Overblog Tous les blogs Top blogs Automobiles & Véhicules
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

En 1964, l’usine MZMA lance la production de l’un des modèles les plus réussis de son époque : la Moskvitch 408. La voiture a connu une forte demande non seulement en URSS, mais elle a aussi été exportée. Le modèle soviétique se vendait très bien en Europe de l’Ouest, en Grande-Bretagne et en Scandinavie.

La combinaison idéale d’un design élégant, de praticité et d’un prix attractif a fait de la 408 un véritable succès à l’export. Selon l’année de production, près de la moitié de toutes les Moskvitch partaient à l’exportation. Voici quelques exemples des volumes exportés : en 1965 - 45 %, en 1967 - 51 % ou en 1969 - 64 %.

Bien entendu, on parle ici de la berline. Mais en plus de celle-ci, les ingénieurs de MZMA ont développé aussi des breaks et des fourgonnettes. Pour les besoins internes de l’usine, des pickups ont même été produits. Bref, l’usine moscovite connaissait alors son âge d’or. Il n’est donc pas étonnant que les ingénieurs aient osé s’attaquer à une modification très audacieuse de la 408.

En 1963, la société Scaldia-Volga, qui vendait les Volga et les Moskvitch soviétiques dans les pays du Benelux, demanda au chef du bureau d’études de la MZMA, A. Andronov, de développer pour le marché européen une version de la Moskvitch à carrosserie ouverte. Une idée inconcevable pour l’URSS dont la responsabilité de la conception fut confiée à A. Vesselov, tandis que le design fut confié au styliste B. Ivanov.

L’entreprise importatrice, consciente que les ingénieurs soviétiques se heurteraient à de nombreux problèmes en raison de l’absence d’un moteur suffisamment puissant, proposa le schéma suivant : le coupé serait assemblé à Moscou, puis, en Belgique, on installerait sur la voiture un groupe motopropulseur de Ford Cortina. Ainsi, l’acheteur européen se verrait proposer un modèle élégant avec un moteur et une transmission (y compris une boîte automatique) moderne.

Malheureusement, cette coopération ne vit jamais le jour. Cependant, les ingénieurs soviétiques accomplirent leur tâche. À partir de deux berlines de série, ils fabriquèrent de superbes cabriolets. Les voitures reçurent par la suite le nom de Turist.

Après la suppression du toit, la structure porteuse de la carrosserie de la Moskvitch 408 Turist fut considérablement affaiblie. Pour résoudre ce problème, le tunnel central fut renforcé, des seuils de plus grande section furent créés, ainsi qu’un renfort en X du plancher. Mais le principal défi technologique fut la conception du cadre du pare-brise. Là encore, le problème fut résolu.

En ce qui concerne le moteur du futur cabriolet, le puissant moteur venant de l’étranger n’arriva jamais. On installa donc un moteur MZMA-408 de 1,4 litre développant 50 ch. Comme vous pouvez le comprendre, le terme « sport » n’était déjà plus vraiment approprié. Mais les ingénieurs soviétiques ne baissèrent pas les bras.

Afin d’alléger la voiture, des ailes, le capot, le coffre et d’autres éléments de carrosserie furent réalisés en aluminium. Le moteur lui-même subit une modernisation sérieuse, avec l’aide des ingénieurs de l’Institut central de recherche scientifique sur l’équipement d’injection. Ils proposèrent d’introduire une injection électronique à la place du carburateur ! La puissance passa de 50 à 65 chevaux, et les performances s’améliorèrent nettement. Au final, le cabriolet soviétique se transforma en véritable laboratoire roulant.

Au total, deux voitures furent fabriquées - une noire et une bleue - bien que certains témoins de l’époque affirment qu’il y en ait eu davantage. Elles passèrent toutes les phases d’essais et étaient prêtes pour une production en série. Mais la direction de l’usine refusa de lancer la nouvelle version de la Moskvitch en production, invoquant une grave pénurie de capacités industrielles. L’usine fonctionnait à la limite de ses possibilités, car la demande pour la Moskvitch 408 en version berline dépassait largement l’offre, aussi bien en URSS qu’en Occident.

Le projet de cet élégant cabriolet fut abandonné et les prototypes furent détruits. Malheureusement, à part des photographies en noir et blanc, quelques dessins et des témoignages, rien n’a survécu. Vous pouvez alors poser une question logique : qu’est-ce que nous voyons sur les photos ?

Il s’agit tout simplement d’une réplique, pratiquement une copie à 100 %, créée par l’Atelier Shamanski à partir des informations conservées. La voiture a été réalisée sur la base d’une Moskvitch 408 export et a même été peinte dans une couleur d’usine. La principale difficulté fut sans doute la reconstitution du cadre renforcé du pare-brise.

La voiture a été exposée au VDNKh de Moscou lors de l’exposition « Le rêve de Moskvitch » où la vidéo ci-dessous a été tournée.

Lu sur : https://dzen.ru/a/YPe67bfjXQdt8kHu 
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #Moskvitch, #408, #Turist, #Réplique, #Vidéo