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[HC-03] Ladouchka.

J'aime ma voiture ! Le moindre propriétaire fier à l’extrême de sa voiture étrangère dira : « Tu aimes ta « Semerka » car tu n’as jamais conduit de voiture étrangère ! » OK. Mais non seulement j’en ai conduit, mais en plus mon mari roule dans la toute dernière Toyota ! Mais moi j’aime ma chère voiture. C’est ma mère qui me l’a donnée. Elle est à la retraite et a épargné longtemps pour offrir à sa fille adorée cette LADA rouge cerise neuve !

Je me souviens quand ma mère et moi nous nous sommes assises la première fois dans cette Lada flambant neuve et que j’ai senti cette odeur étrange. C’était l’odeur des voitures neuves. L’odeur de la prospérité et de la réussite. C’est sans doute à ce moment-là que j’ai aimé cette voiture, définitivement et sans pouvoir revenir en arrière.

Et maintenant, quand cette chère retraitée est invitée chez des amies, elle m’appelle et cinq minutes après la voiture l’attend près de la porte. Je transporte une dame âgée qui a une vie active, je lis dans ses yeux la fierté et sens de la tendresse dans son cœur. Ma « Semerka » rouge cerise nous aide à exprimer nos sentiments l’une pour l’autre.

Prenez par exemple mon mari. Prenez le, par exemple, la veille du 23 février. Ce matin-là, propre et bien habillé, parfumé à l’eau de Cologne, il se rend au travail en compagnie de son « amie » japonaise. Là-bas, le soir, il y a un pot entre collègues. On boit, on grignote, on parle de bagnoles, on se plaint des femmes... Je ne sais pas pourquoi mais, mon mari quand il a un pot il se fait toujours avoir. Un premier verre, une première bouteille... une quatrième !

« Et comment on va rentrer à la maison ? »
« Quelqu’un se souvient du numéro de la compagnie de taxi ? »
« Pourquoi la standardiste quand elle entend nos voix répond que tous les taxis sont pris ? » C’est la panique. Mais mon mari est confiant et calme. Un appel et nous sommes cinq à bord ! Les hommes chantent à tue-tête. En descendant de la « Semerka » ils claquent les portes puis en tapotant de la main la peinture me disent qu’ils sont désolés d’avoir claqué si fort la portière. C’est ce que j’ai vu de mes propres ye
ux.

Et le lendemain :
« Comment je suis revenu du boulot hier soir ? Ah, oui ! En Jigouli ! Et nous avons tous réussi à monter dedans ?
»

Les féministes me diront : « Comment peux-tu dire cela. Tu n’as pas de dignité ? » Je répondrai à toutes les féministes à la fois : « Vous avez vu comment IL change mes roues, comment tous les dimanches, les mains dans le cambouis il répare ce que j’ai réussi à casser. Ou comment il me pousse l’hiver quand je reste bloquée sur la neige (ça j’y arrive très bien) ou l’automne dans la boue... ». C’est la première raison pour laquelle je suis toujours prête à aller à son secours. La seconde raison c’est tout simplement que je l’aime.

Mais les principaux utilisateurs de ma voiture sont les enfants. Les deux. Mon fils est étudiant. Les soirs où il veut en mettre plein les yeux à sa petite amie, il devient si gentil : « Ma petite Maman, tu peux me prêter les clés de ta voiture ? » (Que la GAI soit tranquille. Mon fils est assuré !). J’aime entendre ce « Ma petite Maman ». A peine 3 à 4 minutes plus tard, la Jigouli a déjà quitté la maison. Je ne sais pas quel effet cette voiture a sur sa petite amie, mais pour la mère, la vue de son fils au volant d’une représentante de l’industrie automobile nationale produit une impression étonnante. Comme Vladimir Vladimirovitch [NDT : Poutine] au volant de sa Lada Kalina jaune !

C’est peut-être cela l’amour. Après tout, on tombe amoureux de son fils dès le premier regard.

Et ma petite fille ? L’hiver, -25°C. Un coup de fil : « Maman, je peux aller à la patinoire ? Mais pourquoi ? Tout le monde y va ! Moi et Sonia... ». Sanglots dans le téléphone. Je reviens du travail. La maison est silencieuse. Comme tout enfant normal, elle n’a pas écouté pas ses parents. Je prends un thermos, des bonbons, un sandwich, la voiture à peine démarrée je fonce à pleine vitesse à la patinoire. Je vais la tuer ! De mes propres mains. Comme Tarass Boulba dans Gogol. Je la retrouve congelée à la patinoire. Elle. Ma fille. Elle s’assit au chaud à l’arrière de la voiture. Les larmes commencent : « Je ne le ferai plus... Je t’obéirai !!! C’est bien que tu sois venue ». Et nous rentrons à la maison. Le chauffage ronfle paisiblement. Elle boit le thé, mange les bonbons et mord dans le sandwich. Ma patineuse s’endort sur la banquette arrière. Et j’ai l’impression que ma Ladouchka réduit elle-même sa vitesse pour la bercer.

Ils diront : « Quel différence ? Cela serait la même chose dans une Lada ou une autre voiture ». Je réponds : « Toutes les voitures ne s’appellent pas des Classiques ». Les hommes auxquels je demande parfois de m’aider à me garer me disent : « Qu’est-ce que vous avez ? Ahh une Classique ... ». Et ils sont heureux et se frottent les mains. Dites les femmes, combien d’hommes en vous voyant dans une nouvelle robe a dit : « Une Classique ». Moi cela ne m’est jamais arrivée.

On me dit souvent : « On a tous commencé avec la Jigouli ». Moi aussi je commence (3 ans de conduite) et je suis sûre que c’est un bon début. J’aime ma voiture. (Dans cette phrase, le mot clé c’est : « J’aime »).

Lu sur : http://vvv.lada.ru/warmstories/open_vote/vs_30242.html
(3ème place : Olga Antropova, Vladimir)
Adaptation VG

Tag(s) : #Cycle, #HC, #Lada