Mais les forces actuelles du marché et le coût très élevé du développement des modèles électriques ne laissent guère de place à deux grands modèles thermiques classiques dans la gamme d’une même marque. Le magazine britannique Autocar a récemment soulevé cette question, et elle repose sur une certaine logique.
Le marché a évolué et les différences entre les deux modèles se sont réduites. Skoda supporte donc les coûts de développement et de marketing en double pour toucher pratiquement la même clientèle.
Le marché a inexorablement évolué au cours de la dernière décennie et les différences entre les deux modèles se sont dangereusement réduites. La demande pour les berlines, les liftbacks et les breaks n’augmente pas, tandis que les clients se tournent massivement depuis quelques années vers les SUV et les crossovers.
Celui qui souhaite aujourd’hui une grande voiture familiale ou de fonction produite à Mlada Boleslav se tourne de plus en plus souvent vers les Kodiaq ou Enyaq. Quant aux flottes d’entreprises, qui achetaient autrefois des Superb en grandes quantités, elles sont soumises aux exigences environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et contraintes de passer soit à des modèles plus compacts, soit à l’électrique. De plus, l’Octavia a déjà atteint des dimensions qui conviennent largement à l’immense majorité des familles et des flottes d’entreprises.
Skoda supporte donc deux fois les coûts de développement et de marketing pour toucher pratiquement la même clientèle. La prochaine génération de Skoda Octavia devrait ainsi reprendre le meilleur de la Superb, à savoir un châssis adaptatif haut de gamme, les commandes Smart Dials bien pensées et un espace intérieur inégalé. Il en résulterait un unique modèle tchèque parfaitement polyvalent.
Le concept Vision O présenté l’an dernier, qui préfigure la voiture appelée à arriver d’ici la fin de la décennie sur la nouvelle plateforme SSP du groupe Volkswagen, se situe en effet, par ses dimensions, entre l’Octavia actuelle et la Superb, plus grande. Dans cette nouvelle situation, cette décision pourrait en outre aider la marque de Mlada Boleslav à sauver la gamme Fabia dans le cadre de la réduction des gammes opérée par le groupe.
Comment s’appellera cette voiture « assise sur deux chaises » ? Certainement pas Octaperb ni Supervia. Un élément de réponse pourrait être apporté par le fait que plus de sept millions d’Octavia ont été vendues en 30 ans, tandis que plus de 1,9 million de Superb ont été produites depuis le lancement du modèle en 2001.
Selon le magazine britannique Autocar, Skoda n’a pas encore décidé à quoi ressemblera techniquement la remplaçante des modèles Octavia et Superb. La marque a présenté l’étude Vision O comme un concept électrique, mais, compte tenu de l’évolution du marché, Skoda envisagerait également une version dotée d’un prolongateur d’autonomie.
Le groupe Volkswagen traverse la période la plus complexe de son histoire récente. La pression exercée pour réduire le nombre de gammes, simplifier la production et diminuer les coûts a atteint une intensité dont les anciens ne se souviennent pas. D’ici 2035, le groupe souhaite réduire considérablement son offre. Le nombre de modèles, toutes marques confondues, doit diminuer d’environ 50 %. L’objectif est avant tout de réduire les coûts, d’augmenter les volumes de production des gammes restantes et, par conséquent, de réaliser davantage d’économies d’échelle.
La fusion des deux modèles à la fin de ce cycle constitue donc un aboutissement logique. Il ne s’agit pas de supprimer purement et simplement la Superb, mais de ramener son esprit là où il doit être : dans une seule « Mega-Octavia » parfaitement polyvalente, qui proposerait aussi bien une version accessible qu’une luxueuse finition Laurin & Klement, capable de remplacer pleinement la Superb actuelle.
Pour vérifier ce que nous risquons réellement de perdre si la Superb passe effectivement le relais à l’Octavia, nous avons pris la version haut de gamme de la Superb pour un long trajet. Dans sa quatrième génération, celle-ci est un véritable vaisseau autoroutier qui s’assume pleinement. Avec une longueur juste inférieure à cinq mètres et une aérodynamique exemplaire, caractérisée par un coefficient de traînée de 0,25, elle mise sur l’élégance, une silhouette basse et une efficacité maximale.
La finition haut de gamme Laurin & Klement chouchoute les occupants avec une sellerie en cuir et des sièges ergonomiques AGR chauffants, ventilés et dotés d’une fonction de massage avancée. Parmi les équipements de confort remarquables du vaste coffre de 690 litres figure un cache-bagages à commande électrique qui, lors de l’ouverture du hayon, se rétracte automatiquement le long de ses rails et revient silencieusement à sa position initiale lorsque celui-ci est refermé.
Le grand écran de 13 pouces du système d’infodivertissement est complété par trois commandes rotatives physiques Smart Dials dotées d’écrans intégrés. Elles permettent de régler intuitivement la climatisation ou le système audio sans avoir à se perdre dans les menus numériques.
Sous le capot de la version diesel la plus puissante se trouve un quatre-cylindres 2.0 TDI développant 193 ch et 400 Nm de couple, associé à une boîte de vitesses à double embrayage DSG à sept rapports et à une transmission intégrale 4×4. La réserve de puissance par rapport à la version de 150 ch garantit des accélérations et des dépassements convaincants, tandis que la transmission intégrale apporte une sécurité supplémentaire sur chaussée mouillée ou enneigée, le tout avec une consommation raisonnable sur autoroute, autour de 5,8 l/100 km. En mode Eco et avec une conduite défensive, la Superb est fascinante par sa façon de se comporter comme un planeur qui file vers l’avant comme si elle ne rencontrait pratiquement aucune résistance.
Le châssis adaptatif DCC Plus fourni de série utilise une nouvelle technologie à deux valves séparant le contrôle de la compression et de la détente. En mode Confort, la voiture efface littéralement les déformations de la chaussée et les pavés urbains avec la souplesse d’un tapis volant ; en mode Sport, elle peut au contraire raffermir la caisse afin d’assurer une trajectoire précise dans les virages.
Même la version haut de gamme n’échappe toutefois pas à quelques points faibles. À faible vitesse en ville et lors des démarrages, la boîte automatique DSG fait parfois preuve de brusquerie, avec des à-coups et une tendance à faire fonctionner le moteur à un régime trop bas. Dans les parties inférieures de l’habitacle, on trouve encore des plastiques durs, tandis que les commandes Smart Dials elles-mêmes et l’écran principal présentent un léger jeu lorsqu’on appuie dessus avec force.
Malgré ces quelques détails, la version diesel haut de gamme de la Skoda Superb Combi constitue une alternative particulièrement bien pensée aux SUV omniprésents pour ceux qui préfèrent encore les voitures classiques et basses. Avant de transmettre ses principaux atouts à sa sœur, l’Octavia, elle accomplira, dans sa quatrième génération, sa mission la tête haute, comme la meilleure voiture thermique jamais produite par Skoda.
Lu sur : https://www.idnes.cz/auto/zpravodajstvi/skoda-superb-konec-vyroby-nastupce-octavia-volkswagen.A260912_120058_automoto_lobl
Adaptation VG