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Lorsque la Lada Niva est arrivée en Australie en 1983, on s’attendait à ce qu’elle batte ses rivales japonaises sur le plan du prix. Mais le gouvernement australien avait d’autres projets…

Boris Eltsine peut sembler grotesque dans les bandes dessinées, mais La Lada Niva a fait un retour spectaculaire, comme ressuscitée, et se présente désormais en pleine santé, à la manière d’un solide enfant australien nourri aux céréales Weetbix. La société Lada Australia Pty Ltd est désormais détenue par une entreprise de Perth expérimentée dans le secteur automobile et, dans quelques semaines (*), elle dévoilera au Brisbane Motor Show toute une nouvelle gamme de Niva à quatre roues motrices.

Croiriez-vous à une Lada avec l'intérieur cuir et du bois de noyer ? Un utilitaire Lada parmi les meilleures du marché ? Une Lada pour les courses de Off-road ? Clarifions immédiatement : la Lada Niva était respectée de tous ceux qui l’avaient conduite hors des routes goudronnées. Elle aurait pu être construite par des prisonniers politiques à partir de tanks russes retirés d’Afghanistan, mais au moins elle était robuste.

La nouvelle Niva pour le marché australien ressemble au modèle original, mais dispose désormais d’un moteur 1,7 litre à injection électronique, remplaçant le carburateur, et est disponible en quatre versions différentes. Le slogan marketing est percutant : « Nothing Comes Harder Than A Lada » (« Rien n’est plus solide qu’une Lada »).

(…) Roger Phillips, directeur marketing de Lada Australia, se montre confiant. Son équipe, comprenant beaucoup de personnes issues de Alan Bond Hyundai, bénéficie du soutien d’un banquier pour un plan sur quatre ans. Il reconnaît que les deux importateurs précédents avaient « mal joué leur rôle ».

Lada Australia a acheté les 30 dernières Lada Cevaro (la Lada Samara) qui restaient en stock suite à la faillite de l'importateur précédent et les a revendues comme voitures d’occasion pour régler les dettes. « L’avantage est que le nom Lada est connu, mais pour de mauvaises raisons », explique Roger Phillips.

La société a sélectionné de nouveaux concessionnaires - le premier à Melbourne est Cesario Motors à Alphington. Un grand entrepôt de pièces a aussi été installé à Perth pour profiter du décalage horaire et offrir un service 24/24. Elle « reconstruit » aussi les Niva avec des composants australiens tout en développant de nouveaux modèles. Les principaux problèmes étaient « la mauvaise qualité des plastiques et de la mousse des sièges, ainsi que le besoin d’aligner la transmission 4x4». Tous les sièges sont retapissés, les commandes remplacées, les pédales élargies, la roue de secours repositionnée sous le capot et une nouvelle calandre est ajoutée.

Résultat immédiat : la localisation des pièces est désormais d’environ 15 % dans la Lada Niva de base. Plus important encore, Togliatti se fournit désormais auprès de Bosch pour l’électronique et de General Motors pour l’injection de carburant, plutôt que chez de petits ateliers agricoles.

La Lada Niva standard a été relancée en Australie-Occidentale en décembre à $15,995, bien en dessous du prix des 4x4 japonais et coréens concurrents, avec une garantie de trois ans/100,000 km et une assistance routière 24/24. C’est un 4x4 permanent avec boîte de transfert centrale et différentiel verrouillable, suspension à ressorts hélicoïdaux sur les quatre roues.

La version Bushman, à $19,995, inclut des roues alliage de 15 pouces, des pneus tout-terrain, des barres de protection en aluminium, des marchepieds, des feux longues portées et un volant sport. La climatisation et la galerie de toit sont en option.

La version Swagman, revendiquant 70 % de composants locaux, vise un prix de $32,000 avec une suspension avec ressorts hélicoïdaux à raideur progressive, amortisseurs à gaz et barre antiroulis renforcée, des jantes alliage de 17 pouces et des pneus Goodyear GA Eagle en 235/45, un spoiler avant, larges bas de caisse, toit ouvrant basculant et gros échappements arrière carrés. Il a aussi un intérieur tout cuir, du bois laqué sur le tableau de bord, un lecteur CD, des tapis, des sièges baquets et l’inscription Swagman le long des flancs. Une Lada ça ?

Le modèle le plus rentable devrait toutefois être le châssis-cabine à $21,500 ($17,900 hors taxes), fabriqué en Nouvelle-Zélande, avec châssis séparé et ressorts à lames arrière.

Roger Phillips garde beaucoup d’admiration pour la technologie basique de la Lada  Niva. « Nous avons l’habitude de dire que la NASA a dépensé des millions de dollars pour mettre au point un stylo capable d’écrire dans l’espace, alors que les cosmonautes russes se contentaient d’un crayon…».

Malgré ce nouveau distributeur basé à Perth, Lada n’a pas réussi à séduire le marché australien : les ventes ont stagné en 1997 et la société a fermé ses portes en 1998, mettant fin à une relation de 14 ans entre la Russie et l’Australie.

Lada était entré sur le marché australien en 1984 avec la vénérable Niva, un 4x4 basique mais capable. Mais elle a été freinée par sa construction monocoque, qui la fit classer comme voiture de tourisme et donc soumise à quotas et tarifs douaniers élevés, annulant son avantage compétitif.

Cette structure monocoque a peut-être freiné ses ambitions d’invasion de l’Australie, mais elle a aussi permis à la Lada Niva d’entrer dans le livre des records comme le tout premier tout-terrain de série au monde construit sur une plateforme de ce type. Avec un prix du neuf de $10,000 en 1984, elle concurrençait la Suzuki Sierra et la Daihatsu Scat, mieux équipées et mieux construites pour un prix équivalent et produite par des marques reconnues.

Une autre tentative d’importer en 1988 des Lada ,avec la Samara Deluxe, aidée par le pilote de légende Peter Brock, échoua également. Avec quelques retouches de la suspension, un kit carrosserie sportif et de jolies jantes en alliage, la Lada Samara Deluxe by Brock promettait des « performance étincelantes » et « une expérience de conduite vraiment unique ». Mais les acheteurs potentiels n’y ont pas cru. La Samara a été un échec. L’opération n’était pas convaincante et est passée à la postérité comme l’un des projets les moins glorieux de Brock.

Au milieu des années 1990, Lada n’était plus que l’ombre d’elle-même en Australie, avec des ventes au compte-gouttes. La relance de 1997 avait pourtant de grandes ambitions, avec une Niva modernisée et dotée d’un moteur à injection. Mais son véritable attrait se révélait hors de la route. Grâce à son châssis robuste - transmission intégrale permanente, différentiel central verrouillable et suspension indépendante à ressorts hélicoïdaux aux quatre roues – la Niva se montrait habile et capable d’affronter le rude bush australien, gagnant ainsi une solide réputation et un statut culte.

Cependant, malgré les tentatives d’y ajouter une touche australienne avec des modèles comme la Lada Bushman et le concept Lada Swagman, la Niva n’a jamais réussi à percer sur un marché de plus en plus dominé par une multitude de 4x4 japonais performants et stylés. En 1998, le petit cube russe tirait définitivement sa révérence.

Lu sur : https://www.drive.com.au/caradvice/why-this-soviet-era-off-road-relic-was-doomed-in-australia/
Adaptation VG

(*) Les éléments décrivant la nouvelle gamme de l'importateur Lada figurent dans un article publié par le magazine Drive, le 16 janvier 1997 et retranscrit ici en italique.

Tag(s) : #Histoire, #Lada, #Niva, #Australie, #Export