Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

UAZ Patriot Diesel : un soldat dans la ville.

Za Roulem a testé pendant une semaine (de manière assez romancée) le nouveau UAZ Patriot Diesel. Le UAZ-31631 est équipé d’un moteur d’origine italienne, un Iveco-F1A.

Je suis une UAZ Patriot 2,3 Tdi. J’écris mon nom en lettre latine spécialement pour mon amie des villes. Elle aime ce qui vient de l’étranger. Je lui écris de ma caserne. Elle doit être fière de moi. Il faut dire que je suis très grand. Je fais bien mes deux mètres en hauteur en comptant les barres de toit. C’est vrai que mon grand-père, le UAZ-469 était encore plus grand. Dans la famille nous le sommes tous. Je lui ai envoyé une photo de moi : je suis un vrai 4x4 à châssis séparé, large de 2080mm (en tenant compte des rétroviseurs). Je parle beaucoup à mon grand-père de mes difficultés. Il peut me conseiller. Je suis peut-être moins grand, mais je suis plus large que lui... Et dans les bois je ne peux pas trop m’aventurer. On dit que les militaires estiment que la largeur maxi pour un 4x4 ne doit pas excéder les 1,8m.

Tu sais mon amie, que je peux passer des gués de 0,7m sans même mouiller mes moquettes. Mais en théorie, avec l’équipement de série je ne dois pas dépasser les 0,5m.

Aujourd’hui, Sollers m’a demandé de me rendre au Festival du Tout-Terrain. Il y a beaucoup de 4x4 étrangers et je dois représenter dignement le pays. Je ne pensais pas qu’une voiture de moins de 3,000km comme moi pourrait subir autant d’attention. Il faut dire que mon équipement est riche : outre la boîte de vitesse manuelle à 5 rapports Deymos d’origine coréenne, on trouve dans cette version « Limited 332 Diesel », l’ABS, la climatisation, l’intérieur cuir, les jantes alliage avec des pneus larges en 265/70R16... Il n’y a que l’airbag qui ne soit pas prévu au programme. Mais je n’en serai jamais équipé. Un militaire n’a pas besoin de coussin de sécurité : la ceinture suffit...

Voici le résumé de la semaine que j'ai passé avec Za Roulem :

Jeudi 29/01/09 : conseils de l’instructeur.
Nous avons fait connaissance rapidement, à la militaire. Les vitesses passent merveilleusement bien. Rétrograder de seconde en première est très facile. La boîte est très bien étagée. Toujours de la puissance. Habituellement il y a plus d’inertie sur un moteur diesel. Là ce n’est pas le cas. Sur route glissante, il suffit d’accélérer pour rééquilibrer la voiture avec ses quatre roues motrices. Avant un virage, un coup d’accélérateur permet de charger l’essieu avant. C’est à ce moment là qu’il faut commencer à tourner le volant. Cela permet d’éviter le sous-virage et de faire glisser légèrement l’essieu arrière. Il faut ensuite redresser rapidement et le Patriot une fois les roues droites repart de plus bell
e.

Si c’est simple à écrire, ce n’est pas si facile à faire en réalité. Il a fallu une journée pour se faire à la méthode.

* Vendredi 30/01/09 : mauvais signe.
Le matin j’ai été faire des photos dans le parc « Yakhroma ». C’est d’ici que partira demain l’épreuve du Festival du Tout-Terrain et j’espère sérieusement remporter la victoire. Pour cela je dois faire le meilleur temps sur un tracé spécialement étudié et mes deux chauffeurs faire de même sur une piste de ski. Mauvais signe, mes deux pilotes avaient oublié leurs skis et nous avons du reveni
r.

Il n’est pas si facile de faire d’un 4x4 militaire une voiture confortable aussi bien sur la route qu’en tout-terrain. D’ailleurs sur la route, on constate que mon volant flotte un peu... mais c’est un plus en tout-terrain car cela évite par exemple les brusques retours de volant lorsque l’on passe dans une ornière. Sur la route j’ai facilement tenu les 120km/h, mais j’ai quand même respecté au mieux les 90km/h légaux. Je peux d’ailleurs atteindre 135km/h (ce sera plus au compteur). Mes roues de 4x4 de ville me désavantagent un peu car elles sont trop grandes et troublent la lecture exacte de la vitesse.

Le diesel Iveco me va comme un gant. S’il n’apporte rien en vitesse par rapport au moteur essence, il est bien plus facile à apprivoiser. J’aime beaucoup sa sonorité et son couple convaincant. Il développe 116ch, une puissance optimale. Et son couple est de 270Nm (contre 217Nm pour son frère à essence).

Mon conducteur me fait remarquer qu’il est assis très près de la portière et donc loin du passager assis à côté de lui. Son coude n’arrête pas de taper l’accoudoir, surtout en manœuvre rapide... Il n’a qu’à mettre un coussin. Ce n’est pas un défaut : en tout-terrain il verra qu’il s’agit de la position de conduite idéale. Il est très facile de passer la tête par la fenêtre pour pouvoir regarder où il pose la roue avant gauche !

Dans la campagne le photographe a voulu prendre mon portrait dans la neige fraiche la plus profonde possible : « plus la Jeep va profond, et plus loin il faut aller chercher un tracteur ». Je ne suis pas une Jeep, je suis un UAZ. Je n’ai pas besoin de tracteur ! J’ai par contre un défaut. Pour faire demi-tour, il me faut 2 mètres de plus qu’une voiture normale !

Pour demain on annonce une température de -30°C. La nuit va être froide !

* Samedi 31/01/09 : le festival.
Finalement il ne fait que -22°C. L’important est de ne pas oublier le préchauffage. Il faut simplement attendre quelques secondes. Bravo l’Italie ! Maintenant on peut aller me lave
r.

Je suis bien propre mais encore mouillé... Alors je gèle ! La serrure de la porte arrière est bloquée. Heureusement que mon conducteur n’a pas cassé la clé. On va tout de même pouvoir faire la course.

Dommage que le second pilote n’a pas pu étudier le tracé, jeudi dernier. Et le premier pilote, qui voulait tellement remporter l’épreuve à pris une pénalité de 10 secondes en heurtant un cône. En plus il ne croit pas en mon moteur : il ne veut pas rester en seconde, là où le couple permet de m’extraire plus rapidement des virages.

Le caméraman monté à l’arrière m’a fait grand plaisir. En visionnant le film, je m’aperçois que je suis très populaire dans le public !

* Dimanche 01/02/2009 : à la maison.
La femme du premier pilote a été impressionnée. Au début elle avait peur de moi. Elle a comparé les bruits dans l’habitacle aux grincements d’une chaîne de montage. Mais elle a fini par s’habituer et avec moi elle a emmené un énorme ficus à sa famille. Le pilote plaisantait : « tu n’as pas besoin d’appuyer sur la pédale d’embrayage avec deux pieds ? ». Il faut dire que je voulais montrer le meilleur de moi. Il lui a fallu certes un peu de force, mais rien d’héroïqu
e.

* Lundi 02/02/2009 : appétit d'ogre ?
En route pour le boulot. Dans les embouteillages on voit plus loin que les autres. A un kilomètre du pont de la Gare de Biélorussie, je sens mes forces me manquer. Heureusement qu’un Chevrolet Niva est venu à mon aide avec un jerrycan. Je ne m’attendais pas à ce que mon indicateur de carburant me joue ce sale tour. Il m’indiquait que l’un de mes deux réservoirs était à moitié plein alors qu’il était... vide. Mon pilote m’a abandonné pour ne pas être en retard... J’espère que nous sommes restés ami
s.

* Mardi/Mercredi 03 et 04/02/2009 : explications.
J’ai passé deux jours au garage. Outre l’indicateur de carburant, on m’a trouvé une dizaine de petits défauts ennuyeux. Maintenant je sais pourquoi je fais tant de bruit en roulant, pourquoi le tableau de bord grince quand il gèle et quand on tourne le volant, pourquoi du liquide de refroidissement s’échappe du vase d’expansion et pourquoi il faut protéger le calculateur d’ABS dans le compartiment moteur. Bien-sûr je ne vais pas écrire cela à mon amie des villes. J’en parlerai peut-être à mon grand-pèr
e.

N’hésitez pas à ouvrir mes photos et la vidéo de ma participation au Festival du Tout-Terrain.

Lu sur : http://www.zr.ru/content/articles/17050-dizelnyj_uaz_patriot_idet_soldat_po_gorodu_video_i_foto-bonus/
Adaptation VG

Tag(s) : #UAZ, #Patriot, #Diesel, #Essai