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Au cours de l’année, après l’arrivée de sa nouvelle Direction, AvtoVAZ a augmenté ses prix sept fois. C’est un record. Désormais les modèles Lada sont vendus en moyenne aux alentours de $9000 / $9500.
Depuis longtemps les vendeurs ont tiré le signal d’alarme : le consommateur russe n’est pas prêt à mettre autant d’argent dans une voiture russe, quand il pourra avoir pour $10000 à $12000 une voiture étrangère mieux finie. Ce prix de $9500 est considéré comme un prix plafond pour une voiture fabriquée par un constructeur russe. Le prix en dessous duquel on peut encore espérer connaître une demande importante. Comme le font remarquer la plupart des vendeurs, la demande sur les Lada a commencé à chuter précipitamment depuis le mois d’août, quand les Lada sont devenues trop chères.
Les points de vente officiels se plaignent et constatent que l’augmentation des prix se ressent fortement sur les volumes de vente. Ainsi, chez « Torgmash » on remarque que les ventes mensuelles ont baissé en moyenne de 20%. Chez « Mega Lada » on constate également cette érosion des ventes. Le vendeur d’une importante concession de la région de Moscou, qui préfère garder l’anonymat, le confirme : « l’an passé, à la même époque, nous avions de bonnes ventes. Nous vendions de 35 à 40 voitures par mois, et ce mois-ci à la date du 18 octobre nous n’avons vendu pour l’instant que 9 voitures ! AvtoVAZ nous interdisant de vendre d’autres marques étrangères, nous somme obligés de rester passifs et d'observer comment les autres se sortent de cette situation ».
Situation qui n’est pas meilleure dans le reste du pays. Comme on nous l’a dit dans le showroom d’un des plus gros représentant d’AvtoVAZ à Saint-Pétersbourg, la compagnie « Piter-Lada » : « Les affaires sont pénibles. Actuellement nous vendons 2 fois moins de voitures : 6 à 7 voitures par jour alors que l’an dernier nous en vendions 10 à 12 ». Selon le vendeur, il y a même des jours où on n'en vend qu’une. Le volume des ventes dépend fortement du statut du point de vente et de sa situation géographique. Par exemple, la compagnie « Lada Favorit » nous a déclaré que les ventes sont normales, que la chute est minime : « de toute manière, ceux qui ont besoin d’une voiture finissent par l’acheter ».
Bien que l’usine impute l’augmentation constante du prix de ses voitures à l’inflation, ainsi qu’à la hausse du prix de l’énergie, du métal, de la main d’œuvre, la plupart des acteurs estiment cette hausse injustifiée. « Au début de l’année l’augmentation des prix sur les Lada dépassait déjà le taux d’inflation prévu pour l’année entière, alors qu’en règle générale c’est sur l’automobile que l'on ressent le moins l’inflation » indique Evgueni Chago, analyste à la banque d’investissements « Trust ». Le vendeur d’un important point de vente de Moscou ajoute que « ce que faisait auparavant l’entreprise était compréhensible, il fallait mettre fin au marché parallèle ».
Ce marché parallèle constitue toujours le problème des dealers officiels. Les voitures passent d’intermédiaires à intermédiaires et sont revendues à un prix toujours plus élevé, et cela va continuer (si ce rôle n’est pas joué par l’usine elle-même, c’est par le biais des acteurs les plus importants). Les prix de ces grossistes sont toujours plus hauts et les points de vente officiels ne peuvent pas suivre et aligner leur prix de vente à leur prix d’achat : ils doivent se tenir au prix recommandé, sinon ils peuvent perdre leur licence. Les petits et moyens points de vente continuent à courir à la ruine : le phénomène a commencé à être perceptible à la fin de l’année dernière lorsque les acheteurs potentiels ont commencé à se tourner sur les voitures étrangères d’entrée de gamme.
L’idée d’arrêter la hausse des prix des Lada est dans l’air. Mais jusqu’ici il n’y avait pas eu d’information concrète. Les revendeurs sont dépités, en particulier des récentes nominations au sein de la Direction d’AvtoVAZ. Les voitures sont devenues difficiles à vendre, et peu de nouveautés font leur apparition. Il n’y a que les plus grands représentants, ceux qui ont la protection de l’usine, qui s’en sortent. Mais il y a beaucoup de mécontents.
Il est clair que si la situation perdure on pourra faire une croix sur le futur d’AvtoVAZ. Selon Evgueni Chago, « une réduction de deux à quatre mille roubles n’aidera pas à vendre toutes les voitures qui se s'amassent dans les stocks (1,5 fois le stock normal), et AvtoVAZ devra continuer la baisse des prix ». Selon cet analyste, si la situation n’évolue pas, les stocks de l’usine pourraient encore augmenter de 20% à 25% et entraîner un arrêt de la chaîne car les vendeurs ne pourront plus accepter de prendre les voitures. Actuellement ce qui « sauve » encore l’usine, ce sont les délais d’attente pour pouvoir prendre livraison d’une voiture étrangère coûtant de 10 à 12 mille dollars. Un des revendeurs prévient : « l’arrêt de l’usine entraînera du chômage et une hausse de la criminalité. Si une décision n’est pas prise au point de vue gouvernemental, AvtoVAZ disparaîtra dans moins d’un an ».
Lu sur : http://www.autonews.ru/autobusiness/news.shtml?2006/10/19/1223557
Adaptation VG