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A-t-on réussi à améliorer à peu de frais notre tout-terrain old-school ?
La Lada Niva Legend connaît sa première grande évolution depuis longtemps. Pourtant, nous voilà face à… la même voiture que l’on rencontre d’autant plus souvent sur les routes que l’on s’éloigne de la capitale. Ou peut-être pas tout à fait la même, si l’on y regarde de plus près et que l’on s’attarde sur les détails ? Cette fois, nous sommes au volant de la nouveauté, loin des villes et encore plus loin de l’asphalte.
Nous vous avions parlé des améliorations apportées à la « Legend » d’AvtoVAZ il y a environ six mois, après un séminaire technique au cours duquel les spécialistes de Togliatti avaient patiemment énuméré devant le public quelque 350 modifications. Pas mal ! Depuis septembre, la voiture est accessible à tous : elle est commercialisée, avec une hausse de prix de 100,000 roubles. Voici ce qui a eu une influence sur le prix de la « Niva » et ce qui influencera encore le choix des acheteurs.
Les spécialistes de Togliatti vouent un véritable culte au dessin de cette voiture, imaginée dès les années 1970. Mais il s’avère qu’il est tout de même possible d’améliorer ce qui reste extérieurement immuable sans le dénaturer. Pour la première fois de son histoire, la Niva reçoit des panneaux de carrosserie galvanisés : le capot, la face avant, le hayon, le panneau arrière et - surprise - le toit sont désormais emboutis dans de l’acier galvanisé à chaud. Les portes, les ailes et toute la partie basse restent pour l’instant « noires » et nécessitent un traitement anticorrosion ainsi que des soins réguliers, mais au moins l’usine a fait un pas dans la bonne direction, malgré les budgets limités consacrés à cette mise à jour.
La carrosserie n’est donc pas seulement galvanisée, elle a également été renforcée - certes ponctuellement, mais à des endroits stratégiques. Elle est désormais plus rigide au niveau du plancher, derrière les ailes avant et sous la planche de bord : on trouve désormais une traverse ainsi qu’un renfort qui en descend vers le tunnel central. Ils permettent de rigidifier la colonne de direction. Tout cela (ou plutôt presque tout) afin de pouvoir équiper pour la première fois la Niva classique d’un airbag frontal.
Autre élément appréciable : le plancher renforcé permet de fixer plus solidement les éléments de transmission (boîte de vitesses et boîte de transfert), ce qui réduit les vibrations transmises à la carrosserie. Et la barre stabilisatrice est désormais fixée sur de solides anneaux de remorquage : elle contourne maintenant la suspension à l’avant et est désolidarisée du pont.
La principale évolution de la Niva est le remplacement du moteur classique de 1,7 litre par un nouveau quatre-cylindres huit soupapes de 1,8 litre, le VAZ-11184, à soupapes non interférentielles, développant 90 ch et 153 Nm. Le gain reste modeste, mais il se ressent : 7 ch et 24 Nm supplémentaires et, conséquence directe, un temps d’accélération de 0 à 100 km/h réduit de deux secondes (15 secondes désormais). S’y ajoutent une meilleure souplesse et une agréable vivacité, étonnamment « diesel », à bas régime.
La Niva classique récupère donc le moteur de la Travel, mais pour parvenir à l’installer dans un compartiment moteur exigu où la roue de secours est traditionnellement logée, les ingénieurs ont dû modifier aussi bien les périphériques du moteur que leurs supports. Résultat : tout est extrêmement serré sous le capot et la disposition respective des éléments de la carrosserie et du moteur peut être qualifiée d’originale. Selon les ingénieurs de l’usine, il ne sera pas possible d’installer le nouveau quatre cylindres dans une ancienne Legend sans modifications importantes.
En travaillant dans l’espace réduit offert par la voiture, les concepteurs ont également réussi à résoudre plusieurs autres problèmes. Le déplacement des ventilateurs derrière le radiateur a permis d’augmenter presque de 3,5 fois la surface de refroidissement. L’échangeur thermique est, au contraire, légèrement plus petit. L’insonorisant de capot moulé d’une seule pièce est plus efficace que l’assemblage de morceaux d’isolant, tandis que le cache en plastique placé au-dessus, même s’il est d’une esthétique discutable, empêche les feuilles et la saleté de tomber dans le boîtier de prise d’air. C’est également à cet endroit qu’un filtre d’habitacle est enfin prévu de série.
Il aurait été dommage de ne pas reprendre certains éléments de la base technique de la Travel modernisée l’année dernière. Après avoir éprouvé la nouvelle configuration de la suspension avant, avec des amortisseurs différents, des ressorts à enroulement à froid, de nouveaux points de fixation et une barre stabilisatrice inversée qui est en outre désolidarisée du réducteur, les ingénieurs l’ont appliquée à la Niva classique.
Ils ont ainsi obtenu une synergie : standardisation des pièces d’une part, amélioration d’un ensemble archaïque de la « classique » trois portes d’autre part, sans dégrader sa fameuse géométrie tout-terrain. Les éléments du châssis modernisé ont trouvé leur place sous le plancher de la Legend de manière parfaitement ordonnée, sans pièces saillantes susceptibles de heurter les obstacles du terrain.
Parmi les améliorations utiles figurent également les freins dotés de disques avant ventilés et d’étriers provenant de la Vesta, où un seul piston de grande taille remplace les trois pistons capricieux. La Niva Legend bénéficie aussi d’une transmission améliorée, avec laquelle la vie devrait être plus simple.
Premièrement, la boîte de transfert est désormais fixée à la carrosserie en trois points et ne se déplace plus sous la charge. Deuxièmement, le nouveau mécanisme de sélection des rapports de la boîte à cinq vitesses est complété par une biellette de réaction : le levier ne sort plus de son emplacement (ce qui arrivait sur la « Sport »). Nous avons vérifié.
Le résultat de ces modernisations ponctuelles de la mécanique ne constitue pas une révolution, mais les changements dans le caractère de la voiture sont perceptibles. Aucun miracle ne s’est toutefois produit : un tout-terrain de 90 ch issu des années 1970 se comporte comme il doit se comporter, compte tenu des injections périodiques de technologie dont il bénéficie. Il faut néanmoins souligner qu’avec son nouveau moteur, la Niva est devenue plus vive et qu’à basse vitesse, la réserve de couple permet même d’évoluer sans toucher l’accélérateur.
Avec le rapport long de la boîte de transfert, ce fonctionnement convient aux embouteillages aux heures de pointe ; avec le rapport court, il permet de s’attaquer aux fortes pentes. Et ce n’est pas une exagération : la Niva Legend gravit seule des montées particulièrement raides, comme si elle disposait d’un « régulateur de vitesse » tout-terrain, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des gaz. Elle progresse également de manière régulière sur une pente, sans à-coups ni chute de régime.
La suspension polyvalente mérite tous les éloges : il est difficile de la mettre en butée, même en sautant sur des chemins défoncés. Pour un tout-terrain, les freins sont également remarquables : la décélération est énergique et facile à doser, quelle que soit la vitesse. Quant au volant réglable en hauteur provenant de la Granta, il permet de trouver rapidement une position plus ou moins confortable aussi bien pour le tout-terrain que pour les routes normales.
La logique de fonctionnement de la boîte de transfert à levier unique apparaît dès la première utilisation : le petit sélecteur se déplace avec suffisamment de précision et il est facile de sélectionner un rapport « à l’aveugle ». Et sur les routes où le rapport court n’est pas nécessaire, le sélecteur ne vient pas gêner sous la main droite : sans quitter la route des yeux, on peut attraper son téléphone dans le bac en plastique, ouvrir la vitre avec le bouton de commande électrique situé sur le tunnel central ou utiliser le porte-gobelet, dont la forme carrée n’est pas des plus réussies.
L’intérieur de la Niva n’a pratiquement pas changé. L’exception est le volant de la Granta, équipé d’un airbag (c’est pour lui que la carrosserie a été renforcée) et réglable en hauteur. Le contacteur d’allumage se trouve désormais à droite.
Sur l’asphalte, le tout-terrain est toujours aussi bavard, mais à l’usine, on considère que supprimer les bruits de transmission avec des moyens limités relève de la mission impossible. Il est néanmoins possible de maintenir une vitesse de croisière et l’ambiance sonore dans l’habitacle sur autoroute n’est pas insupportable : on peut même passer d’une ville à l’autre par voie rapide sans réduire l’allure à celle d’une tortue. Mais effectuer un long trajet au volant d’une Legend avec une direction sans consistance et à l’ergonomie peu optimale relève plutôt d’une solution imposée que d’un choix.
Comme auparavant, la « Legend » de VAZ est proposée avec des pare-chocs métalliques ou dans la version Urban, avec ses éléments de style en plastique. La modernisation a apporté des jantes alliage de 16 pouces au design inédit (réservées à l’« Urban »), mais les robustes roues en tôle restent disponibles sur la version d’entrée de gamme, au prix de 1,199,000 roubles.
Cette version de base dispose désormais de l’airbag frontal et du volant réglable en hauteur, mais aussi de vitres électriques, du verrouillage centralisé et, par exemple, d’une protection du carter moteur. En montant dans la gamme, on trouve des versions avec supplément pour la climatisation, le chauffage des sièges, les rétroviseurs à commande électrique, une autre sellerie et différents éléments de style. La Niva haut de gamme en finition Urban - avec antibrouillards intégrés au pare-chocs et présentation intérieure noire - coûte 1,365,000 roubles, soit 107,000 roubles de plus qu’auparavant.
Au final, il n’est pas vraiment pertinent de mesurer la « Legend » modernisée uniquement à l’aune de son prix : lorsqu’une voiture est toujours en production, elle doit évoluer dans le bon sens. Et l’ensemble des modifications, attendues depuis longtemps, est conséquent.
La mise en commun des composants entre les deux Niva est également une bonne chose, et elle devrait encore être approfondie. Mais surtout, presque toutes les modifications apportées à cette trois-portes seront accueillies chaleureusement par son public. Le seul reproche que l’on puisse facilement prévoir et formuler à l’égard de ce tout-terrain qui a dépassé l’âge de la retraite tient en quelques mots : « On en veut encore plus, du nouveau ! ».
Lu sur : https://auto.ru/mag/article/pervyy-test-lada-niva-legend-s-ocinkovkoy-i-novym-motorom/
Adaptation VG