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Plaisir coupable. C’est un terme lourd de sens, non ? Parce que la vie est courte : aucun plaisir, aussi dérangé ou subversif qu’il puisse paraître, ne devrait être considéré comme « coupable ». On aime quelque chose ou on ne l’aime pas. C’est aussi simple que ça.

Mais essayez donc de vous dire ça quand vous rentrez chez vous et que vous trouvez votre partenaire en train de danser sur les plus grands succès de S Club 7… ou de regarder le désastreux Mrs Brown’s Boys sans la moindre once d’ironie ! Les gens, il faut bien le dire, sont étranges. Mais on aime l’étrange. C’est ce qui rend la vie intéressante. Et ce sens étrange des couleurs et des formes n’a pas échappé à Ian Nixon, l’homme derrière cette Lada étonnante. « J’ai ma propre entreprise de restauration de voitures anciennes, explique-t-il. Nous restaurons des classiques haut de gamme comme des Aston Martin et des Ferrari, ainsi que des voitures de course et de rallye historiques ».

« J’ai actuellement une des Metro 6R4 Computervision officielles de 1986, qui était exposée lors de la célébration du Groupe B au London Classic Motor Show à l’ExCel de Londres en 2016. Je restaure aussi l’Audi Quattro avec laquelle Hannu Mikkola a fini deuxième au Rallye Monte-Carlo 1982. Et nous faisons courir une Corvette Stingray au Goodwood Revival - un peu de tout, en fait ».

À ce stade, tout commence à avoir du sens : quand on passe ses journées à travailler sur des voitures de rêve réservées aux milliardaires ou aux gagnants du loto, on peut avoir envie de s’amuser un peu avec un projet plus terre-à-terre. Un peu de détente mécanique avec une voiture inattendue. Ajoutez à cela des années de savoir-faire et un œil affûté pour les pièces de qualité, et vous obtenez ceci : probablement le plus bel exemple de Lada 2103 que l’on puisse trouver au Royaume-Uni.

Et voilà pourquoi vous voyez une Lada dans Fast Car. Une voiture bien loin de la lourde berline du Bloc de l’Est. C’est autre chose, transcendant ses humbles racines utilitaires pour devenir une voiture désirable, vive, amusante et, surtout, déroutante pour les puristes. C’est une Lada. Une voiture que l’on a appris à considérer comme une blague. Et pourtant, celle-ci est impressionnante à tous points de vue. Comment Ian a-t-il fait ? Et qu’est-ce qui a bien pu l’inspirer ?

« Quand j’étais gamin, le voisin de ma grand-mère avait une allée pleine de Lada, et il me laissait l’aider à les réparer. Je suis sûr qu’une Lada a été la toute première voiture sur laquelle j’ai utilisé une clé, raconte-t-il. Mais je crois que tout a vraiment commencé quand je me suis passionné de Lotus Cortina et de Sunbeam. J’en ai eu plusieurs et je comprenais leur magie. Et puis Top Gear a créé la Lotus Lada. Ça m’a stoppé net. En y repensant, cette voiture a influencé tout ce que j’ai fait ensuite ».

Pour ce qui ne le connaissent pas, ce projet de 2002 voyait une Lada Riva transformée par Lotus en voiture rapide et désirable, pour environ 1,000 heures de travail et £100,000 ! En 2011, Ian Nixon a décidé d’en construire une réplique, avec un moteur Fiat double arbre de course et l’aide de Guy Croft, impliqué dans le projet original.

« J’ai beaucoup roulé avec cette voiture et rencontré plein de passionnés de Lada. Je l’ai même emmenée dans des courses de Time Attack ! Ce que j’ai appris sur la culture Lada en Russie et en Europe de l’Est en construisant la réplique de Lotus m’a donné envie de faire celle-ci. Ce n’est pas mon style habituel, je n’ai jamais été branché lowrider à suspension pneumatique. Mais j’étais lassé de construire des voitures rapides et j’avais envie de quelque chose de complètement différent, alors j’ai décidé d’importer une Lada 2103 ».

Les puristes (s’il y en a parmi les lecteurs) savent que ces voitures n’étaient appelées Lada que hors de Russie. Ce modèle de 1976 s’appelait VAZ-2103 sur le marché intérieur soviétique. Celle-ci vient de Bulgarie, via l’Allemagne, et est arrivée au Royaume-Uni en 2014.

« J’avais vu une photo d’une VAZ 2103 sur internet que je trouvais superbe, mais je pensais que c’était un montage, car je ne parvenais pas à trouver d’autres photos de celle-ci. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé d’en construire une et j’avais besoin d’une base. La 2103 n’a pas été vendue en grande quantité au Royaume Uni, et la plupart ont été renvoyées en Russie dans les années 1990, donc il a fallu en importer une. Je l’ai achetée en Allemagne à un Serbe qui l’avait importée de Bulgarie ».

Il l’a ramenée sur un plateau jusqu’en Angleterre, la faite entrer en atelier et a commencé à l’analyser. Elle n’était pas trop mauvaise. La peinture était horrible. En fait elle s’est décollée en passant au Karcher. Ce n’est pas toujours une bonne idée de laver une Lada. Mais la structure était saine.

Ian Nixon l’a alors reconstruite intégralement, jusqu’au dernier boulon. C’est vraiment une voiture neuve maintenant. « On trouve tout pour ces voitures, sourit-il. J’ai un immense réseau Lada dans le monde : Finlande, Russie, Serbie, Lituanie, Hongrie… Conseils et pièces sont faciles à obtenir. La plupart de cette voiture est arrivée par la poste ! ».

Comme pour un puzzle de bonne qualité, tout s’est assemblé très facilement, ce qui signifie que les modifications choisies par Ian Nixon se sont faites de manière naturelle plutôt que dans la douleur. Cela ne lui a pas causé beaucoup de nuits blanches. La modification la plus remarquable et inhabituelle est le passage à une suspension pneumatique : un système russe complet de Garage 1970, avec des coussins d’air et des commandes venant de Airmasters.ru. Le kit utilise un bloc électrovanne en alliage usiné, commandé par interrupteurs manuels sur le tableau de bord, et le réservoir d’air est fabriqué à partir de deux extincteurs russes coupés en deux et soudés ensemble ! Une installation simple, mais qui fonctionne parfaitement.

« Certaines pièces ont nécessité un peu d’ajustement pour qu’elles s’adaptent et fonctionnent, mais globalement nous avons utilisé des solutions éprouvées depuis des années, explique-t-il. Nous avons d’excellents ingénieurs dans notre atelier, donc en général rien ne nous pose problème. Kev, notre soudeur-fabricant expert, a réalisé quelques-unes des plus belles pièces, comme le spoiler avant et le support des manomètres de suspension. Sans lui, je doute que le résultat aurait été aussi bon. Il sait vraiment faire passer ces projets au niveau supérieur. Je lui montre une photo ou je décris une idée, et elle apparaît comme par magie ! ».

La Lada présente un mélange inhabituel de styles, piochés dans des univers aussi différents que le drift JDM, les VW californiennes et le « stance » russe. Et étrangement, tout fonctionne à merveille. On y retrouve un vrai petit côté frimeur italien des années 70, chemise ouverte et torse poilu.

« Oui, le style est un peu dépareillé, mais il est dans l’air du temps, » justifie Ian Nixon. « Tous les jeunes semblent l’adorer, même s’ils sont surtout attirés par les jantes et les ailes élargies. Je vais faire encore quelques salons avec, et voir où cela me mène ».

Et ensuite ? Retour aux Aston Martin et aux 6R4 ? « Bien sûr, c’est notre gagne-pain », admet-il.
Mais il se murmure qu’il prépare déjà un break Lada… avec un V8 Ferrari dedans.

Lu sur : https://www.fastcar.co.uk/cars/modified-lada-2103/
Adaptation VG

Tag(s) : #VAZ, #Lada, #2103, #Tuning, #UK