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[Motor] Quand la Polonez passait au Turbo.

Le 30 octobre 1983, l’hebdomadaire « Motor » présentait une Polonez motorisée par une 2 litres turbodiesel. Malgré les plans ambitieux de FSO, et en raison de son prix élevé, une centaine d’exemplaires seulement de ce modèle ont été fabriqués. Les lecteurs étaient tout de suite prévenus : cette voiture dont le nom officiel est Polonez 2.0 D Turbo n'était payable qu’en devises (l’équivalent de $5,600) auprès de Polmot.

A l'époque, le bloc VM turbodiesel installé sous le capot était le moteur le plus coûteux que l’on puisse trouver dans une Polonez. Par rapport au moteur essence, il se distinguait par son injection et son turbocompresseur.

Avant ce modèle, il y avait eu d’autres tentatives d’installation de moteur diesel sur une Polonez, et pas seulement des blocs VM. Les modèles occidentaux comparables recevaient aussi des moteur de 2 litres ou plus mais rares étaient encore les blocs suralimentés. Chez Fiat par exemple, l’Argenta qui avait à la fois remplacée la 131 Mirafiori et la 132, disposait de diesel de 2 ou 2,45 litres mais seul le moteur le plus gros pouvait être turbocompressé, la puissance passant alors de 72 à 90 chevaux. Chez Mercedes, le turbo n’était disponible que sur le 5 cylindres 3 litres. La version 2 litres n’en disposait pas et sa puissance était donc limitée à 72 chevaux.

Le moteur VM était très connu sur les véhicules utilitaires mais on le trouvait aussi sur des voitures particulières comme des Alfa Romeo ou des Rover. Dès la conception, ce bloc avait été prévu pour être suralimenté, contrairement à beaucoup d’autres moteurs sur lequel un turbo était ensuite adapté quand on considérait qu’il manquait de puissance. Cela constituait un avantage majeur, ce moteur était fiable car toutes ses pièces avaient été correctement dimensionnées. Par exemple, le carter était rainuré, garantissant une grande rigidité et une forte résistance aux vibrations. Autre approche inhabituelle, chaque cylindre disposait de sa propre culasse, ce qui limitait les réparations en cas de panne.

La puissance du moteur VM était plus que suffisante pour la Polonez. Il développait 84 chevaux à 4,300 tr/min et un couple élevé de 162 Nm à 2,500 tr/min. Son installation sous le capot de la Polonez avait nécessité le renforcement de l’embrayage. Son diamètre extérieur passait de 200 à 215 mm. La boîte disposait d’une cinquième vitesse surmultipliée (rapport de démultiplication 0,86:1) et le rapport de pont – 3,72- était beaucoup moins élevé que sur les modèles essence.

La vitesse maxi de la Polonez 2.0 D Turbo était de 145 km/h. Beaucoup plus intéressantes étaient les accélérations. La voiture atteignait les 80 km/h départ arrêté en 13 secondes. Il lui fallait environ 7 secondes de plus pour franchir les 100 km/h. Elle pouvait donc faire jeu égal avec les modèles essence. Le bref essai effectué par « Motor » confirmait que même en charge, la nouveauté ne se transformait pas en obstacle mobile pour les autres usagers de la route.

Selon FSO, cette Polonez consommait 7,1 litres de carburant à la vitesse constante de 90 km/h, 10,6 l à 120 km/h et 10,0 l en cycle urbain. La consommation augmentait donc de 50% en passant de 90 à 120 km/h ce qui était parfaitement logique car cette Polonez 2.0 D Turbo comme n’importe quel véhicule avec une moteur diesel suralimenté, étant plus économique à bas et moyen régime.

FSO prévoyait une production annuelle de 3 à 5 mille Polonez 2.0 D Turbo en fonction de la demande du marché. Mais on est resté loin du compte...

Lu sur :
http://www.magazynauto.pl/rozrywka/motor-z-przeszlosci/news-polonez-z-silnikiem-turbo,nId,643161
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #FSO, #Polonez, #Diesel, #Motor