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Le magazine Za Roulem a comparé la classique soviétique à son homologue italienne. Et la Lada a surpassé l’originale dans presque tous les domaines.
Tous les amateurs de Jigouli rêvent de prendre le volant d’une Fiat 124. La fameuse, la légendaire ! Combien d’histoires n’a-t-on pas entendues à ce sujet : « J’ai eu l’une des premières Kopeïka, avec un moteur italien ! » On aimait aussi affirmer que la Fiat 124 était nettement supérieure à la Lada soviétique.
Ces idées reçues sont solidement ancrées dans les esprits. Il est encore possible de démontrer aux sceptiques que les Jigouli équipées d’un moteur Fiat n’ont jamais existé. Mais comment convaincre tout le monde, y compris soi-même, que les Jigouli produites à Togliatti se défendent très bien face à leur modèle italien ? Il faut rouler et comparer. Bref, essayer les deux !
J’ai décidé de passer mes vacances d’une manière peu ordinaire et, avec les copains du club Lada History, je suis parti pour un périple de deux semaines à travers l’Europe au volant de ma VAZ-2101 de 1976. Nous avons traversé neuf pays et parcouru plus de 6,000 kilomètres à travers l’Europe, en convoi de six Jigouli, accompagné d’un véhicule d’assistance. En Hongrie et en Allemagne, des membres de clubs de voitures anciennes locaux se sont joints à nous. Attila Vukmann, président du club hongrois « Veteran Zsiguli », possède une importante collection automobile, qui comprend notamment une Fiat 124. Il n’a pas fallu longtemps pour le convaincre de me laisser essayer sa voiture : me voilà donc au volant de cette « Jigouli italienne » de 1966.
J’ai immédiatement senti la différence, au sens propre du terme. À côté de celle de la Fiat, la position de conduite des Jigouli est un véritable luxe ! Sur l’Italienne, le dossier du siège ne se règle pas. Pour le reste, l’habitacle est familier. À une différence près : le plastique de la planche de bord, des poignées de porte et des garnitures de montants est gris, et non noir.
Dès la sortie du parking, je remarque que la direction de la Fiat est plus légère, surtout à l’arrêt. Les réactions de la voiture aux mouvements du volant sont également un peu plus vives que celles de la Lada. Mais ce ne sont que des détails. En revanche, la différence en matière de performances est énorme.
Petit rappel : le moteur figurait parmi les principaux éléments de la longue liste des modifications apportées à la Fiat pour son adaptation au marché russe. Le moteur italien de 1,2 litre à arbre à cames latéral ne développe que quatre chevaux de moins. Pourtant, dans la pratique, la Lada, dotée de son moteur à arbre à cames en tête de 64 ch, prend facilement le large.
Au cours de son adaptation, la Lada a également reçu des freins à tambour à l’arrière. Pour être honnête, je n’ai pas vraiment ressenti d’avantage au freinage pour la Fiat, pourtant équipée de disques sur les quatre roues. En revanche, la pédale de frein de l’Italienne offre un meilleur dosage. Pendant que je me familiarise avec les freins, la chaussée cesse d’être lisse. Sur les routes bosselées de Hongrie, la Fiat 124 vous secoue dans tous les sens : les suspensions sont nettement moins efficaces pour absorber les irrégularités. Je sens et j’entends littéralement la carrosserie travailler ! Et impossible de mettre cela sur le compte de l’état de cet exemplaire : la voiture est pratiquement dans un état parfait.
Au volant de la Jigouli, sur la même route, la première impression est celle d’un ensemble bien plus homogène. La caisse est plus rigide et les suspensions absorbent beaucoup mieux les irrégularités. Notre VAZ-2101 permet de rouler en confiance là où la Fiat devient déjà franchement inquiétante. Et cela sans devoir sacrifier le confort ou la tenue de route. Tous ceux qui pensent que les voitures italiennes sont forcément bien meilleures que les nôtres se trompent donc. Dans ce duel, je peux, en toute bonne conscience, donner la victoire à la « Kopeïka ». Ce n’est pas simplement une copie de la Fiat : la Lada a surpassé l’originale dans presque tous les domaines.
Voilà donc pourquoi les Italiens ont interdit, durant les premières années, la vente des Jigouli sur les marchés d’Europe occidentale ! À prix égal, la voiture soviétique s’est révélée meilleure. Quant aux pays du bloc socialiste, ils se souviennent encore des Lada aujourd’hui. C’est particulièrement vrai en Hongrie, où les voitures venues d’URSS ont connu un immense succès et où l’on en trouve encore une grande variété. Dommage que cette tradition se soit interrompue.
Dans presque tous les pays traversés, on m’a interrogé sur la situation actuelle de Lada. Il s’avère que beaucoup de gens ignorent tout simplement l’existence de la Vesta. Lorsque je leur montrais des liens vers les articles de Za Roulem consacrés à la Vesta Cross et à l’XRAY Cross, ils n’en revenaient pas : pourquoi ces modèles ne sont-ils pas commercialisés en Hongrie, en Allemagne et dans les pays baltes ? Ce seraient pourtant des succès potentiels, capables de rivaliser avec la gamme Logan.
La réponse se trouve peut-être dans la question elle-même : tout comme aux débuts de la production, le partenaire actuel d’AvtoVAZ, désormais français, n’a aucun intérêt à voir Lada revenir sur le marché européen. Car l’histoire est cyclique : comme il y a un demi-siècle, une voiture arborant une barque sur son capot est, à bien des égards, meilleure qu’une « Européenne » proposée au même prix.
Au cours de ces deux semaines en Europe, j’ai pu examiner de près des versions destinées à l’exportation de presque toute la gamme VAZ. Et les différences ne se limitent pas aux badges. Certes, les voitures exportées étaient pour la plupart des modèles standard, qui ne se distinguaient que par de petits détails. L’inscription « Jigouli » était remplacée par « Lada », accompagnée de la cylindrée du moteur. Sur les modèles 2101 et 2102, les feux de position avant étaient orange au lieu d’être blancs, conformément aux exigences européennes. Il existait également des versions à conduite à droite, principalement destinées au marché britannique.
Mais nous avons aussi eu l’occasion de découvrir des variantes plus intéressantes. Par exemple, une Niva de luxe destinée au marché autrichien, connue sous le nom de Lada Taiga. Il n’en reste presque plus aujourd’hui (je ne connais que cet exemplaire). Elle se distingue du modèle standard par ses autocollants caractéristiques répartis sur la carrosserie, ses jantes en alliage de fabrication suédoise, son volant à trois branches et ses garnitures en velours sur les sièges et les panneaux de portes. Pris ensemble, ces petits détails extérieurs et intérieurs transforment notre Niva en une voiture tout à fait différente, particulièrement élégante. Dommage qu’elle ait été produite en si petite quantité. La fabrication de la luxueuse Taiga a pris fin en 1992.
Légende des photos :
- À première vue, il n’est pas difficile de distinguer une Fiat 124 d’une Jigouli : les pare-chocs de l’Italienne sont dotés de petites butées caractéristiques, et les poignées de porte sont différentes. Et, bien sûr, les emblèmes Fiat sont présents partout.
- L’intérieur de la Fiat se distingue par la couleur de ses plastiques : gris au lieu de noir. Les garnitures des montants comportent moins de vis. L’agencement des boutons à gauche de la colonne de direction est différent. Autre particularité intéressante : les loquets des déflecteurs de vitres sont en forme d’agrafes. Sur les Jigouli, ils sont collés. Une solution peu heureuse, car ils se détachaient assez souvent.
- Le combiné d’instruments est lui aussi différent : sur la Kopeïka, un indicateur de température du liquide de refroidissement a été ajouté. Sur l’Italienne, il n’y a à cet emplacement qu’un voyant lumineux.
- Le moteur de la voiture à l’origine des Jigouli développe quatre chevaux de moins. Le 1,2 litre à arbre à cames latéral se reconnaît facilement à son couvre-culasse, plus étroit, et à son bouchon de remplissage d’huile situé à l’avant. Remarquez également les renforts du capot : ils sont moins nombreux que sur les Jigouli et leur profil est plus fin.
- Les enjoliveurs décoratifs ont été repris sur la VAZ-2101 sans modification, à l’exception de l’inscription Fiat estampée au centre.
- Dans la ville de Nagykanizsa, jumelée avec Togliatti, le maire nous a accueillis et nous a invités dans les locaux de la mairie.
- En Hongrie, on aime et on se souvient encore des Lada. À un moment, notre convoi de Jigouli a fini par compter pas moins de cinquante voitures !
- Déjà rare, la Lada Carlota en version cabriolet est une véritable espèce en voie de disparition. Cette voiture était fabriquée par la société Scaldia-Volga.
- La VAZ-2105 destinée au marché britannique était commercialisée sous le nom de Lada Riva. Elle possède une conduite à droite et un compteur de vitesse gradué en miles.
- À notre connaissance, il s’agit de l’un des rares exemplaires encore conservés de la Lada Taiga en finition de luxe. L’intérieur de la Taiga se distingue par ses garnitures en velours sur les sièges et les portes, ainsi que par son volant à trois branches.
Lu sur : https://www.zr.ru/content/articles/919998-avtoehksport/
Adaptation VG