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Ambulance Volga GAZ-22D : une voiture à sauver.

Après avoir servi pendant de années, ces ambulances ont eu tendance à pourrir à l'extérieur de leur ancien garage, leurs restes étant ensuite envoyés à la décharge... C'est la raison pour laquelle l'ambulance Volga GAZ-22D est une véritable rareté.

Il est difficile de s'imaginer que l'exemplaire qui illustre cet article a eu la vie dure. Pourtant, malgré sa relative fraîcheur, il est en attente d'une restauration minutieuse. Pour l'instant, cette Volga a un côté particulièrement attrayant car elle est dans son jus. Dans cet intérieur très abimé ne plane pas seulement l'esprit de l'époque mais aussi une vraie odeur de médicaments !

En tirant le starter, on réussit à démarrer son moteur. A froid, comme de fait, il ne tient pas le ralenti, mais après quelques minutes de fonctionnement, il ronronne tranquillement et avec assurance. La boîte de vitesse de la Volga étonne une fois de plus. Le frêle levier au volant n'inspire pas forcément confiance, mais les vitesses passent bien plus facilement que certaines voitures plus récentes avec la commande au plancher. Les pédales d'embrayage et de frein sont dures et inhabituellement élevées, mais la pédale d'accélérateur est très pratique. Quand on met les gaz, la Volga commence lentement à bouger.

Nous transportons un jeune médecin, mais déjà sérieux, sur son lieu de travail : les villages calmes et pauvres de la banlieue de Moscou. Les ambulances GAZ-22D n'étaient pas seulement utilisées dans les grandes villes, aux routes relativement décentes. Un autre médecin, plus âgé, nous a expliqué qu'au début des années 60, il était fréquent durant l'automne et le printemps que ces ambulances s'enlisent dans la boue jusqu'au moyeu ! Mais si on y regarde de plus près, ces Volga GAZ-22D devaient subir les mêmes trous et bosses que ceux que l'on trouve sur nos routes d'aujourd'hui...

La Volga GAZ-22D ne craignait pas les difficultés. Elle a une garde au sol de 190mm. Selon la norme actuelle, ce n'est pas forcément beaucoup surtout avec des roues de seulement 15 pouces. Mais elle dispose aussi d'une suspension solide et assez souple. Cette dernière caractéristique pouvait intéresser ses éventuels "clients", les malades qu'elle transportait. Il faut ajouter à cela un moteur peu puissant : son 2,5 litres ne développait que 75 chevaux (80 puis 85 chevaux pour la version export), mais était assez coupleux. Même en troisième, on pouvait facilement rouler à 35-40 km/h.

Cette Volga n'aime pas être conduite vite. Sa direction est assez floue et dans les virages serrés, elle s'écrase sur ses pneus à flanc élevés, de sorte qu'il ne reste plus au conducteur qu'à s'accrocher au volant et les passagers à ce qu'ils peuvent. Mais ce comportement est généralement typique de la plupart des voitures produites au début des années 60. La voiture évolue lentement mais sûrement. Sur les bosses, le pot d'échappement heurte parfois le plancher.

Le chauffage monte rapidement et efficacement en température aux deux places avant et de gros conduits permettent également de réchauffer le compartiment arrière.

La Volga GAZ-22 est le premier break soviétique approprié pour les services médicaux. Jusqu'alors, les patients étaient transportés principalement dans des ambulances basées sur des camions et quelques rares limousines ZiS ou GAZ-12 ZIM. Si les médecins avaient l'habitude de rouler en Moskvitch, elles étaient inadaptées pour transporter des malades. Le break Moskvitch-423 était trop petit...

Les prototypes du break GAZ-22, basé sur la légendaire GAZ-21, est apparu à la fin de l'année 1960 en même temps que la fourgonnette et l'ambulance. La production en série de l'ambulance GAZ-22B (son nom jusqu'en 1965) débute à l'orée de l'année 1962. Utilisant les mêmes aménagements intérieurs que les ambulances RAF, elles devient rapidement l'ambulance la plus répandue d'URSS.

Les ambulances GAZ-22D, même après la fin de leur production en 1970 et l'apparition des GAZ-24-03 plus modernes, ont encore longtemps été utilisées dans les grandes villes et dans les campagnes. Bien sûr en termes de conception et, plus important, de qualités routières, ni la GAZ-21 ni la GAZ-22 ne répondaient au normes européennes du début des années 70. Mais les ambulanciers ne s'en souciaient pas : le principal est que la voiture était solide, robuste et facile à entretenir et réparer même pour des mécaniciens peu qualifiés. La GAZ-22D de 1969 qui illustre cet article était d'ailleurs encore utilisée il n'y pas longtemps dans un sanatorium.

Cette Volga GAZ-22D, et ses nombreuses congénères, a durant de nombreuses années transporté des médecins et des patients. Elle a sauvé des gens. Maintenant c'est à son tour d'être sauvée... Il ne fait aucun doute qu'elle l'est déjà.

Légende des photos :

  • Au dessus de la poignée d'ouverture du capot, la tirette permettant d'ouvrir le rideau de protection du radiateur. Au plancher, le champignon commandant le lave-glace et l'interrupteur des phares.
  • L'ouverture de coffre se fait en deux parties. Ce qui est particulièrement utile sur une ambulance.
  • A l'intérieur on trouve une civière de 1800mm, deux strapontins, un éclairage au plafond et une tablette escamotable. Derrière la civière, on remarque le logement de la roue de secours, accessible en ouvrant la portière arrière gauche.
  • Dans l'ambulance Volga, les sièges avant sont séparés. On remarque les conduits amenant de l'air chaud à l'arrière.
  • L'instrumentation se devait pour une voiture sérieuse compter en plus de l'indicateur de niveau de carburant et de température d'eau, un ampèremètre et un indicateur de pression d'huile.

Lu sur : http://www.zr.ru/a/312527
Adaptation VG

Tag(s) : #Histoire, #GAZ, #GAZ-22, #Volga