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Crash-test inattendu au volant du UAZ Patriot restylé.

Jigouli, nom familier de tous les conducteurs en Russie. Cet article n'a pourtant rien à voir avec la propulsion la plus célèbre du pays puisqu’il est ici question de l’essai du UAZ Patriot restylé. Si on parle de Jigouli, c’est parce que ce test était organisé dans les montagnes du même nom qui surplombent la Volga et la ville de Togliatti. Sur le plan géographique, on parle d’ailleurs plutôt de collines, même si cette région comporte un certain nombre de caractères prononcées comme des rochers, des falaises, des pentes abruptes et des ravins profonds. On y extrait du pétrole et des matériaux de construction pour les routes.

En parlant de chaussée, les autoroutes de la région se font également remarquer par leurs défauts : elles sont peu régulières et parsemées de nids de poule de taille diverse. S'agit-il d'une remarque pour dire que cet essai du Patriot restylé va être effectué à basse vitesse ?

Que nenni. Le UAZ n’a que faire de ces nids de poules et à vitesse élevé il les oublie. Pourtant, même s’il se remarque par sa suspension confortable parfaitement adaptée à la (non)-qualité des routes russes, le UAZ souffre d’une direction inconsistante. Le point zéro est très flou et pour garder la voiture en ligne droite, il faut jouer du volant à la manière des conducteurs dans les vieux films soviétiques. Le pire c'est que les six voitures testées dans la région de Togliatti se comportaient de manière différente. Dans les virages il faut littéralement se battre avec la direction (quatre tours de butée à butée) et garder à l’esprit que la voiture fait un mouvement à la première sollicitation mais que ce n’est qu’après qu’elle commence réellement à tourner !

Le Patriot n’est pas vraiment à l’aise dans les manœuvres brusques, comme le fameux test de l’élan, et son conducteur devra vraiment apprécier les prises de roulis extrêmes... Conclusion, sur route il vaut mieux ne pas être pressé.

Petit tour du propriétaire. Le UAZ restylé se distingue par sa climatisation et son nouvel intérieur. Ce dernier n’est d'ailleurs pas qu’un simple restylage. Il est entièrement nouveau. Il se distingue par sa sellerie bicolore, les plastiques sont désormais moussés et le volant quatre branche est très agréable et plus ergonomique. Une meilleure attention a été portée aux détails et ce tableau de bord n’a désormais rien à envier à de nombreuses voitures de marques étrangères. A ce titre, on pourrait décerner au UAZ le titre de « Meilleure qualité intérieure pour une voiture russe ».

Pourtant, le Patriot basé sur le châssis d’un bon vieux UAZ-469, ne cache pas son origine purement militaire. A son volant, on ne manquera pas de pester contre sa direction nécessitant une force démesurée et son pédalier fortement décalé à gauche. A tel point que ceux qui ne sont pas encore habitués écrasent souvent la pédale de frein, en la confondant avec l’embrayage !

A bord, si l’équipement s’enrichit d’un autoradio de marque « Oural », la vraie musique du UAZ, c'est le ronronnement du moteur et le ronflement de la transmission. On remarquera que le Patriot Pick-up secoue moins les passagers et qu’il est quasiment stable en ligne droite en raison de sa suspension arrière renforcée et de son châssis long (l’empattement gagne 240 mm). Les deux versions ont en commun leur moteur à essence paresseux. Les 128 chevaux sont suffisants pour accélérer jusqu’à 80 km/h mais cela se gâte ensuite. Si vous êtes patients et que vous êtes prêts à gaspiller du carburant, vous pourrez alors atteindre les 120 km/h, mais le moteur montrera son insatisfaction par un profond rugissement et demandera avec insistance le passage du sixième rapport... inexistant. La boîte de vitesse ne présente pourtant aucun défaut : les passages sont faciles et précis et permettent de changer rapidement de vitesse.

Pour savoir ce que vaut réellement le « Land Rover d’Oulianovsk », il fallait l'emmener dans le sable et dans la boue. Mais pour Automail.ru cela a bien failli mal se terminer quand, pour une photo, deux journalistes ont décidé de faire un bond spectaculaire sur une bosse. Au lieu de retomber sur les quatre roues, le Patriot s’est écrasé sur son museau... Heureusement, plus de peur que de mal grâce au châssis séparé. Un 4x4 à carrosserie monocoque n’aurait sans doute pas apprécié le saut. Malgré le choc, l’airbag ne s’est pas déclenché... et pour cause, le Patriot n’en dispose pas ! Cette option devrait apparaître au mieux sur les Patriot et Pick-up mi-2013. Autre conséquence de ce saut mal réceptionné, sur la route du retour, le capot s’est brusquement ouvert à la vitesse de 100 km/h ! La serrure n’avait finalement pas apprécié le contact avec le sol !

En tout-terrain, outre sa résistance aux sauts, le UAZ s’est pleinement révélé. Dans le sable, les rapports courts permettent de ne pas rester planté et si jamais cela arrive, il suffit d’enchainer marche avant et marche arrière pour se dégager. Même avec les pneus d’origine. Le Patriot est le dernier des mohicans à châssis séparé. Il en reste peu : Jeep Wrangler et Land Rover Defender. Mais il n’a plus de moteur diesel depuis le divorce entre Sollers (qui possède UAZ) et Fiat. Un problème qui devrait être bientôt résolu puisqu’un moteur de remplacement a été trouvé...

Affaire à suivre,

Lu sur : http://auto.mail.ru/testdrive.html?id=38906
Adaptation VG

Tag(s) : #UAZ, #Patriot, #Essai