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Cette version de la Niva développée par les spécialistes du département Lada Sport a été davantage mise au point pour la conduite sur asphalte. N’a-t-elle pas pour autant perdu ses aptitudes en dehors des routes ?

J’ai découvert le tout-terrain Lada Niva Sport en plein rallye  de la « Route de la Soie », il y a deux ans : à l’époque, mes collègues de l’équipe de rallye-raid Lada Sport Rosneft m’avaient laissé essayer une Niva de présérie équipée du moteur 1,6 litre à 16 soupapes préparé. La voiture m’avait agréablement surpris par ses bonnes performances et son caractère amusant, mais l’installation de ce « cœur » à haut régime - comparé au classique 1,7 litre - n’avait-elle pas nui aux aptitudes de la Niva en tout-terrain ? Et était-elle agréable à conduire en ville ? Une petite expédition Lada Drive dans les environs pittoresques de Togliatti a permis de répondre à ces deux questions.

Quelles sont ses différences ? Commençons par un peu de technique. Sous le capot de la Niva Sport, on retrouve ce fameux moteur VAZ à 16 soupapes, avec des arbres à cames différents, un autre système d’admission et d’échappement et un autre module de gestion électronique. Bien entendu, le moteur est installé longitudinalement, ce qui a nécessité de modifier également ses points de fixation.

Les caractéristiques sont littéralement fantastiques pour une Niva. La puissance atteint 122 ch et le couple 151 Nm. Seulement, ces valeurs ne sont obtenues que lorsque l’aiguille du compte-tours dépasse le repère « 5 ». Et le moteur doit entraîner des roues assez lourdes chaussées de pneus Kama Flame M/T en 205/70 R16, montés spécialement pour les parcours proposés par Lada Drive.

Lada Drive est un projet destiné à ceux qui souhaitent se défouler en tout-terrain, essayer de franchir des passages difficiles tout en découvrant des coins intéressants et pittoresques de la région de Samara, dans les environs de Togliatti. Le tout au volant d’un véhicule préparé et sous la conduite d’instructeurs expérimentés.

Plusieurs itinéraires sont proposés, ainsi que toute la gamme des tout-terrain produits à Togliatti. Nous connaissons déjà bien la Niva Bronto et la Niva Travel 1.8, c’est pourquoi nous avons choisi la version Sport. À part les roues et le coffre de toit, il n’y a pas d’autres modifications par rapport à la version de série. Dans l’habitacle, on trouve des sièges offrant un meilleur maintien latéral et un volant provenant de la Granta de base - à l’époque où elle n’était pas encore équipée d’un airbag, désormais réglable en inclinaison.

La position de conduite est devenue plus confortable et le levier de vitesses, assez haut, tombe parfaitement dans la paume de la main, au point de pouvoir tout à fait servir d’appui. Les vibrations qu’il transmet sont désormais moins importantes, si bien que le poignet ne vous fera pas souffrir à la fin de la journée.

La Niva Sport possède une suspension arrière différente, à quatre bras, sans barre Panhard. Elle ne se déplace donc pas latéralement lorsqu’elle franchit les nids-de-poule et les raccords de chaussée, tandis que les nouveaux amortisseurs absorbent plutôt bien les irrégularités typiques de la ville, aux arêtes particulièrement vives.

Comment se comporte-t-elle ? En ville, elle s’est révélée étonnamment agréable à conduire. Avec la Granta Sport, nous avions relevé une réponse peu précise à l’accélérateur à bas régime, ce qui compliquait la progression dans les embouteillages. La Niva Sport est nettement mieux réglée sur ce point.

Bien sûr, pour accélérer franchement - le 0 à 100 km/h est donné pour 11,8 secondes - il faut impérativement faire monter le moteur jusqu’à 6,000 tr/min (des sensations très inhabituelles au volant d’une Niva !). Mais pour rester dans le flot de la circulation et même dépasser avec assurance, il est possible de se contenter d’un régime d’environ 3,000 tr/min.

Sur les voies rapides, la Niva Sport se sent évidemment mieux que la Niva classique, mais au-delà de 100 km/h, il faut commencer à lutter contre la résistance à l’air, tandis que la transmission se met à hurler. Sans autoradio, elle devient la principale source de bruit, couvrant même le grondement des pneus tout-terrain. On peut également croire à la vitesse maximale annoncée de 162 km/h : il faut simplement pour cela disposer d’une très longue ligne droite (de préférence en descente), et retirer le coffre de toit.

Et en tout-terrain ? Ce n’est pas pour rien que les itinéraires de Lada Drive sont présentés comme des expéditions « Sur les traces des légendes ». Nous avons emprunté le plus court, long de 150 km, mais il comprend tout de même d’étroits « sentiers » forestiers, des collines escarpées et des gués assez profonds. Par endroits, le passage entre les arbres était si étroit que seule une Niva compacte pouvait réellement s’y faufiler.

Toutes les craintes concernant un éventuel manque de couple à bas régime se sont révélées infondées. À de nombreux endroits, il fallait utiliser la gamme courte - à propos, la boîte de transfert est ici dotée, comme sur la Niva Travel, d’un seul levier - tandis que la plage de régimes plus étendue s’est justement révélée très pratique : il n’est pas nécessaire de changer de rapport à tout bout de champ.

La garde au sol de la Niva Sport a été portée à 220 mm, et ce gain n’est pas superflu lorsqu’on progresse dans des pentes rocailleuses. Certaines étaient si raides que les capacités du moteur suffisaient à peine, si bien qu’il fallait les franchir avec de l’élan. Tout le monde ne se serait probablement pas aventuré dans de tels endroits avec sa propre Niva.

Mais c’est sur les chemins de terre que la Niva Sport donne véritablement toute sa mesure. On a l’impression de se retrouver à nouveau sur les spéciales de la « Route de la Soie » ! La suspension ne talonne pas sur les ondulations, ses capacités d’absorption sont suffisantes pour franchir à vive allure les portions défoncées et, dans les virages, la Niva Sport fait preuve d’une stabilité remarquable. Ah, si seulement on avait ici un copilote avec son road-book et quelques centaines de kilomètres devant nous…

Combien coûte-t-elle ? La Lada Niva Sport de 122 ch est proposée dans une seule finition, qui comprend des sièges sport, des freins arrière à disque (et des freins avant plus puissants), une suspension renforcée avec une garde au sol accrue, la climatisation, des sièges chauffants et des rétroviseurs à commande électrique.

Cette Niva coûte 1,752,000 roubles. Et ce tarif est tout à fait justifié par rapport, par exemple, à la version tout-terrain Bronto, moins chère de 235,000 roubles mais nettement inférieure à la « Sport » en termes de puissance, avec une suspension également moins performante en absorption.

Mais Lada propose encore une autre nouveauté très attendue : la Niva Legend trois portes équipée du nouveau moteur 1,8 litre et d’un châssis modernisé sur le modèle de celui de la « Travel », avec des freins plus puissants et un train roulant amélioré. Cette Niva est proposée à partir de 1,199,000 roubles. Nous allons également bientôt l’essayer - et elle pourrait même se révéler plus intéressante que la « Sport » !

Lu sur : https://auto.mail.ru/article/131426-lada-niva-sport-test-na-bezdorozhe/
Adaptation VG

Tag(s) : #Lada, #Niva, #Niva Sport, #Essai