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Lorsque l’on parle de « buggy tchèque », un seul nom vient probablement à l’esprit de tous les passionnés d’automobile : Vaclav Kral. En 1969, Metalex fabriqua, selon ses plans, la première voiture tchécoslovaque de ce type, et le nom de Kral resta ensuite associé à ce genre de véhicules pendant plusieurs décennies. Après la chute du régime communiste, l’idée d’une voiture de loisirs destinée à la plage réussit même à déboucher sur une production en petite série.

Si vous regardez certaines photos promotionnelles de cette époque, vous pouvez effectivement ressentir une certaine impression de « loisirs ». Une voiture jaune, sans portes ni toit, est stationnée par beau temps sur une plage, quelque part au bord de l’eau. Une image assez peu typique de la Tchéquie, mais qui correspond pourtant à une voiture conçue et construite dans ce pays, portant le nom exotique de Beach Buggy. La plage figure d’ailleurs jusque dans le nom de la voiture.

C’est la preuve roulante que, dans les années 1990, il était réellement possible de concevoir à peu près n’importe quoi et que, avec un peu de chance, on pouvait même le produire. Certes, en petite série. Aujourd’hui encore, nous n’hésiterions pas à qualifier la MTX Beach Buggy de voiture tchèque la plus exotique et la plus excentrique à avoir dépassé le stade du prototype unique. Et ce, même en tenant compte de modèles comme la MTX Tatra V8 ou la Skoda Felicia Fun.

Il n’est donc pas surprenant que cette voiture porte elle aussi la signature du gourou du design automobile tchèque Vaclav Kral, même si, au final, son fils Jiri réalisa une part beaucoup plus importante du travail sur le projet.  Quoi qu’il en soit, la Beach Buggy porte elle aussi la signature « made by Kral ». À l’origine, pourtant, ce n’était absolument pas un projet de Metalex. Comme l’explique notamment Marcel Gause dans son livre consacré à l’histoire de l’entreprise, le commanditaire initial du projet s’en retira juste avant que les dessins et les calculs ne se transforment en prototype.

Nous sommes alors au début des années 1990 et Metalex possède notamment l’expérience de la construction du premier exemplaire de la voiture de sport Tatra V8. Entre autres choses. Metalex décida ensuite de reprendre le projet et s’associa à la société pragoise Verold. C’est pour cette dernière, et sous sa marque, qu’il devait fabriquer le premier véritable prototype sur une base de Skoda Favorit. Compte tenu des coûts, l’utilisation de la technique encore relativement moderne de ce best-seller tchèque apparaissait assez logique.

Le moteur fut repris sans aucune modification, tout comme la boîte de vitesses manuelle à cinq rapports. L’architecture de la voiture fut en revanche complètement inversée, puisque la Favorit se distinguait par son moteur avant entraînant les roues avant. La Verold Baghira, comme fut baptisé le prototype, reçut des roues arrière motrices et un moteur placé devant l’essieu arrière. La base était constituée d’un châssis tubulaire spatial sur lequel reposait une carrosserie en polyester stratifié dessinée par Kral. Les quatre roues étaient indépendantes et le prototype était équipé de freins à disque sur les quatre roues.

Le prototype ouvert, biplace, dépourvu de portes et de toit, fit ses débuts au salon Autotec de Brno en 1992. Il ne connut toutefois pas davantage de succès sous la marque Verold. Celle-ci finit en effet par renoncer à une éventuelle production, et ce n’est qu’à la troisième tentative, directement sous la marque Metalex, qui avait racheté le prototype, que la voiture de plage finit par entrer en production, en petite série.

Afin de rendre la voiture plus facile à vendre à l’étranger, elle reçut la désignation déjà évoquée à plusieurs reprises de Beach Buggy. Si la carrosserie en polyester resta pratiquement inchangée, tout ce qui se trouvait dessous fut profondément modifié. La mécanique de la Favorit disparut au profit d’une base de Ford Fiesta. La raison était simple : les pièces et les services après-vente des voitures à l’Ovale bleu étaient beaucoup plus facilement disponibles à l’international. De plus, Metalex transformait déjà des Fiesta en voitures de compétition pour le championnat national monomarque.

Cela ouvrit également la porte à une gamme de moteurs beaucoup plus large, d’une cylindrée de 1,1 à 1,8 litre. Les brochures d’époque indiquent des puissances allant de 50 ch à 130 ch, ce qui se traduisait naturellement par des accélérations de 0 à 100 km/h allant de 16,9 secondes à seulement 7,6 secondes. Avec le puissant 1,8 litre, c’était véritablement un « loup déguisé en agneau » et, avec un poids à vide d’environ 800 kg, il n’y avait finalement rien d’étonnant à cela. Comme le révèle également l’une des photos d’époque, la voiture fut même mise au point sur le Nürburgring.

L’architecture de la transmission fut cependant modifiée : les roues avant devinrent motrices, avec en plus un moteur installé à l’avant, même si le châssis tubulaire de la Beach Buggy fut conservé. À l’arrière, on trouvait désormais des freins à tambour. La planche de bord fut reprise de la Fiesta et, grâce au déplacement du moteur, l’espace situé derrière les sièges avant put être libéré pour accueillir deux sièges d’appoint ou quelques bagages. La voiture pouvait également recevoir un toit en toile amovible, installé en cas de besoin. Avec une longueur d’un peu plus de 3,5 mètres seulement, cela lui conférait une praticité assez intéressante. La garde au sol était, soit dit en passant, de 21 cm.

La production était en réalité extrêmement personnalisée et la voiture pouvait être largement adaptée aux goûts de son propriétaire grâce au choix des roues et de différents accessoires. Les prix, à partir de 370,000 couronnes, si l’on en croit du moins un article publié à l’époque dans le magazine Svet Motoru en 1996, étaient certainement élevés, mais il s’agissait d’une automobile unique en son genre. Les tarifs augmentèrent progressivement pour dépasser la barre des 440,000 couronnes, leur niveau dépendant naturellement aussi de la motorisation choisie. Le prix du kit à assembler soi-même était légèrement inférieur.

La MTX Beach Buggy fut produite jusqu’en 2002, à raison de quelques dizaines d’exemplaires au maximum par an, mais le nombre exact de voitures produites n’est pas connu. Au cours de la production, Metalex eut même le temps de remplacer la mécanique Ford par des moteurs de 1,3 ou 1,5 litre provenant de la Hyundai Accent. Comme le souligne Gause, il est facile de reconnaître une voiture équipée de cette mécanique : à l’avant, elle possède quatre projecteurs ronds au lieu des phares rectangulaires.

La voiture a récemment fait de nouveau parler d’elle parce que Metalex souhaitait mettre l’un des prototypes aux enchères lors d’une vente organisée par Retro Garaz. Il ne s’agissait toutefois pas de la voiture d’origine, mais d’un nouveau prototype réalisé chez MTX en 2021 dans le cadre d’un projet visant à relancer éventuellement les activités sportives de l’entreprise. À l’époque, la société fabriqua deux voitures : une verte équipée de la mécanique de la Favorit et une orange dotée de celle de la Volkswagen Golf GTI. Les carrosseries des deux voitures respectaient les formes originales, mais l’habitacle accueillait également des équipements modernes, comme un écran tactile ou des sièges chauffants. Le prix de départ avait été fixé à 550,000 couronnes, mais la voiture n’a finalement pas trouvé preneur.

Lu sur : https://zpravy.aktualne.cz/ekonomika/auto/mtx-beach-buggy-historie/r~fea1aaf2990a11efbeca0cc47ab5f122/
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #MTX, #Metalex, #Beach Buggy, #Kral