Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Un V6 4.0 dans une vieille Moskvitch !

Lorsqu’il était enfant et qu’il admirait la vieille Moskvitch de son voisin, Alexander Koulechov s’était juré qu’un jour il possèderait la même. Ce rêve est devenu réalité des années plus tard lorsqu'il a entrepris la restauration de la voiture de son enfance... Il a toutefois résolu la question du moteur de manière radicale puisqu’il a décidé de placer sous le capot... le puissant moteur 4 litres V6 d'un Ford Explorer !

Rencontre avec Alexander Koulechov et sa femme Victoria, pour qui cette Moskvitch-403 n’est pas seulement une voiture mais aussi un symbole de leur union puisque après sa restauration, c'est le jour de leur mariage que la voiture a parcouru pour la première fois les rues de la ville.

  • Je ne sais pas comment les futurs mariés enterrent leur vie de garçon, mais moi j’ai travaillé sur la voiture avec mes amis jusqu’à trois heures du matin ! Je suis allé me marier, fatigué et en manque de sommeil. Pourtant tout le monde était aux anges !

Notre passion commune pour les voitures de MZMA est l’une des raisons de notre rencontre, tout comme notre amour pour les choses rétro. La Moskvitch-403 a été lancée en décembre 1962. Le moteur n’évoluait pas, l’intérieur et l’extérieur avaient reçu des modifications mineures, mais le châssis avait été quelque peu amélioré. Dans l’URSS de l’époque, les Moskvitch-403 et Moskvitch-407 étaient considérées comme des voitures très dynamiques. Elles participaient à des rallyes, des courses sur circuits et sur anneaux de vitesse.

Mais son moteur ne faisait que 45 chevaux. Une puissance très faible pour le 21ème siècle. Alexander a donc décidé de prouver que la vieille Moskvitch pouvait aussi être conduite très très vite. S’il n’a pas trop touché l’intérieur et l’extérieur de la voiture, il a complètement revu ses dessous : suspension de BMW E30, moteur six cylindres et transmission de Ford Scorpio, direction assistée et freins à disques aux 4 roues... transformant de fait la Moskvitch-403 en véritable fusée !

  • En ville je m’accroche constamment avec des jeunes au volant de voitures étrangères qui veulent en découdre avec moi. Mais ils sont naïfs et n’ont aucune chance ! J’ai même largué un BMW X5. Quand ils perdent, les réactions sont très variées : sourire ou colère... Soit dit en passant, à vitesse élevée, la voiture est très stable. Mais je ne suis pas un adepte de ce genre de défis que je ne pratique pas tellement souvent.

Le capot de cette vieille Moskvitch cache donc un moteur de 160 chevaux. Compte tenu du faible poids (1100kg), la voiture est vraiment très dynamique. Il faut toutefois reconnaître qu’il a fallu le rentrer au chausse-pied. S’il passe facilement dans le compartiment moteur d’un Explorer ou d’une Mustang, sous le capot de la Moskvitch c’est une histoire de millimètre.

Mais cela valait le coup : il suffit d’écouter le bruit du moteur et de voir les mouvements de la caisse quand on presse l’accélérateur ! La puissance est si impressionnante que le conducteur et les passagers sont collés aux sièges. Le couple est de 310 Nm ! La Moskvitch passe de 0 à 100 km/h en environ 6 ou 7 secondes. Et apparemment, elle est la plus rapide de la planète puisqu’elle a déjà atteint les 220 km/h sur une piste de drag !

L’histoire de cette voiture a débuté en septembre 2008 quand il a acheté une véritable épave dans le village de Borissov... Elle était quasiment enterrée dans le sol et couverte de mousse. La voiture aurait dû terminer sa vie à la décharge, mais Alexander est arrivé à temps.

  • A première vue la carrosserie ne semblait pas trop rouillée. Je l’ai achetée sans moteur, sans intérieur et sans un nombre incalculable de pièces pourtant nécessaires et difficiles à trouver. J’ai mis plus de trois ans à reconstruire la voiture. Le circuit électrique a posé beaucoup de problèmes. La carrosserie a été renforcée avec pas mal de soudures.

Notre héroïne a connu différents moteurs allant du 1,6 au 2,9. Mais près de 3 litres de cylindrée ce n’était pas assez :

  • En fin de compte j’ai acheté ce six cylindres 4 litres. La carrosserie a entièrement été sablée. Tous les panneaux de carrosseries à part les ailes arrière sont neufs. Les pièces viennent de tous les républiques de l’ex-URSS. Trouver des pièces de rechange est aujourd’hui très difficile. Au total, j’ai investi dans la voiture environ $13,000. Les Russes (NDT : il est Biélorusse) m’en ont offert $20,000, mais j’ai fait tellement d’efforts que je n’ai pas envie de m’en séparer. Comment pourrais-je la vendre ? Je ne dirai pas que la voiture est en parfait état. Elle roule tous les jours et en deux saisons j’ai parcouru environ 60,000 km. En hiver, elle est bien sûr remisée au garage mais je me rattrape l’été. Je vais avec elle au travail et je me promène souvent avec mon épouse. Cet été je n’ai ouvert le capot que pour une vidange ou pour montrer le moteur ! C’est aujourd’hui la dernière sortie de la voiture et je vais la rentrer au garage pour travailler de nouveau dessus.

L’an dernier, il a réussi à régler parfaitement le moteur. Il ne chauffe plus et la consommation de carburant reste raisonnable avec 10 litres aux 100km en ville sans trop forcer. Il pense pourtant déjà à un V8 4,6 litres avec boîte automatique :

  • Ma deuxième voiture est une Ford Taunus. Je cherchais un moteur pour elle et un ami m’a proposé un V8. Juste pour le fun, j’ai mesuré le compartiment moteur de la Moskvitch. Le moteur peut y rentrer ! Avec quelques changements, mais il va rentrer ! Finalement la Taunus gardera son moteur d’origine ! Je ne sais pas ce que cela va donner avec la Moskvitch : 370 Nm et 220 ch... Cet hiver je prévois aussi de la repeindre complètement et de rendre l’intérieur et l’extérieur le plus proche de l’origine. Après, je ne pourrai sans doute plus utiliser cette voiture au quotidien. Dommage.

Certains éléments proviennent de la Moskvitch-407 mais le plus important pour Alexander c’est de rester dans l’esprit des années 60.

  • Je vais remplacer les jantes alliages par des roues en tôle avec enjoliveurs et réduire les voies.

Mais le plus étonnant c’est quand Victoria, sa femme, parle de la voiture :

  • Je conduis prudemment. J’ai vraiment peur de casser cette voiture quand je sais combien de temps il a passé sur elle. Elle est très facile à conduire même si la moindre pression sur l’accélérateur la projette vers l’avant. On ne peut pas la comparer avec des voitures plus modernes : la Moskvitch ne peut pas offrir le même confort. Mais la banquette à l’avant, le volant blanc ivoire, son côté archaïque, sa simplicité naïve et les rugissements du moteur sont incomparables ! Je me souviendrai toujours comment mon homme est arrivé à son volant le jour de notre mariage ! Fraîchement repeinte et nouvellement reconstruite, elle me semblait irréelle, surtout en ce jour particulier !

C’est sur ces impressions que notre rencontre s’est achevée. Les voitures anciennes ont un charme particulier et même en les modifiant de la sorte, il est bon de savoir qu’en Biélorussie, il y en a qui cherchent à préserver le patrimoine automobile...

Lu sur : http://www.abw.by/news/154519/

Adaptation VG

Tag(s) : #Rencontre, #Moskvitch, #Tuning