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La Polski Fiat 125p 1,3 contre la Lada 2107 1,3... Un grand pilote de Formule 1 (*) est venu en Pologne pour tester les « icones » de l’automobile de la période de PRL. Voici la question que nous lui avons posée tout au long de ce comparatif : « est-ce que ces voitures valent encore le coût dans le monde actuel ? ».
Les vedettes qui séjournent à Varsovie admirent la ville à travers les vitres de grandes limousines. Cette fois-ci, le magazine polonais Auto Swiat a fait une proposition moins banale à son invité, en mettant à sa disposition un aéroport et une piste de conduite à faible adhérence... Le tout pour tester 2 modèles de rêves... à l’époque ! Des voitures tellement difficiles à acheter sans coupon de réservation et sans faire la queue pendant des années. Bien sûr - notre pilote a accepté cette proposition de tester la Fiat et la Lada, même si au début nous avons senti qu’il hésitait. Finalement, il a enfilé avec plaisir sa combinaison (moins colorée pour ne pas trop de contraster avec les tonalités des années 70 et 80) pour faire probablement l’essai de sa vie.
A l’époque les Lada et les Fiat étaient de bonnes voitures et le pilote les a accueillies avec grand enthousiasme. Il les a regardées en détail et avec passion. La Lada, que l’on rencontre encore de temps en temps sur les routes allemandes, a provoqué chez lui moins d’intérêt et de curiosité que la Fiat de 1968, en parfait état. Une rareté hors de notre pays. Evidement, ce n’était pas n’importe quel Fiat ! Le modèle 1300 avec la commande de vitesse au volant et les phares arrière verticaux.
Notre invité s’installe enfin sur le siège conducteur, ferme la porte dans un bruit caractéristique en tirant sur une originale poignée de porte chromée. Il nous fait part de son étonnement total en démarrant le moteur... Ceux qui ont déjà eu l’occasion de conduire une Fiat (en bonne condition technique) savent que le moteur « préférait » être démarré à chaud sans appuyer sur la pédale de gaz. Un seul mouvement de clé... et voilà- ça marche !
Il faut une courte formation du pilote pour lui expliquer le changement de vitesses : la premier en tirant vers soi et en haut. Ce qui ne prend pas plus d’une minute. La Fiat conduit par « un professionnel » se dirige vers la piste de l’aéroport. Sans accélération brutale, sans faire crier les pneus, le temps de savoureux le bon vieux temps du lien « mécanique » entre la pédale d’accélérateur et le carburateur. Pas une goutte d’électronique !
Notre VIP s’approche du premier virage. En descendant les vitesses, la voiture se comporte un peu comme un bateau. Le propriétaire de cette Fiat- notre collègue de la rédaction observe sa chère voiture avec une certaine crainte. Pas de panique ! Le pilote contrôle bien la situation en négociant un virage doux et élégant. Il se dirige vers la piste à faible adhérence où il peut entreprendre quelques folies, sans faire souffrir la vieille construction. Les résultats sont impressionnants ! Personne ne pensait qu’il pourrait faire cela avec une « Duzy » Fiat de 40 ans. Elle aurait bien sa place dans un concours de drift. Il ne faut sans doute pas oublier que la voiture avait une position de conduite moderne et 4 freins à disques.
C’est la raison pour laquelle avec de tels freins, cette voiture pouvait être engagée sur circuit ou en rallye. C’était son grand avantage face à des concurrentes équipée de tambours à l’arrière. La notice d’utilisation de la Fiat conseillait d’ailleurs de faire attention au freinage car « il y a peu de voitures qui ont des freins aussi efficaces ».
L’essai continue par un vrai feu d’artifice de slaloms, de glissades pour démontrer les capacités de la voiture, qui vont se révéler encore meilleures sur la deuxième prétendante, encore plus stable et plus sûre.
La Lada 2107 a l’air à priori plus moderne. Elle était aussi plus populaire et connue sur les routes étrangères. La voiture a fait une belle carrière dans les pays froids où elle était appréciée pour ses capacités de démarrage à froid et son chauffage efficace, qui a la vertu de la transformer rapidement en sauna. La Lada donne surtout l’impression d’une voiture plus solide, plus moderne et mieux conçue. C’est cela qu’elle est en réalité.
La propulsion aux roues arrière est encore une autre histoire. Avec son arbre à cames en tête et son vilebrequin à cinq paliers, il n’y a aucun bruit de soupapes. Le moteur fonctionne de manière plus douce. Le pilote tend l’oreille en faisant monter le moteur dans les tours – il y a sans doute plus que les 60 chevaux de la Fiat. La Lada est donc encore plus différente que prévu. Le pont arrière est posé sur installé sur ressorts classiques et suspendu par une barre Panhard (contrairement aux ressorts à lames de la Fiat). Le démarrage a donc été plus agressif. La Lada affronte son premier virage de belle manière et se dirige vers la piste d’adhérence. Quel plaisir de conduite ! Agréable, douce, facile à contrôler mais surtout passant à des vitesses beaucoup plus élevées. Le levier de vitesse au plancher permet de descendre plus facilement les rapports.
La « Duzy » Fiat est une légende mais objectivement - pendant cet essai c’est la Lada qui règne. « C’est la voiture qui est la plus apte à faire des courses et des rallyes » dit le pilote, en ajoutant un laconique : « Sorry pour la Fiat ». D’un coté il est désolé de donner un verdict moins favorable à l’icône de la motorisation polonaise mais de l’autre il confirme que c’est un véhicule idéal pour les amateurs de voitures anciennes et que sa conduite est une expérience excitante.
Souvent, les stars de la Formule 1 ne sont pas trop intéressées par les voitures qui fascinaient il y quelques dizaines d’années un « Kowalski » (nota : l’équivalent de « Martin » en France). Cette fois-ci nous avons eu la chance de rencontrer une vedette, mais aussi un vrai amateur passionné d’automobile. La prise en main par un pilote professionnel est un vrai « massage » pour ces vielles machines... Les Lada 2107 et les Duzy Fiat n’ont jamais été conduites aussi doucement et avec autant de classe. Là, elles ont eu un contact avec un thérapeute de la plus haute qualité !
Lu sur : http://otomoto.pl/index.php?sect=info&sub=articles&category=3&artId=7049&page=2
Adaptation VG
(*) Celui qui identifie le pilote allemand sur les photos gagne ma plus haute considération !