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Les constructeurs automobiles polonais n’ont jamais rencontré un grand succès en dehors de leur pays, mais l’un de leurs produits les plus populaires fut le fourgon Lublin. Son histoire complexe est liée à plusieurs constructeurs malchanceux et a finalement mené à la création d’une nouvelle marque chinoise.
Vous souvenez-vous encore du fourgon polonais Lublin ? Dans les années 1990 et 2000, il s’agissait d’un véhicule assez répandu sur les routes, et aujourd’hui encore on peut tomber sur quelques exemplaires fatigués. Le nouveau fourgon a commencé à être produit en 1993 par FSC, qui jusque-là ne fabriquait que le très archaïque fourgon Zuk. À côté de celui-ci, le Lublin était un véhicule nettement plus moderne, même si son développement avait débuté dès la fin des années 1970.
Il recevait une propulsion arrière et, au départ, un moteur diesel de conception polonaise. Par la suite, un moteur essence General Motors, d’origine australienne (Holden), a également été installé. La gamme de motorisations s’est progressivement élargie avec des diesels plus modernes fournis par Andoria et Iveco. À partir de 1997, toutefois, le Lublin était déjà produit par une coentreprise entre FSC et le coréen Daewoo, qui en détenait la majorité. Les véhicules portaient alors aussi les logos de la marque coréenne.
Par ailleurs, à partir de 1997, les Lublin étaient également fabriqués dans une usine roumaine de Daewoo, et à partir de 1999 aussi en Tchéquie chez Avia. Les années suivantes ont été compliquées : après la faillite de Daewoo en 1999, le Lublin est passé deux ans plus tard sous le contrôle d’Andoria, puis encore deux ans plus tard sous celui du groupe britanno-russe Intrall. En 2007, le véhicule a été commercialisé sous la marque DZT, en 2011 il est devenu le Honker, et sous l’appellation Honker Cargo il a survécu jusqu’en 2013, date à laquelle la production a été arrêtée. Sur la base du Lublin, un prototype Ursus Elvi a encore vu le jour quatre ans plus tard, mais il n’est jamais entré en production.
En arrière-plan de l’histoire du fourgon Lublin se déroulait toutefois une autre aventure, tout aussi confuse. FSC avait déjà noué une coopération avec Daewoo pour la production de fourgons en 1995. À cette époque, la marque coréenne se développait fortement en Europe et souhaitait proposer un véhicule plus moderne. Le développement du projet LD100 a donc commencé ; dans une première phase, la Corée était la cible principale, mais rapidement le projet s’est orienté vers l’Europe. La direction du projet est alors passée de la Corée à la filiale polonaise de Daewoo, c’est-à-dire au fabricant du Lublin.
Daewoo prenait ce projet très au sérieux et, outre ses propres équipes, la société autrichienne Magna Steyr y participait également pour aider sur les moteurs et la transmission. Des motorisations Renault avaient été envisagées pour la production, mais en raison de désaccords et de retards, le choix s’est finalement porté sur un moteur italien de VM Motori. Le britannique Lotus a contribué à la mise au point du châssis, tandis que l’italien IDEA était responsable du design. Le bureau britannique Hawtal Whiting s’est vu confier la conception de la carrosserie et la préparation de la production.
À partir de 1998, le constructeur britannique LDV, héritier de l’ancien Leyland, a également participé au projet. Daewoo avait en effet estimé qu’en raison de son manque total d’expérience dans la production et la vente de véhicules utilitaires, il serait préférable d’établir une coopération, voire une coentreprise, avec un fabricant déjà établi.
Le développement du véhicule s’est déroulé principalement dans le centre de développement britannique de Daewoo à Worthing. La production devait toutefois avoir lieu à Lublin, en remplacement de l’ancien fourgon polonais. Les véhicules devaient être proposés en deux versions, avec les logos Daewoo et LDV. Mais après la faillite de Daewoo et son rachat par le groupe General Motors, les droits sur le nouveau modèle, ainsi que la ligne de production achevée, sont passés entre les mains de LDV. Celui-ci a transféré la production dans son usine britannique et, après des modifications réalisées en collaboration avec la société d’ingénierie Tom Walkinshaw Racing, a lancé le modèle final sur le marché en 2004 sous le nom de LDV Maxus.
Les constructeurs britanniques, eux non plus, n’ont généralement pas bien traversé le début des années 2000 ; ainsi, deux ans plus tard seulement, LDV est passé sous le contrôle du russe GAZ. Celui-ci souhaitait produire le Maxus dans une usine russe, mais a négligé la partie britannique, et le manque de financements a conduit à la faillite de LDV en 2009. La marque britannique et les droits sur le Maxus ont ensuite transité par plusieurs intermédiaires avant d’aboutir au conglomérat chinois SAIC, qui a relancé la production en 2011.
Cette fois, cependant, la production avait lieu dans une usine chinoise et sous la marque Maxus, qui remplaçait l’ancien logo LDV. Du moins en Chine et sur la majorité des marchés d’exportation ; dans certains pays, comme la Grande-Bretagne et l’Australie, les nouveaux véhicules chinois sont toutefois encore vendus sous le nom LDV. Le Maxus original, dont les origines remontent à la Pologne du milieu des années 1990, est toujours produit ; outre de nouveaux moteurs et une version électrique, il existe également une version à hydrogène. Le véhicule a été exporté vers de nombreux marchés mondiaux et est apparu aussi en Tchéquie, avant d’être remplacé par des modèles plus récents.
Aujourd’hui, Maxus est devenu un constructeur proposant une gamme complète de modèles, comprenant plusieurs fourgons, des camping-cars, des pick-up, des monospaces et des SUV. En Europe, la marque propose principalement des véhicules électriques et elle est également active en Tchéquie dans ce domaine. En Pologne, par exemple, il est toutefois possible d’acheter, en plus d’une large gamme de fourgons et de camions-plateaux électriques, un pick-up diesel Maxus T60.
Lu sur : https://www.auto.cz/polska-dodavka-lublin-se-vyrabela-i-u-nas-pote-pomohla-vzniku-cinske-znacky-160134
Adaptation VG