/image%2F0782406%2F20250905%2Fob_e74a23_3387.png)
Il y a peu de temps, j’ai enfin acheté une autre voiture de mes rêves. Grand amateur de voitures de marque allemande, j’avais acquis une Audi il y a environ un an - achat que je ne regrette pas. Mais cette fois-ci, la voiture est différente, littéralement venue d’une autre époque. Dans tous les sens du terme.
C’est une GAZ-21I de 1960. Ses anciens propriétaires ont roulé presque toute leur vie avec. Elle est restée dans la famille plusieurs décennies, et on me l’a transmise presque comme un membre de la famille, les larmes aux yeux.
Dès que j’ai partagé la nouvelle de cette acquisition sur les réseaux sociaux, j’ai immédiatement reçu une avalanche de commentaires critiques : la voiture que j’ai achetée est mauvaise, sa couleur n’est pas d’origine (« ce bleu métallisé, c’est kitsch, elle devrait être d’origine ») ; « trop de modifications façon kolkhoze », etc. En gros, rien n’allait. On m’a même dit : « Ne sors pas en ville avec, ne te ridiculise pas ».
Je n'ai pas à me justifier. Je dirai simplement qu’il est bien plus difficile de trouver une voiture comme cela, qui a largement passé l’âge respectable, en bon état, roulante et fiable, que de tomber sur un exemplaire de musée hors de prix, destiné uniquement aux expositions ou collections privées. Et à mon avis, j’ai réussi : la voiture était proposée à un prix correct, correspondant parfaitement à son état même si je garderai le montant exact secret.
Évidemment, on m’a aussi dit que je ne pourrai tout simplement pas rouler avec cette Volga, que je devais plutôt me préparer à des dépenses monstrueuses en essence, en réparations constantes et en entretien après chaque sortie. On a ajouté que peu de garages accepteraient de travailler sur un tel véhicule ancien. Mais je précise tout de suite : je fais moi-même l’entretien et les réparations de mes voitures, donc ce n’est pas un problème pour moi. En même temps, tout ce petit monde serait partant pour « juste faire un tour » : c’est « cool, insolite, un vrai morceau de collection ».
Bien que je passe de l’Audi à cette « rareté », comparer les deux n’a aucun sens. Ce sont des voitures de différentes époques, avec des philosophies de conception radicalement opposées. Le seul point commun : moteur thermique, 4 roues, volant et pédales. Tout le reste n’a rien à voir. Et là-dessus, il faut reconnaître que la Volga a même quelques avantages par rapport aux voitures modernes.
La GAZ-21, ce n’est pas un « Androïd à roulettes », contrairement à la majorité des voitures actuelles. Dans les modèles modernes, il suffit qu’un seul module électronique lâche (comme cela arrive tout le temps sur les « chinoises » et même sur les Lada), et toute la voiture s’arrête. Et au lieu d’une agréable balade avec musique et écrans lumineux, vous finissez sur une dépanneuse direction le garage.
Avec la Volga, c’est simple : tant qu’il y a de l’essence dans le réservoir et une étincelle aux bougies, elle roule. Certes, la conduite d’une voiture de la fin des années 1950-début 1960 a ses spécificités. Beaucoup m’ont déjà prévenu dans les commentaires : conduire ça en ville, c’est de la torture pour soi-même et pour les autres. Toujours à la traîne, un obstacle constant, un boulet pour le trafic. Pas de direction assistée, des freins à tambour pas très efficaces : conduire ce genre de voiture, c’est un vrai travail.
Mais en réalité, les plus gros obstacles sont les autres conducteurs qui ralentissent pour mieux observer la Volga, bouche bée. Certes, c’est flatteur, mais ça perturbe vraiment la circulation. En revanche, côté performance, il ne faut pas exagérer : en 3ᵉ, on s’insère très bien dans le trafic, doublant même parfois quelques curieux distraits.
Bien sûr, les défauts ne manquent pas. Le premier est apparu dès une petite sortie pour le contrôle technique et l’immatriculation : batterie trop faible, fil de masse ancien et douteux… mais tout ça a été réglé en quelques minutes au garage. Évidemment, on m’a aussi demandé : « Mais garçon, tu sais dans quoi tu t’embarques ? Tu connais au moins le plan d’entretien de cette voiture ? ». Et on m’a répété toutes les galères classiques : « Tu vas t’épuiser à graisser la suspension. En hiver, comment tu vas démarrer ? Il faudra vider l’eau le soir, aller chercher de l’eau bouillante le matin… Et si une pièce casse ? Tu la fabriques toi-même ou tu la cherches dans des garages ? »
Et c’est vrai : si on regarde objectivement, il y a de quoi remplir non pas un wagon, mais tout un train de petits soucis. Ajoutez à cela l’âge respectable de la « mamie », la carrosserie plus toute jeune… Résultat : ce n’est pas une voiture, mais des tracas permanents. C’est vrai. Les automobilistes modernes n’imaginent même pas ces routines et cette « vie sous le capot ». Quant aux anciens, ils frissonnent en se souvenant de l’époque où il fallait travailler, voire « vivre » dans ces voitures pour gagner son pain.
Soyons honnêtes : utiliser une telle voiture au quotidien est réservé à des passionnés très motivés. Et ce n’est pas ma seule voiture. Pour la vie de tous les jours et les tâches utilitaires, j’ai un autre véhicule parfaitement adapté.
Cette Volga, même avec quelques améliorations modernes (chauffage de Lada, alternateur plus récent, petites bricoles pour simplifier son usage), je ne l’utiliserai que pour des promenades. Pas question de l’user à mort dans les embouteillages quotidiens.
Pas non plus question d’en faire une pièce de musée. Elle n’a plus de valeur depuis longtemps, même si son état est plutôt bon. Et la restaurer à l’origine coûterait trop cher et n’aurait aucun sens. Je ne prévois pas non plus d’en faire un « restomod ». Moteur injection, suspensions modernes, freins renforcés, etc. Tout ça est possible, mais ce n’est pas le but.
Mon objectif est simple : la garder à peu près dans son état d’origine et sortir pour des balades les soirs d’été. Pas besoin qu’elle ait l’air de sortir d’usine. Qu’elle reste avec ses défauts, son levier de vitesses au volant et ses freins « en bois » - c’est ça qui rappelle ce qu’est une « vraie voiture », sans laquelle le transport moderne n’existerait pas.
Et même ainsi, cette Volga apporte énormément de joie. Pas seulement à moi, mais aussi aux passants qui, en la voyant, sortent aussitôt leur téléphone pour la filmer. Le progrès automobile est inévitable. Dans dix ans, on râlera encore contre les nouveautés, et les petits moteurs turbo 1,5L avec boîtes CVT sembleront normaux, tout comme les voitures électriques omniprésentes.
Mais cette classique, la Volga GAZ-21, restera « éternelle » — tant qu’on s’en occupe un minimum et qu’on ne la laisse pas rouiller dans un coin perdu. Peut-on décemment la transformer en un assemblage de pièces importées ? À mon humble avis, non. Et vous, qu’en pensez-vous ? Faut-il moderniser cette immortelle classique avec les technologies d’aujourd’hui et en faire un « Androïd à roulettes » ?
Lu sur : https://dzen.ru/a/Zbn97oZnkSLn9B8B
Adaptation VG