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Il arrive que les décisions marketing des constructeurs automobiles laissent perplexe, donnant envie de rire et de pleurer en même temps. Mais lorsqu’une plaisanterie malheureuse se transforme en modèle de série affiché à un prix proche de deux millions de roubles, il n’y a franchement plus matière à s’amuser. Un automobiliste, fervent amateur de voitures russes et passionné de loisirs en pleine nature, a finalement décidé de se laisser tenter par cette nouveauté très médiatisée.

Vous l’aurez sans doute deviné : il s’agit de la Lada Niva Sport. Oui, désormais, les mots « Niva » et « Sport » cohabitent officiellement non seulement dans les communiqués de presse, mais aussi sur le hayon. Soyons clairs d’emblée : cette voiture n’est ni une sportive, ni même un véritable tout-terrain, mais bien un calembour technique pour lequel on exige une somme tout simplement astronomique !

La première chose qui assomme plus fort que le rugissement du moteur, c’est le prix. Les tarifs constructeurs indiquent que la Lada Niva Legend Sport est proposée à 1,752,000 roubles. Imaginez : près de 1,8 million de roubles pour une voiture dont la conception remonte au siècle dernier ! Pour ce prix, l’acheteur obtient un véhicule dépourvu d’airbags et de système multimédia moderne, mais affublé d’une fière plaque « Sport » soit un demi-million pour un simple badge…

Pour situer le contexte : une « Niva » classique coûte aujourd’hui un peu plus d’un million. Autrement dit, pour un moteur légèrement boosté et quelques éléments de carrosserie en plastique, les concessionnaires demandent environ 600,000 roubles de plus. Une somme qui permettrait pourtant d’acheter une voiture étrangère d’occasion tout à fait correcte pour un usage quotidien.

Sous le capot, censé abriter la principale fierté de la nouveauté, se cache un moteur 1,6 litre à 16 soupapes développant 122 ch. En réalité, il s’agit du même moteur que celui de la Vesta ou de la Granta Sport, difficilement logé dans le compartiment moteur exigu de la Niva classique. Le prix à payer : la disparition de la roue de secours autrefois placée sous le capot (elle finit désormais dans le coffre ou au garage) et l’apparition d’une bosse disgracieuse sur le capot.

Mais le principal problème n’est pas l’implantation, c’est le caractère du moteur. Il est conçu pour fonctionner à haut régime : le pic de puissance se situe entre 5,000 et 6,000 tr/min. Or, en tout-terrain, on a surtout besoin de couple à bas régime pour grimper une côte ou sortir d’un bourbier. Ici, le couple à bas régime est quasiment inexistant. Le conducteur doit donc faire patiner l’embrayage et monter le moteur dans les tours simplement pour démarrer en côte. Pour la course sur circuit, ce moteur pourrait convenir ; pour un tout-terrain, il est aussi pertinent qu’une selle sur une vache.

La transmission est restée inchangée : une vieille boîte manuelle à cinq rapports et une boîte de transfert déjà à la limite auparavant, désormais contraintes d’encaisser une puissance accrue. Les vibrations sont toujours là : au ralenti, les leviers de la boîte de transfert dansent comme lors d’un rituel, et à vitesse élevée, au bruit du vent et des pneus s’ajoute le hurlement continu du moteur, qu’il faut sans cesse pousser pour rester dans le flux urbain. Le constructeur annonce des arbres de transmission et des ponts renforcés, mais la base reste la conception des années 1970, dont la fiabilité sous charge accrue suscite de sérieux doutes. 

La direction demeure floue et totalement dépourvue de ressenti. Le paradoxe est frappant : on est assis dans une voiture devenue plus ferme grâce à une suspension retravaillée, mais elle continue de mal répondre au volant - une combinaison étrange et désagréable.

Les ingénieurs ont tenté d’améliorer la tenue de route en installant des ressorts et amortisseurs plus rigides. Oui, le roulis a diminué. Mais le prix à payer est exorbitant. La Niva était déjà connue pour son comportement sautillant ; elle est désormais devenue un véritable instrument de torture. Chaque bosse, chaque fissure de l’asphalte se transmet sans pitié à la colonne vertébrale des occupants.

Le seul point réellement positif réside dans les freins à disque à l’arrière. Le freinage est nettement plus sûr. Mais cet avantage justifie-t-il un surcoût d’un demi-million de roubles ? La question est purement rhétorique.

À bord, on découvre de nouveaux sièges au maintien latéral prononcé et à surpiqûres rouges. Visuellement, ils sont réussis. Mais le problème de la Niva n’a jamais été la forme des sièges : c’est la géométrie catastrophique de la position de conduite. Le volant reste décalé, le pédalier est étroit, et le levier de vitesses semble situé dans une autre dimension. Les nouveaux sièges ne corrigent aucun de ces défauts structurels. Résultat : vous êtes assis de travers dans un siège sport, vous vous étirez pour passer les rapports, et vous écoutez la transmission hurler. On a l’impression d’être ouvertement tourné en dérision - pour près de 1,8 million de roubles.

Sur autoroute, la situation devient inquiétante. Le 0 à 100 km/h est légèrement amélioré (environ 12 secondes), mais rouler vite fait peur. L’empattement court, le centre de gravité élevé et la direction floue transforment toute vitesse supérieure à 100 km/h en lutte pour la survie. La voiture louvoie constamment et exige des corrections permanentes. La consommation, en conduite dynamique, dépasse facilement les 15 l/100 km - la rançon d’une aérodynamique de parpaing et d’un moteur constamment sollicité.

Au final, on se retrouve face à un produit à l’identité totalement floue. Pour les pêcheurs et chasseurs, il est inadapté à cause du manque de couple à bas régime et de la suspension trop rigide. Les jeunes citadins ne comprendront pas pourquoi payer le prix d’une voiture étrangère tendance pour une conception ancienne, bruyante et peu sûre.

Pour les sportifs, ce n’est pas une option non plus : quel genre de voiture de sport possède un centre de gravité aussi élevé et un roulis aussi marqué ? La Lada Niva Sport n’est qu’un tuning d’usine coûteux, absurde et impitoyable. AvtoVAZ semble avoir simplement assemblé tout ce qui traînait en stock et collé un prix qui fait écarquiller les yeux de toute personne raisonnable.

Donc si vous disposez soudainement de 1,8 million de roubles et que vous rêvez d’un tout-terrain, ne faites pas cette erreur. Tournez-vous vers l’immense marché de l’occasion ou vers les offres des constructeurs chinois. Acheter une Niva Sport en 2026 relève soit du masochisme désespéré, soit d’un acte de charité en faveur de l’industrie nationale - mais certainement pas d’un investissement rationnel. Une légende doit rester une légende, et non devenir une caricature coûteuse d’elle-même.

Au final, seriez-vous vraiment prêt à dépenser près de deux millions pour une Niva équipée d’un moteur de Vesta ?

Lu sur : https://rusdtp.ru/tehnicheskij-kalambur-za-kotoryj-prosyat-kosmicheskie-dengi-test-drajv-avtomobile-lada-niva-sport-2025/
Adaptation VG

Tag(s) : #Lada, #Niva, #Niva Sport, #Essai